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 "Entre"

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Aethalia
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MessageSujet: Re: "Entre"   Mer 18 Avr - 15:02

Bah tu vois, Cerisette, des reviews comme celle de T-Bagienne on en lit pas tous les jours... et que puis-je dire de plus si ce n'est qu'elle et aviva ont raison ! Ta fic est extra. C'est vraiment le T-Bag dans son chateau que tu nous montre, dans toute sa splendeur... On s'y croirait, et j'ai rien ajouter, si ce n'est que comme la dernière fois : Je veux la suite!

Cerisette a écrit:
Tu m'as fait très très plaisir Aethalia, merci pour ton commentaire de spécialiste du T-bag Wink ! J'ai vu que tu as toi-même fait une fic! Je lirai ça dès demain, je suis super contente de voir que des nouvelles histoires apparaissent!!

Bah ce n'est que ma modeste contribution au topic de fanfictions que je ne trouve pas trés remplit malheuresement. M'enfin ma fic ne vaux rien comparé à la tienne alors sois gentille en reviewant, hein! Razz

en tout cas, tant mieux si mon message t'as fait plaisir, c'était le but!
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Cerisette
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MessageSujet: Re: "Entre"   Jeu 5 Juil - 18:01

Hello tout le monde!

Alors, avant toute chose, je tiens à présenter mes plus plates excuses à l'ensemble de la population pour mon absence prolongée. Je ne vais pas vous détailler tout ce qui m'a tenue à l'écart du forum et de l'écriture de ma fic pendant deux mois, ce serait long et pas spécialement intéressant (pour résumer, un petit mélange de concours, d'activités de début de vacances, de tâches d'organisation diverses, et ces dernièrs jours d'un poil d'écriture pour mon forum de slasheuses du clan Seigneur des Anneaux Wink ), mais je vous annonce que je reprends du service!

Je m'excuse particulièrement auprès de T-bagienne, qui m'avait fait une review absolument adorable, et à la lecture de laquelle j'ai failli tomber à la renverse tant ses compliments étaient gratifiants! Un énorme merci à toi!! Je m'empresse de répondre à tes commentaires, mieux vaut tard que jamais!

Citation :
je ne m'avance pas en disant qu'adapter à l'écran, il serait probablement à compter dans mes épisodes preferés...
Eh bien, ça c'est flatteur! Je ne peux que me réjouir si mon histoire t'a séduite à ce point. Very Happy

Citation :
Plus on avance dans ton intrigue et plus on se met à visualiser les scènes et les dialogues comme si Teddy et les autres sortaient vraiment ses mots de leur bouche...
Eh bien je suis très contente t'avoir pu retranscrire les personnages à ton goût. De toute façon, une fic sur T-bag sans le T-bag, avec toutes ses mimiques et ses expressions, n'est pas une vraie fic t-bagienne. En tout cas c'est mon avis. :)

Citation :
Paul Scheuring, à du soucis à se faire en ce qui concerne l'ecriture des scènarios car avec toi il a trouvé adversaire à sa mesure...
Rooooooh! Merci! merci! merci! Tu n'imagines pas comme te lire m'a fait plaisir!

Merci beaucoup, T-bagienne!

A Aethalia, à présent:

Citation :
C'est vraiment le T-Bag dans son chateau que tu nous montre, dans toute sa splendeur...
Aaah, moi aussi je suis fascinée par ce côté "chef de clan se pavanant dans son terrain de jeu"... Contente qu'on soit sensibles à la même chose! ^^

Et merci aussi à Aviva.

Ecore désolée à celles qui me suivaient, j'espère qu'elles sont toujours là. Je me remets à l'écriture dès maintenant, aussitôt après que j'aurai posté ce petit mot, donc ne perdez pas espoir! Laughing
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MessageSujet: Re: "Entre"   Jeu 5 Juil - 18:51

ah super le retour de cerisette , je m'été presque fait à l'idée que cette fic n'aurait jamais de fin ...
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Mrs Bagwell-Knepper
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MessageSujet: Re: "Entre"   Jeu 5 Juil - 18:58

ben dis donc !!!!!!!! j'croyais que t'étais morte !!! ou pire encore, que tu n'aimais plus teddy !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! lol
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MessageSujet: Re: "Entre"   Jeu 5 Juil - 19:00

mais non personne ne cesse d'aimer teddy c'est biologiquement impossible la T-baguiennidose est incurable .
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Cerisette
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MessageSujet: Re: "Entre"   Mar 10 Juil - 12:15

T-bag passa une bonne journée, fort des petites manigances dont il était à l’origine. Porté par l’enthousiasme, il s’était amusé à traîner en bordure de la zone noire, entouré de sa meute. Il avait palabré avec ses compagnons – hélas peu doué dans l’art de la conversation, si l’on exceptait la petite poignée qui avait connu une existence réellement intéressante. Il avait pris plaisir à priver les hérissons d’une après-midi de tranquillité en leur lançant régulièrement des coups d’œil, jonglant avec une petite balle de base-ball de la manière la plus agaçante qui soit. S’il lui avait pris l’envie de lancer cette balle au beau milieu des appareils de muscu sur lesquels s’ébattaient des mastodontes à la peau sombre, il était sûr de se la voir rapporter sur demande par n’importe lequel de ses soldats. Une idéologie et un bon chef étaient capables de fédérer les hommes comme rien au monde, et on pouvait alors en faire à peu près n’importe quoi. Il était presque déçu que les blacks se contentent en représailles de regards mauvais : une petite baston l’aurait diverti tout à propos, et T-bag aimait déployer ses forces de temps en temps – pour ne pas se rouiller.

Maël, lui, se sentait en sécurité au milieu d’eux. Il n’était pas un garçon peureux, loin de là ! T-bag lui-même l’appelait parfois « l’intrépide Maël » avec un sourire en coin complaisant ou sarcastique. Mais le jeune homme savait que s’il venait à perdre la protection du clan, il n’aurait matériellement pas la force de résister à tous les nègres qui voulaient sa peau. S’il avait affiché sans équivoque son casier en arrivant à Fox River, ce n’était pas par calcul, mais tout simplement parce que Maël n’était pas quelqu’un qui avait l’habitude de se cacher. Il avait été élevé dans un milieu qui lui avait appris à être fier de ce qu’il était, en dépit d’une pensée unique politiquement correcte et décadente. C’était dans la transparence que résidait la noblesse, pensait alors Maël. Jusqu’à son incarcération, la brutalité dont il était capable lorsqu’on s’en prenait à lui avait réussi à le dispenser de conséquences sérieuses. Là encore, le cran faisait beaucoup. Il savait d’expérience que la vulgaire racaille qu’on trouvait à l’extérieur de ces murs dépassait rarement le stade de l’intimidation, lorsqu’elle n’était pas trop nombreuse. La donne avait hélas changé dans l’enceinte du pénitencier, et sans T-bag, il l’aurait très vite compris à ses dépens.

Dès son troisième jour de détention, les choses avaient failli très mal tourner. Il était assis au soleil dans la cour, à même l’herbe, et lisait tranquillement les « Soliloques » d’Augustin, quand une voix l’avait interpellé :
- Hé, l’avorton !
Il avait levé les yeux, pour voir arriver dans sa direction un black coiffé d’un long bandana blanc… suivi d’une dizaine de détenus de sa race. Celui-ci avait éloigné son livre d’un coup de pied ; Maël était déjà debout. Il s’était jeté directement sur l’homme, qui ne s’attendait pas à une si prompte réaction. Il avait arraché le bandana pour tenter de l’étrangler avec, mais les autres n’avaient pas mis longtemps à le maîtriser. Maël était féroce, mais il n’avait pas beaucoup de force – moins que la moyenne des garçons de son âge. En deux temps trois mouvements, deux d’entre eux le tenaient en respect, et le meneur reprenait son souffle en l’insultant déjà.
- Sale petite ordure blanche ! T’es une garce encore plus mauvaise que ce que je croyais.
Une mandale furieuse, et Samuel poussait son premier cri de douleur depuis longtemps.
- Alors, tu t’amuses ? J’imagine que tu sais comment ça se passe, la tabasse. T’as dû le faire souvent avec tes petits amis en capuchons.
Un coup dans le tibia. A nouveau, le jeune homme s’était cambré, puis débattu comme un beau diable, sans succès, et avait fini par cracher une glaire ensanglantée au visage de son agresseur. On lui avait agrippé les cheveux pour lui maintenir la tête renversée. D’autres insultes avaient fusé, ainsi que quelques menaces de mort. Mais avant que d’autres coups ne le molestent un peu plus, il avait entendu l’un des assaillants avertir :
- Trumpet, y a les mecs de T-bag !
L’instant d’après, il se trouvait au milieu du chaos d’une bagarre. Ceux qui le tenaient avaient été brusquement pris à partie ; il était tombé à terre, étourdi, une jambe endolorie. Relevant la tête, il s’était trouvé désorienté, entouré de peaux brunes et de peaux roses qui luttaient sauvagement. Amoché mais sauf, il eut le sentiment d’un véritable sauvetage, et remercia Dieu de reconnaître les siens une fois de plus. Il devait bien s’avouer qu’il n’avait jamais eu aussi peur pour lui-même. Un mugissement s’était soudain élevé, suivi du bruit d’un coup contre le grillage :
- Séparez-vous, bande de fous furieux ! Séparez-vous immédiatement ou on ouvre le feu !
Un sifflement discret avait retenti après la sommation, et la mêlée avait fini par se disloquer. Les blacks, après quelques hésitations, s’étaient éloignés de mauvaise grâce, le fameux « Trumpet » le menaçant d’un doigt qui promettait « J’en ai pas fini avec toi. ».

Samuel, toujours à terre, avait scruté les visages autour de lui, pour savoir ce qui lui avait valu cette intervention. Mais il n’avait rencontré que des regards indifférents, curieux ou, au mieux, réconfortants. C’est le son de quelques pas sur l’herbe, non loin de lui, qui avait attiré son attention. Un homme, tout en lignes tendues et flexibles, s’approchait de lui. Son allure était assurée, mais assurée jusqu’à une impressionnante nonchalance que manifestaient des hanches balancées, lascives et crânes à la fois. Et au bout de l’une de ces hanches brinqueballait une main, suspendue à la doublure d’une poche retournée ; un jeune homme se tenait derrière lui, lié à lui comme un petit page. Maël avait contemplé cet équipage s’avancer jusqu’à lui, jusqu’à ce qu’une botte s’immobilise à quelques centimètres de ses doigts.
- Ca va aller, mon garçon ?
Il ne l’avait pas quitté des yeux. La tête renversée, Samuel avait pu boire la tendresse paternelle qui émanait de son sourire serein, de ses yeux bienveillants, bordés de quelques ridules, qui semblaient lui sonder l’âme. Il s’était senti pétrifié par l’énergie qui sourdrait de cet être salvateur, et avait reconnu en lui un véritable émissaire de la volonté divine. La bouche entrouverte, les yeux agrandis, Maël l’avait bu quelques instants durant, et s’était laissé investir par son intérêt immérité. Bientôt incrédule et anxieux, ses sourcils s’étaient plissés, et le souffle lui avait manqué, comme il était partagé entre l’élan oppressant qui voulait le jeter à ses pieds, et le désir fou de rester ainsi prostré, ouvert, sous son regard.
- Allez, relève-toi, avait-il ordonné gentiment.
L’homme l’avait aidé à se remettre debout en l’empoignant avec fermeté. Il avait ramassé son livre, renversé à terre, et en avait lu un extrait à la page encore ouverte :
- « Sous quelques traits que tu me la représentes, fût-elle comblée de tous les dons, il n’est rien que je sois aussi résolu d’éviter que le commerce d’une femme. Car il n’est rien, je le sens, qui abatte davantage l’essor de l’esprit que les caresses d’une femme et cette union des corps qui est de l’essence du mariage. »
Il avait alors éclaté de rire.
- Ca, il a pas tort ! Mais tu sais, mon bonhomme, Saint-Augustin ne savait tout simplement pas y faire avec les femmes. Ca l’a privé de quelque chose.
Il avait refermé l’ouvrage et le lui avait rendu.
- Les hérissons ne t’ont pas loupé. Tu devrais essuyer ce petit nez… Samuel, c’est bien ça ?
- Comment tu connais mon nom ? avait demandé Maël.
- Peu importe. Il ne te va pas assez bien. « Celui qui écoute Dieu » c’est bien trop passif pour un petit gars aussi teigneux. Ca fait pas trois jours que te voilà ici et j’ai déjà eu vent de tes exploits ! C’est Samaël qu’on aurait dû t’appeler, avait-il déclaré.
Le garçon avait fait la grimace. A une lettre près, le nom du prophète devenait le nom angélique du diable. Sur le moment, il se voyait mal porter un tel sobriquet ! T-bag, lui, avait sourit d’un air amusé.
- Eh bien quoi, petit ? Moi je trouve que « Le venin de Dieu » correspond beaucoup mieux à un jeune homme qui mord et crache sur son prochain avec autant d'ardeur !
Il l’avait pris par les épaules et s’était remis en marche ; son page l’avait suivi, puis toute sa harde, et Samuel s’était retrouvé soudain au sein d’une nouvelle famille.
- Tu m’appelleras T-bag, avait-il dit. Et tu peux me considérer un peu comme ton ange gardien, désormais.
Maël avait levé timidement la tête vers lui, le nez toujours en sang. Le poids du poignet qui reposait sur sa frêle épaule lui avait insufflé une bouffée d’aise et de reconnaissance. Il n’avait pu s’empêcher de demander :
- « Sachet de thé », c’est le nom qui te correspond ?
T-bag avait lâché un léger rire, et levé la main pour lui ébouriffer affectueusement les cheveux.
- T’es mignon… Tu comprendras ça tôt ou tard, bonhomme.

Maël n’avait jamais su le pourquoi du comment jusqu’à présent. T-bag lui avait finalement refusé pas mal de choses, mais ce qu’il lui offrait malgré tout n’avait pas de prix. Lorsque la promenade du jour prit fin, comme son chef se dirigeait vers le bâtiment A d’un pas étonnamment allant, jouant toujours avec la petite balle, Maël lui fit remarquer :
- Tu m’as l’air bien heureux… Ca cache quelque chose ?
Bagwell se retourna, un petit sourire aux lèvres ; il le saisit un instant par la taille et lui glissa à l’oreille :
- Disons seulement que la nuit pourrait s’avérer divertissante. Mais tu gardes ça pour toi.
Maël sourit, excité et flatté par cette confidence ; puis il regagna sa cellule.


Après le repas du soir, lorsque les grilles des cellules se refermèrent pour la dernière fois de la journée, David se blottit contre le mur, sur la couchette du bas. Il avait à peine touché à son dîner, et le nœud dans son estomac se resserrait au fur et à mesure que la soirée avançait. Avocado était remonté sur son propre lit. Il l’avait entendu ôter ses chaussures, sa chemise et son pantalon. Pendant cinq minutes, il ne se passa rien de plus. Tweener crut un instant que son codétenu le laisserait tranquille pour cette nuit, et il ne sut pas si cette hypothèse le soulageait où augmentait son sentiment de frustration et d’angoisse. Il restait figé, refusant de se déshabiller pour la nuit. Il avait le sentiment que le moindre geste de sa part à cet instant aurait conduit à une catastrophe.

En fin de compte, le matelas du haut se mit à remuer de lui-même. Tweener se raidit. Il regarda Avocado atterrir lourdement au sol, sa corpulence lui faisant presque perdre l’équilibre. Le gros bonhomme s’appuya d’une main sur le lit et se pencha vers lui. En voyant l’air apeuré de David, et la sueur froide qui couvrait son front, il lui suggéra gentiment :
- Tu devrais te détendre et ça passerait tout seul, tu sais.
Tweener déglutit, tremblant. Il trouva tout de même la contenance nécessaire pour demander :
- On peut monter sur ta couchette ?
Satisfait de cette nouvelle docilité, Avocado se redressa :
- Bien sûr. Je vais nous faire un petit nid douillet.
Et il se mit à arranger l’oreiller et les couvertures du lit supérieur, afin de rendre cette couche austère la plus confortable possible. Avocado était sans pitié, mais Avocado n’était en aucun cas fondamentalement sadique. Ce n’était pas de gaieté de cœur qu’il avait frappé David la veille. Il réclamait simplement que ses besoins soient assouvis, et usait pour cela des moyens nécessaires. Aucun respect humain, aucun égard pour les jolis garçons qu’il tourmentait dans la cour et faisait entrer dans sa cellule à coups de billets verts bien placés, mais pas d’intention intrinsèquement cruelle. C’était cet aspect « inoffensif » qui avait dissuadé Tweener de s’en débarrasser au profit de T-bag. Mais ce serait tout de même grâce à ce dernier qu’il mettrait fin à ses méfaits, songea-t-il en s’emparant doucement de la lame de rasoir. Il saisit fermement le sexe à peine réveillé et, alors qu’Avocado lâchait sa couverture et souriait de plaisir, il le trancha net.

Un hurlement abominable résonna dans l’Aile A. Tous les détenus sursautèrent… excepté celui de la cellule 16, qui sourit largement derrière sa brosse à dents et pensa « Il a fait vite ! ». Il se rinça en hâte la bouche, et s’approcha de sa grille. Son regard croisa celui de Maël, dans la cellule d’en face, qui semblait demander confirmation. T-bag lui adressa un clin d’œil et, alors que deux matons se précipitaient dans l’escalier, il lança d’une voix tonitruante :
- Félicitations ma puce, tu l’as eu ! Ca c’est un mec !
On fit bientôt chercher un brancard, tandis que l’agitation gagnait l’ensemble des prisonniers. Que s’était-il passé ? Y avait-il un mort ? Ils se pressaient contre les portes pour profiter du spectacle. T-bag vit avec satisfaction son rival redescendre sur une civière, bramant de douleur, l’entrejambe ensanglantée. C’était déjà bien assez qu’il doive se résoudre à passer derrière lui, l’affront ne se reproduirait jamais plus.

Lorsque les hurlements eurent quitté la vaste salle, Theodore leva les yeux, songeant au petit Tweener qui était resté seul dans la cellule 88, probablement traumatisé mais sans doute également fier de lui-même. Le brave garçon avait manœuvré exactement comme il l’attendait. Restait à espérer qu’Avocado agirait de même, mais il ne se faisait pas trop de souci de ce côté-là.
- Tu te sens mieux, Tweener ?

L’intéressé ne répondit pas. Il était resté replié dans son coin quand les matons étaient venu chercher son codétenu. Ils avaient laissé à l’un des médecins la tâche de ramasser le membre mutilé qui gisait sur le sol. Pendant tout ce temps, David était resté immobile, en nage. A présent, comme la voix miellée de T-bag l’interpellait, il réalisait qu’effectivement, il se sentait définitivement mieux. Pour la première fois depuis son arrivée au pénitencier, il se sentait être autre chose qu’un moins que rien, que la serpillière commune qui ne bronche pas quand on l’utilise. Aussi pénible que soit cette constatation, il commençait à se sentir devenir un homme à part entière grâce au coup de main du leader de l’Alliance. Mais il ne répondit pas. Il ne pactiserait pas davantage avec le diable de la prison.

T-bag ne s’attendait pas à une réponse de sa part. Il voulait seulement l’aider à réaliser les changements qu’il avait déjà permis en lui.
- Je t’attends, Tweener ! Pour l’heure tu as bien mérité une bonne nuit de sommeil. Je t’attends !
Souriant, il décida que le petit exploit du gamin lui valait bien une berceuse. Il ferma les yeux, et se mit à chanter pour lui, comme il l’avait déjà fait auparavant.
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Baka_zaza
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MessageSujet: Re: "Entre"   Ven 13 Juil - 16:01

whoa... j'ai rattrapé mon retard et... Je suis sincèrement impressionée... Je devore chacun de tes chapitres, et attend la suite avec une immense impatience...
Ton style est génial, et tu decris si bien lafaçon d'agir, de parler ou de penser de T-bag et de tous les autres qu'on dirait que tu les as crées... J'ail'impression de les avoir en face de moiquand je lis tes chapitres...
Génialissime, un immense bavo...
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Cerisette
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MessageSujet: Re: "Entre"   Mer 25 Juil - 10:57

Immense merci Baka_zaza! Contente que tu suives toujours cette fic. ^^ Je vais m'atteler à la suite aujourd'hui donc elle ne devrait pas trop tarder.

Je t'envoie un petit MP, tu voudras bien y jeter un oeil?

Merci d'avance!
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MessageSujet: Re: "Entre"   Jeu 9 Aoû - 20:09

Une suite pour celles qui suivent toujours...



Durant toute la journée du lendemain, David avait attendu la convocation dans le bureau du directeur. Il l’avait attendue plutôt sereinement. L’isolement lui aurait fait le plus grand bien dans la situation où il se trouvait : Michael Scofield lui lâcherait les basques, Bellick ne pourrait plus le soumettre à du chantage pour faire de lui une balance, et les vocalises lascives de T-bag ne l’atteindraient pas dans le quartier protégé. Sa seule crainte concernait la possibilité d’un allongement de sa peine. Mais il avait eu la surprise de constater qu’aucun maton ne l’avait hélé pour l’envoyer dans le bâtiment de la direction.
Au repas du soir, il s’assit à la table de son ancien codétenu, Charles Westmorland, et lui fit part de son étonnement. Le vieux briscard avait trente ans de taule derrière lui, il devait savoir comment fonctionnaient les choses ici ; de plus, il était sans doute le seul individu de cette prison à qui Tweener fît un tant soit peu confiance. Le vieil homme le considéra d’un air attristé, mais qui restait volontairement distant.
- Avocado ne leur a rien dit.
- Hein ? Qu’est-ce’tu m’chantes ?
- Il a refusé d’admettre que tu étais le responsable. Il a dû leur servir un bobard plus gros que lui en leur faisant croire à un accident.
- Quoi ? Je lui ai tranché la bite au rasoir, mec !
- Je sais. Personne n’est dupe dans cette histoire. Mais ils ne peuvent rien faire si la victime ne veut pas se résoudre à accuser quelqu’un.
- Mais… Mais enfin pourquoi y m’dénonce pas ? s’exclama Apolskis, le visage crispé par l’incompréhension et un mauvais pressentiment.
L’ancien baissa les yeux sur son assiette de soupe, en continuant d’y plonger sa cuillère.
- Il ne veut pas qu’ils t’envoient en isolement pour pouvoir te faire payer lui-même quand il reviendra de l’infirmerie.
Tweener le regarda, tout interdit. Tout à coup, la logique du puzzle s’établissait dans son esprit… alors même qu’il était trop tard pour échapper à la reconstitution des pièces. Pris de panique, ses yeux fouillèrent le réfectoire. Il n’eut pas à chercher bien loin pour trouver T-bag, quelques tables plus loin, qui semblait ne pas l’avoir quitté des yeux depuis un moment, et lui adressait un sourire narquois en léchant le dos de sa cuillère.
Ecœuré, et si en colère contre lui-même qu’il en aurait pleuré de rage, Tweener se leva brusquement et fila droit dans la direction de Bagwell. Celui-ci paraissait l’attendre. Sans réfléchir, David lui balança un coup de poing en pleine figure, pour y effacer le sourire entendu et jubilatoire. Le caïd, surpris, fut déséquilibré ; mais il se redressa aussitôt. D’une main, il agrippa brutalement le tee-shirt de Maël qui se levait déjà, et lui intima un « ASSIS ! » cinglant et sans réplique. De l’autre, il bloqua une nouvelle droite que le petit Tweener déchaîné lui destinait. Il repoussa finalement sa chaise et fit le tour du coin de table pour accéder au corps à corps. Comme il allait s’amuser !
- Du calme mon garçon, ce n’est pas parce que tu viens de châtrer ton codétenu qu’il faut te prendre pour un gros dur… lui disait-il en saisissant ses poignets pour le maîtriser tranquillement.
- VA TE FAIRE FOUTRE, ESPECE DE TARE!
- Shhhh shh shh...
T-bag le tenait à présent en respect avec une bonne clé de bras. Malgré ses ruades, il refusait de le frapper, mais soulevait doucement son bras derrière son dos pour le contraindre à se calmer. Il l’étala violemment sur la table, faisant voltiger les plateaux qui se trouvaient là ; ses gars s’amusaient beaucoup du spectacle, eux aussi. Le petit jeune, maintenu à plat ventre, frétillait vainement tandis que T-bag le forçait un peu plus en bloquant ses reins contre le bord de table.
- Lààà, tout doux, tout doux…
Tweener, à bout de souffle, fut tenté un instant de s’écraser. Mais lorsqu’il distingua une saillie dure au milieu de la pression qu’exerçait Bagwell pour le coincer, il baissa d’un ton pour déclarer résolument :
- Lâche-moi, T-bag, t’auras pas c’que tu veux.
- Oh à la vérité je crois que si, mon bonhomme… Parce que si je n’ai pas ce que je veux, il faudra te faire à l’idée de rendre l’âme dans les temps qui viennent, et laisse-moi te dire que ce sera douloureux, TRES douloureux. Tu sais un type que tu as émasculé a peu de chance de te revenir dans de bonnes dispositions ! Imagine un peu ce qu’il va te faire subir quand il sera de retour à la maison, et que tu te retrouveras tout seul face à lui, sans personne pour y trouver à redire…
Comme le jeune détenu gardait un silence buté, le pédophile se pencha sur lui, un petit sourire amusé aux lèvres, pour lui glisser à l’oreille.
- Alors, Tweener : les bourses ou la vie ?

A cet instant, Patterson les interpella, de sa voix enrouée de black ayant fumé trop de cigarettes :
- HEY, BAGWELL ! JE PEUX T’AIDER ?
T-bag se redressa, levant les mains en signe de calme, et laissa Tweener filer ; il continuait de sourire en le suivant des yeux.


Avant même de se mettre à réfléchir, David savait ce qu’il ressortirait des longues considérations angoissées qu’il remuerait dans sa tête durant une bonne partie de la nuit. Il était coincé. Fait comme un rat. Lorsqu’Avocado pénétrerait à nouveau dans cette cellule, ce serait pour lui faire la peau… lentement, et sûrement. Ce type était déjà dépourvu de sentiments humains à froid, alors la queue coupée, il n’osait même pas imaginer le résultat. … Or, lui, Tweener, était incapable de tuer. Il n’avait jamais demandé d’en arriver là, et il se savait incapable d’enfoncer franchement une lame dans les organes vitaux d’un autre homme. Il pouvait très bien se l’imaginer des centaines de fois, il se connaissait assez pour savoir qu’au moment crucial, le coup de sang lui manquerait. La question n’était pas de savoir s’il préférait mourir plutôt que de tuer ! Le problème résidait dans le geste, dans le tour de main féroce qui élançait le bras pour ficher l’objet tranchant dans la chair compacte, en sachant ce qu’il impliquait. Une chose était donc acquise : il devait choisir entre mourir, et vivre de la poche de T-bag. Si seulement il avait pu savoir à ce moment précis quelle était la pire des solutions ! Il l’ignorait, honnêtement. Le dernier mignon du leader blanc avait fini par se pendre lui-même au bout de quelques jours… Il fallait en faire subir à un homme pour qu’il s’étrangle tout seul ! Tweener, dont l’instinct de conservation était si naturellement ancré, frémissait à l’idée des traitements auxquels ce pauvre gars avait préféré la mort. Mais on lui avait également raconté qu’avant lui, Bagwell avait baladé au bout de sa poche un autre favori pendant plus d’un an… jusqu’à ce qu’une mort accidentelle les sépare ! Comment David était-il censé se représenter la situation avec des données aussi contradictoires ? « Tu finiras de purger ta peine entier » avait-il dit. Les promesses d’un tel individu avaient-elles seulement la moindre valeur ? … Peut-être, après tout, si l’on considérait qu’il ne s’était avancé sur aucune autre clause de ce « marché ». Tweener se crispa, et retint un sanglot d’angoisse.


Le lendemain matin, Aploskis suivit la routine sans broncher, se rendant au réfectoire avec les autres détenus pour le petit-déjeuner. Une fois assis à table, il se bourra avec tout ce qu’il pouvait trouver sur son plateau, surveillant du coin de l’œil T-bag qui, étonnamment, semblait décidé à l’ignorer superbement ce matin-là. Finalement, ce n’est qu’en le voyant se lever avec son groupe de table que Tweener se résolut à sauter le pas. Il avala d’un trait le café fort qu’il restait dans sa tasse, et se dirigea vivement vers les guichets de récupération des plateaux. Dès qu’il eut les mains libres, il pressa le pas pour rattraper Bagwell – qui marchait en tête de la clique, évidemment – et, sans un mot, il s’empara de la poche qui bavait comme toujours le long de sa cuisse gauche.

En sentant le soudain poids au bout de la doublure de son pantalon, T-bag se retourna, l’air offensé.
- Qu’est-ce que tu crois faire là, gamin ?
Sur ce, il donna une tape exaspérée sur la main qui s’accrochait à lui. Le petit jeune, interloqué, balbutia :
- Ben ! Tu m’avais bien dit d’prend’ ta poche si j’voulais qu’tu m’aides à m’en sortir, non ?
Theodore leva des yeux impuissants et secoua la tête comme un père déplorant la niaiserie de la jeunesse actuelle.
- On ne prend pas ma poche comme ça, mon garçon, un peu de respect ! Si tu crois que c’est quelque chose que je permets au premier venu, tu te trompes.
T-bag se remit en marche. Il jouait serré, mais il fallait établir de bonnes bases dès le début… un peu comme il ne faut sous aucun prétexte laisser un chiot dormir dans son lit, sous peine qu’il ne comprenne jamais pleinement qui est le maître.
- T-bag, est-ce que j’peux t’nir ta poche, s’il te plaît ?
La misérable petite voix derrière lui figea Theodore, et lui arracha un sourire d’attendrissement et de satisfaction mélangés. Il avait donc réussi.
- C’est mieux comme ça, déclara-t-il sur un ton plus doux.
Il se retourna.
- Les gars, je vous retrouve plus tard dans la cour.
Les autres s’éloignèrent, deux d’entre eux en lui donnant une petite claque connivente dans le dos.
- Approche, petit.
Tweener le jaugea une seconde, jouant de la mâchoire d’un air dubitatif, puis avança et saisit précautionneusement le bout d’étoffe. T-bag se retint de sourire de plus belle ; il se contenta de velouter davantage sa voix, tel le loup grattant à la porte des chevreaux :
- On est d’accord.


Il n’était pas assujetti à la poche depuis plus de deux minutes que déjà David tremblait. L’épreuve de la douche aux côtés de T-bag était une perspective qui le glaçait d’effroi. Les douches… l’endroit où les corps nus étaient réduits à une promiscuité atroce, l’endroit où les beaux petits culs comme le sien rendaient fous les vieux mâles en manque, l’endroit où tout le monde pouvait regarder, exceptés les gardiens. Il suivit pourtant. Il ne lâcha la poche que pour se déshabiller. Il laissa Bagwell le lorgner d’un œil appréciateur tandis qu’il se lavait… En définitive, la douche, longue, interminable, le salit bien plus qu’elle ne le nettoya. Mais T-bag ne fit pas un geste pour le toucher. Il ne leva pas même la voix. Il réalisait. Ce n’est pratiquement qu’au moment de se rhabiller, lorsqu’il retourna la poche et la tendit à son nouveau protégé, qu’il commença à savourer sa bonne fortune. Il avait son Tweener.

Jubilant, il sortit dans la cour ensoleillée, fier de pouvoir montrer à qui voulait le voir le joli morceau de chair fraîche nouvellement à sa botte. Tweener, lui, fixait le sol qui défilait entre les pieds de T-bag et les siens. Bientôt, Bagwell se mit à fredonner :
- I can see cleeearly now the raaain is gone… I can see aaall obstacles in my way…
Apolskis se demanda dans quelle mesure T-bag chantait sous l’effet de la liesse que lui procurait l’acquisition de sa personne, et dans quelle mesure il chantait cet air exagérément guilleret pour le provoquer. Quand il en vint au refrain, il jeta son bras autour du cou de Tweener et lui ébouriffa affectueusement la tignasse :
- It’s gonna be a bright… briiiiight sunshinny day !
David fit son possible pour ne pas se dégager brusquement, mais son air mortifié était si ostensible que Theodore voulut le réconforter un peu :
- Ne fais pas cette tête, petit garçon, tu peux regarder toutes ces ordures en face fièrement, maintenant ! Avant tu merdoyais avec n’importe qui au risque de te faire taper dessus par tout le monde, et à présent tu baisses les yeux alors que tu pourrais leur faire impunément des doigts d’honneur à tours de bras ! Mais qu’est-ce qui se passe donc dans cette petite tête de linotte ?
- J’pense qu’y vaut mieux pas trop qu’je tire sur la corde…
- Oh, mon garçon si tu savais à quel point ça amusait l’un de tes prédécesseur de tirer sur la corde ! Enfin, rien d’étonnant, c’est une question de temps.

T-bag se souvenait avec une nostalgie douce-amère de la manière dont Maytag profitait de sa position pour se permettre de bousculer des gars deux fois plus gros que lui. Le plus drôle était de le faire avec les nouveaux, les gros poissons, ceux qui n’avaient pas encore repéré qui il était exactement. Maytag lui était si dévoué que T-bag lui laissait volontiers un petit périmètre autour de lui où il pouvait s’ébattre de temps en temps ; mais il était toujours attentif aux détenus qui l’approchaient. Il savait exactement quand il lui fallait intervenir. Un simple « Un problème avec mon petit bonhomme ? » était la plupart du temps suffisant. Maytag allait se cacher sagement derrière lui, et défiait l’importun par-dessus son épaule, avec ses grands yeux bleus qui prenaient un éclat un peu pervers dans ces moments. Un coup de surin bien placé si l’intéressé se montrait trop insistant, ou s’il avait simplement eu l’audace de toucher à un cheveux de son favori avant qu’il ne s’en mêle. Le petit rosse aimait voir du sang couler pour lui…

Theodore reprit sa chanson, avec plus de langueur que d’entrain cette fois, et ils rejoignirent finalement son clan sur ses gradins.
- Tu chantes de la musique de hérisson, maintenant ? le taquina Georgie.
- Hé oui ! Qu’est-ce que tu veux… Je viens de me trouver un petit trésor, ça doit me donner des élans primaires.
Ce disant, T-bag gravit les marches des gradins, Tweener à sa suite, et s’installa à sa place. Ses hommes se retournèrent pour reluquer au passage le nouveau jouet du chef, et plusieurs compliments enjoués se firent entendre.
- Eh ben, mon cochon, tu t’emmerdes pas ! lança l’un de ses plus proches lieutenant, qui pouvait se le permettre.
- Et dire que j’ai failli lui arranger le portrait quand il est arrivé ! Ca t’aurait pas plu, hein ? ricana Drake. Heureusement que t’es arrivé à temps…
- Félicitations, boss, la traque aura été longue ! ajouta Ricardo, le seul métisse latino qui faisait partie de la bande.
Bien assis et satisfait, T-bag répondit :
- Oh, tu sais comment sont les garçons de nos jours. Il faut leur faire une cour assidue avant qu’ils se décident hein ?
Il attira à nouveau à lui la tête de David pour enfouir rudement les doigts dans ses cheveux fournis.
- Les gars, voici le jeune Tweener, et même si pour l’instant c’est le petit wigger de service à vos yeux, il faudra le considérer comme l’un des vôtres. Vous devrez vous montrer d’autant plus gentils avec lui que nous avons beaucoup à lui apprendre. Je me charge de la partie la plus… cruciale, si j’ose dire…
Les rires amusés s’élevèrent.
- … mais il faudra y mettre du vôtre. Si par malheur il s’avérait que j’aille faire une visite au trou ou à l’hosto, il sera sous votre responsabilité. Rien de bien neuf à signaler, en définitive.

Alors que le briefing était clos, T-bag jeta un œil sur Maël, qui avait gardé la tête plongée dans son bouquin et la main dans son paquet de chips pendant la totalité de son petit discours. Ses manifestations ostensibles d’insubordination lui déplaisaient et lui plaisaient tout en même temps. Il devait définitivement apprendre à se faire obéir de ce petit au doigt et à l’œil, question de crédibilité. Mais chaque manquement à son autorité ne lui était inspiré que par une adoration sans borne, bien plus éperdue que le respect plus craintif qu’admiratif de la plupart de ses hommes. Et T-bag aimait ça. Il ne le lui aurait pas confié sous la torture, mais le dépit qu’il causait à Maël lui était des plus agréables.
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MessageSujet: Re: "Entre"   Mar 28 Aoû - 1:27

Oh god Cerisette... C'est toujours aussi géniaaaaaaal! mais qu'est ce que tu attends pour poster la suiiiiiiiiiiiite! é_è
*s'auto proclame fan number 1*
bravo pour ce chapitre sublimissime
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Cerisette
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MessageSujet: Re: "Entre"   Jeu 6 Sep - 1:31

Merci Baka_Zaza! Je tiens vraiment à te dire que ça fait du bien d'avoir ta petite review. Je ne m'y attendais pas lorsque je l'ai vue, et vraiment, ça motive crois-moi! Alors ravie d'avoir une fanette number one! smily6


Voici la suite. Alors, par contre, je vous préviens tout de suite, celle-ci a une teneur de 90% en matière grasse. C'est en fait un flash-back qui relate des évènements ma foi pas très corrects, et qui pourraient choquer les plus honnêtes d'entre nous, même si je sais que la pruderie ne va pas chercher bien loin chez les T-bagiennes...
rob confu 2

Enfin bref, après tout ce temps à parler des aventures de T-bag à Fox river, fallait bien qu'arrive un moment où je me lâche un peu (et lui aussi, le pauvre!). Alors voilà, enjoy girls! rob content 5
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MessageSujet: Re: "Entre"   Jeu 6 Sep - 1:34

Dès le début, il l’avait regardé avec des yeux empreints de vénération inexpliquée. Samuel s’était d’abord montré humble et effacé à-côté de lui, comme s’il avait tout à recevoir de lui. Le seul sujet à propos duquel il n’accueillait pas ses dires comme parole d’Evangile était la religion. T-bag ne s’était pas donné la peine d’insister, mais lorsqu’il avait évoqué la nature privative du culte protestant, l’angelot avait baissé la tête avec un sourire entendu, et répliqué que seule la privation rendait plus fort. Theodore n’était pas de cet avis. Quelques minutes passées avec les pieds de Maytag derrière les oreilles le débarrassaient de toute nervosité inutile, et une demi-heure plus tard il était plus réactif et vigoureux que jamais. Il s’était bien gardé de l’expliquer à Maël, mais n’avait pas manqué de le lui prouver. Au bout de trois jours, il n’y tenait déjà plus. Entendre ce garçon de dix-neuf ans coupable de double-meurtre lui parler de pureté charnelle en le scrutant avec des yeux verts si entiers et si volontaires… c’était comme lui mettre sous le nez un gigot d’agneau saignant et fumant. Ce jour-là, au sortir des douches, il ne s’était pas dirigé vers la cour, mais vers le réduit où il faisait passer en douce les petits nouveaux à la casserole, précisément celui où il avait failli se taper cette damnée Gueule-d’Ange. Il l’appelait son « baisoir », et même Bellick était au courant de ce petit nom. Sa fonction officielle était le stockage des paquets de feuilles de papier, et des cartons de fournitures en tous genres : encre, ou encore chemises cartonnées pour les dossiers…
- Maël, mon garçon, viens par là ! avait-il ordonné sur un ton léger en s’arrêtant devant la porte.
Samuel s’était retourné :
- Qu’est-ce qu’il y a ?
- Ton baptême, petit, c’est important qu’on prenne deux minutes pour procéder au rituel traditionnel.
Sur ce, T-bag l’avait fait entrer dans la pièce, et avait refermé la porte derrière Maytag, toujours accroché à lui. Une tape sur la main pour le détacher de là, et Bagwell déclarait :
- Bien. Samuel, à présent que te voilà ici, il va falloir te détacher du monde extérieur. Les règles du jeu ici sont différentes, comme j’ai commencé à te l’expliquer. Si on ne fait pas ça maintenant, tu resteras inadapté au jeu et ça risque d’être trop pénible pour toi.
Il s’était approché de l’angelot inconscient, dont le visage n’exprimait que la curiosité.
- Tu vas être sage, maintenant, d’accord ? lui avait-il susurré calmement en déboutonnant son pantalon.
- Qu’est-ce que tu fais ? s’était écrié Maël en s’écartant plus vivement que s’il venait d’être brûlé.
- Ne t’inquiète pas, mon bonhomme, on ne va rien te faire de déplaisant, crois-moi…
T-bag l’avait regardé dans les yeux, réussissant sans trop de difficulté à paraître sous un jour franc et posé.
- Viens ici, Maël.
Le pauvre garçon n’avait pas bougé, interdit. Bagwell avait alors franchi promptement les quelques pas qui les séparaient et l’avait saisi fermement par le bras.
- NON !! ARRÊTE !!! LAISSE-MOI…
Il avait pressé contre sa bouche un morceau de tissu, gardant à l’esprit les velléités mordeuses de l’enfant, et avait commencé à le maîtriser grossièrement.
- MAYTAG !
A l’appel sec, son protégé s’était empressé de venir l’aider. T-bag aurait voulu le manipuler le plus délicatement possible, mais ils n’étaient à vrai dire pas trop de deux pour l’immobiliser. Lorsqu’enfin Maytag eut bloqué ses poignets derrière son dos, Maël était absolument paniqué. Il pleurait à chaudes larmes, et on pouvait lire dans ses beaux yeux toute la rancœur d’une âme trahie.
- Ca va aller, petit, ça va aller… Tu n’as pas à avoir peur. Je t’assure.
T-bag lui avait caressé la joue tendrement, essuyant les larmes du bout du pouce ; après quoi, sa main libre était retournée aux choses sérieuses : il n’avait eu aucun autre bouton à défaire pour faire glisser le pantalon de taulard le long des hanches étroites de Samuel. Le caleçon blanc standard avait bientôt suivi, et comme Maël commençait à hoqueter des sanglots désespérés derrière le tissu maintenu contre sa bouche, T-bag avait repris à voix basse :
- Tout va bien. Calme-toi. Tout va bien. Tout… va très bien. Je ne te veux pas de mal, petit ange, je vais juste t’apprendre à utiliser tes ailes. … Je vais te laisser respirer tranquillement. Tu ne vas pas crier. Je ne vais te donner aucune bonne raison de crier, tu m’entends ? Alors sois sage.
T-bag avait retiré la main qui le bâillonnait… Maël n’avait pas crié. Il s’était contenté de renifler piteusement, sans cesser de lui adresser ce regard misérable et accusateur.
- Bon garçon…

S’adressant ensuite à son giton, il avait ordonné :
- Maytag, contre le mur.
Il s’était exécuté, allant s’adosser au mur crasseux et tirant le blondinet en arrière avec lui. Theodore avait alors saisi les poignets que Maytag maintenait ensemble jusque là, pour les relever et les plaquer contre le béton. Maël ressemblait à un papillon aux ailes écartées de force et piquées sur une planche.
- Cesse de chouiner, Maël, cette position christique devrait être pour le moins honorable pour toi, non ?
La colère se lisait maintenant dans les yeux verts du jeune garçon ; le mépris y était suffisamment impressionnant pour frapper T-bag, malgré le déséquilibre de la situation.
- Tu sais ce qu’est le martyre, n’est-ce pas, Samuel ?
Le jeune homme s’était mordu la lèvre. Il tremblait de plus belle, mais son regard s’était fait plus dur, et les larmes avaient cessé.
- Oui, tu sais… c’est très bien. C’est primordial de savoir ce qu’est le martyre pour arriver à mener ta barque, mais il faut savoir aussi ce qu’est la béatitude. Si tu as l’un sans l’autre, tu es déséquilibré.
Il avait contemplé un instant le visage ravagé de l’angelot, avec des yeux attentifs. Il était devenu si beau, avec ses prunelles brillantes de peur et de résolution, braqué comme un petit héros de guerre. Seul son nez morveux venait rappeler qu’il n’était qu’une jeune créature encore vulnérable. Bagwell avait relevé les yeux sur Jason, entre Maël et le mur.
- Maytag, allume-moi ce petit moteur tout neuf en démarrage manuel, s’il te plait.
Les yeux bleus s’étaient ouverts tout grands. Jamais T-bag n’avait « loué » les services de son mignon auparavant. C’était pourtant la pratique courante : Combien pour le surin ? Trois paquets de clopes. Je t’en donne deux. Rajoute la bouche de ton boy et on est quittes... Comment pouvait-on se résoudre à une chose pareille ? Maytag était SON Maytag, et il mettait un point d’honneur à être le seul à le toucher. C’est pourquoi son favori avait été si choqué de se voir demander une chose pareille. Mais la situation était très différente. Maël n’était pas un homme : il était sa future proie. Ce moment marquerait un statut quo, où les deux garçons lui seraient soumis. … En outre, il avait vraiment besoin des talents de Maytag pour réussir son coup.

Comme celui-ci avait tardé à lui obéir, le fixant avec un petit air incrédule et réprobateur, Bagwell avait lancé :
- Si tu fais sagement ce que je te dis et que tu réussis, la prochaine nuit est à toi, petit gars.
Maytag avait détourné les yeux et froncé des sourcils boudeurs, apparemment contrarié. Mais il avait fini par glisser la main jusqu’à l’entrejambe de Samuel. Celui-ci, dérouté, s’était agité vivement avec une grimace de dégoût. Mais les mains de T-bag le retenaient plus fermement que des clous. Il avait rué, ses pieds avaient frappé le mur de béton, mais cela n’avait pas empêché Maytag de poursuivre sa coupable besogne.
- Arrête ça… avait-il grondé à l’adresse de T-bag.
- Non, mon bonhomme, il faut que tu apprennes, avait répondu l’intéressé avec le naturel d’un père apprenant la brasse à son petit garçon récalcitrant.
Bagwell s’était approché de la chair tendre du cou. Maël avait frissonné. Mais sur la peau lactescente ses dents n’avaient saisi que la fine chaînette d’argent. Il l’avait dégagée du tee-shirt blanc ; le petit crucifix avait glissé jusqu’à ses lèvres et il l’avait pris délicatement dans sa bouche, en étudiant le jeune garçon des yeux.
- J’ai quelque chose, avait signalé Maytag.
T-bag avait souri derrière la petite chaîne.
- C’est très bien, ça…
Les joues de Samuel avaient rosi derrière leurs minuscules taches de son. Il ne regardait plus Theodore. Son visage était chiffonné par le malaise mais la culpabilité avait réduit un instant son cran à néant. Ce n’étaient plus seulement l’entrave des longues mains qui tyrannisait ses décisions, mais son être propre. C’était de cette manière que gagnait vraiment T-bag. Maytag avait baissé les yeux lui aussi. Cela faisait un moment qu’il ne l’avait plus conduit à se sentir vil ; une petite piqûre de rappel ne pouvait que lui être bénéfique.

Tout le temps qu’avait duré la petite cérémonie, T-bag avait couvé du regard ses deux garçons : le consommé, l’assujetti, porteur d’histoire et de liens ; le virginal, le sauvage, prometteur d’interactions nouvelles et inconnues. Il aurait souhaité que la situation reste ainsi suspendue ad vitam eternam : il se trouvait à la charnière parfaite. Lorsque le souffle de Maël avait commencé à s’emballer, et que l’innocent avait montré quelques nouvelles velléités de délivrance en se tortillant pour s’éloigner du toucher de Maytag, Theodore avait laissé le crucifix glisser hors de sa bouche pour ordonner :
- Embraye, Maytag, embraye…
- Déjà ? avait demandé le petit mignon, un peu surpris.
- Tu as l’étalon faussé par ma faute, mon garçon, avait-il dit en souriant. Oui, déjà, c’est un premier décrassage.
Tandis que Maytag accélérait le mouvement, et que Maël gémissait anxieusement, T-bag avait posé son front contre les mèches dorées un peu humides. Il ne cherchait plus à le rassurer, parce qu’il était nécessaire que Samuel soit en un sens subjugué par ce qui allait le traverser. Mais il le fixait, plein d’encouragement et d’attente sereine et plaisante, tandis que sa poigne s’était un peu relâchée autour des poignets entravés. Maël lui rendait un regard incertain et implorant, les dents serrées, la poitrine soulevée par un souffle paniqué.
- Laisse-moi partir, T-bag, pitié, ne me gâche pas comme ça, laisse-moi…
Il ne criait pas, mais suppliait d’une petite voix étranglée. Ce fut la première et unique fois que Bagwell se livra à un rapt si raisonné et incohérent à la fois, la première et unique fois qu’il lui fallut non pas prendre, mais donner du plaisir pour disloquer une âme. Maël avait bientôt lâché un sanglot plus désespéré que les autres, et capitulé définitivement entre les trois mains qui le contraignaient : la seule chose que sa foi ne pourrait pas surmonter.
- Amen, avait ponctué T-bag.
Il l’avait relâché complètement, et en reboutonnant sa braguette il avait ajouté :
- Tu vois : c’était pas aussi terrible que la crucifixion, n’est-ce pas Maël ? Au moins, on ne t’a pas vidé de ton sang pour le mettre dans une coupe à champagne…
Le jeune garçon ne disait rien. Maytag s’était éloigné, et l’avait laissé s’effondrer contre le mur. Il gardait les yeux braqués sur la petite flaque qui témoignait de sa faute, comme un enfant de cinq ans qui vient de mouiller son lit. T-bag l’avait repris par les épaules pour le conduire jusqu’à la sortie. Le blondinet chancelait un peu.
- Bienvenue dans le monde des vivants, chérubin.

Sur ce, il avait refermé la porte sur lui. Theodore devait le laisser se débrouiller tout seul avec ce moment pénible. A ce moment-là, il s’était retourné vers Maytag qui attendait, l’air toujours contrarié et accusateur.
- Baisse-moi tout ça, avait-il lancé dans un soupir soulagé.
- Pour quoi faire ? avait répliqué le jeune homme.
Bagwell avait fermé les yeux avec fatigue. Le petit avait décidé de se montrer insolent juste pour gagner un peu d’attention, mais il n’était à vrai dire pas d’humeur à patienter longtemps après le délicat spectacle qu’il venait de s’offrir. Il avait sucé sa lèvre… puis s’était approché à pas pressés de son page et l’avait vivement saisi par le col de sa chemise. Le temps de le jeter contre une pile de cartons et de le déculotter lui-même, il répondait :
- Pour me vider les glandes, mon mignon. Tu as passé l’âge des questions stupides.
Maytag s’était cambré un instant, et lorsqu’il avait pu desserrer les dents, avait demandé :
- Pourquoi tu t’es pas servi du petit nouveau, cette fois ?
- Il faut croire que tous les garçons ne se préparent pas à la même sauce, avait lancé T-bag en lui arrachant un cri à l’aide d’un ferme coup de reins.
- Il en a de la chance, celui-là…
Theodore avait souri, amusé. Il avait saisi les cuisses de Jason pour les relever à sa convenance, puis avait poursuivi ses lents va-et-vient en lui glissant :
- Tu sais, Maytag, que l’envie est un vilain… très vilain… défaut. … Que dirait ton papa… s’il te savait… aussi… mauvais garçon ?
Le jeune homme avait gémi, et T-bag l’avait senti se détendre autour de lui.
- Si mauvais que ça ?
- Oh, exécrable… avait enchéri Bagwell.
Maytag ne pouvait pas résister aux grivoiseries douces ou corsées que T-bag lui susurrait à l’oreille au réveil, lors de la sieste somnolente d’après-midi, ou pendant qu’il se l’envoyait. Il avait été le seul à se complaire aux malices de ses mots châtiés et tortueux, et à donner ainsi une nouvelle dimension au jeu. Pour cela en particulier, il le regrettait.

Jason Buchanan était issu de la jeunesse dorée des suburbs de Chicago, le genre à fréquenter les rallyes, et les débauches fines pour mômes bourrés de fric. Il avait suffi d’une soirée de trop avec d’autres morveux partouzards de son espèce pour que les flics l’embarquent pour détention et usage de substances illicites. Une broutille. Ses parents, qu’il n’avait vu jusqu’alors que sous l’aspect de deux loques ramollies par le luxe et à l’autorité chétive, s’étaient battus becs et ongles pour le tirer des griffes du système judiciaire, semblait-il. Plusieurs pots de vin n’y avaient pas suffi, avec la récente psychose anti-drogue qui avait envahi les instances législatives. Jason avait fini par le rencontrer. T-bag avait découvert un puceau terrifié par l’environnement de violence, qui était encore moins dégourdi que la moyenne après une existence passée à avaler ce qu’on lui fourrait tout cuit dans le bec, mais qui n’était décidément pas ignorant dans l’art de satisfaire un homme, comme il l’avait constaté avec étonnement. Il s’était fait à lui lentement, mais sûrement, jusqu’à un surprenant consentement. En vérité, T-bag l’avait compris à présent, il avait apporté à Maytag la seule chose qui lui avait manqué jusque là : la forme. Sa vie immature avait coulé de manière si nourrie et désordonnée qu’elle avait fini par dégouliner et lui sortir par les yeux, et se dérouler autant hors de lui qu’en lui. La routine carcérale avait agencé sa vie sur un écheveau, et T-bag l’avait fait rentrer à l’intérieur de lui. Sa brutalité l’avait forcé à être une substance ; processus douloureux, certes, mais ô combien grisant par la suite…
- Ne sois pas envieux, mon petit bonhomme… Pour ta belle prestation… avec notre petit ami Maël… je t’accorde ce que tu veux ce soir.
- Ce que je veux ? avait répété Maytag dans un geignement voluptueux.
- Attention, garnement… abandonne là toute idée anale, avertit Bagwell en corsant ses poussées. Mais hormis cela, oui, ce que tu veux.
Son favori avait alors émi un soupir profond, mais silencieux.

T-bag se souvenait de cet épisode de sa vie pénitentiaire avec une pointe d’émotion. Il avait constitué un moment très particulier d’intensité et d’équilibre, tous deux extrêmes, au coude à coude. Il quitta des yeux Maël et son paquet de chips, pour considérer Tweener et sa pauvre petite mine éplorée. Il lui chatouilla brièvement la joue du dos de l’indexe, et sourit pour lui-même. Que de changements, que de changements ces derniers temps… Ah, tiens, Scofield n’allait sûrement pas en revenir !


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MessageSujet: Re: "Entre"   Jeu 6 Sep - 8:40

y a des trucs cochons ??? parce que moi je ne lis que les trucs cochons !!!!

donc je le lirais plus tard, car là je n'ai pas trop le temps...
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MessageSujet: Re: "Entre"   Jeu 6 Sep - 10:55

Vui, il y a des trucs cochons. whistlin
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MessageSujet: Re: "Entre"   Ven 7 Sep - 12:55

roh puré !!!! qu'est-ce que je m'éclate en lisant tes trucs !!!! heureux

la vache !!! moi j'veux que T-bag m'emmène dans son "baisoir" !!! bave


Citation :
Pour me vider les glandes, mon mignon.

MOI JE VEUX BIEN TEDDY, MOI JE VEUX BIEN !!!!!!

je suis disponible 24h / 24, 7j / 7...
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MessageSujet: Re: "Entre"   Dim 7 Oct - 21:35

Suite, où notre bisounours préféré s'y met...




Et en effet, Michael lui fit savoir son mécontentement l’après-midi même, à l’occasion de la séance de TP. Il attendit le départ du maton, et alors que chacun se saisissait d’un outil pour continuer le boulot, il le flanqua brusquement contre l’un des murs à moitié couverts. Il avait le petit air furieux qui lui allait si bien.
- Je croyais qu’on avait un accord. Le gosse ou la sortie. Je te jure que si je le vois encore pendu à ta saleté de poche à la fin de la journée, tu peux dire adieu à l’évasion.
Les autres s’étaient figés et les regardaient tous deux. T-bag sourit de toutes ses dents, sans chercher à se libérer de son emprise.
- Du calme, mon agneau, ce n’est pas moi qui ai mis le grappin sur le môme, c’est lui qui est venu se réfugier sous mon aile de son plein gré !
Scofield le fixa, inquisiteur.
- Je t’assure, Beauté ! Je t’invite à aller lui poser la question toi-même. Ce p’tit gars n’est pas idiot ! Il a envie de faire de vieux os ici…
- La ferme ! Je t’interdis d’y toucher, T-bag, on s’est compris ?
- Mon joli, tu ne peux pas décider de conduire ce môme au casse-pipe de sang-froid ! Si je ne le chaperonne pas, il va se faire occire dans d’atroces souffrances d’ici un ou deux jours, tu le sais aussi bien que moi. Moi je n’oblige personne… Mais tu n’as pas plus le droit de vie ou de mort sur lui, alors respecte un peu ses décisions, pour une fois qu’elles sont intelligentes. Tu sauves ton frère ? Laisse-moi sauver mon garçon.
- Tu ne veux pas le sauver… soupira durement Michael. Tu veux seulement le baiser à la sauvette avant de te faire la belle. Si tu es si vital pour lui comment fera-t-il lorsque tu seras hors de ces murs ? Si tu veux vraiment le sauver va falloir que je te laisse ici…
Theodore le considéra tranquillement, les paupières mi-closes :
- Ahn-ahn, ne t’en fais pas pour ça, Michael Angelo, je compte lui déminer le terrain avant de partir. Tu vois que je suis un homme prévenant prompt à défendre l’orphelin…
- C’est sûr, quand tu ne les liquides pas pour te mettre en train une fois que le viol banal a perdu de son charme. Qui me dit que tu ne vas pas le taillader avant de partir, celui-là ?
- C’est vrai que je n’ai gardé Maytag qu’à peine une dizaine de mois avant que tu ne viennes toi-même me le larder comme un chien, tu sais de quoi tu parles hein, Scofield ?
Le ton de Bagwell était passé soudain du doucereux au grinçant, et il scrutait à présent Michael par en-dessous, l’air volontairement amer, le bout de sa langue pointant entre ses dents. Gueule-d’Ange ferma les yeux, renversa la tête dans un geste d’impuissance et soupira à nouveau.
- Je ne l’ai pas tué, T-bag. Tu le sais.
- Bien sûr. Evidemment, le fait que je l’aie retrouvé dans tes bras en train de pisser le sang au beau milieu de la baston n’est qu’une fort malheureuse coïncidence.
- Précisément ! Que ça te plaise ou non je te rappelle qu’il s’agissait d’une bataille raciale que TU as fait déclencher, et que c’était une aubaine pour un black d’avoir la petite princesse à son tableau de chasse! aboya Scofield.
- Oh, chaton, c’est très vilain de se débarrasser de ses fautes sur le dos d’un homme de couleur… C’est vilain, et c’est se foutre du monde quand on avait son vice en main…
- J’avais besoin de cette vis et je la lui ai reprise gentiment. On l’a poignardé alors qu’il essayait de la récupérer, mais ce n’est pas moi qui l’ai tué, expliqua-t-il posément. Il s’est raccroché à la première personne qu’il avait à sa portée ; il me suppliait de l’aider parce que son grand protecteur, étrangement, n’était pas près de lui à ce moment-là.
Il se passa un instant avant que T-bag ne réponde. Il le foudroyait du regard : Scofield et son visage parfaitement sculpté, Scofield et ses yeux farouches, Scofield et son corps solide et bien fait pressé tout contre lui… Scofield, et le détestable dessus qu’il avait sur lui, et qui lui permettait de lui interdire des choses.
- Misérable petit détritus… Sache que si je n’ai pas fait des filets de ton beau petit cul d’étudiant, c’est uniquement pour que tu me sortes de là. Alors cesse de me les briser avec Tweener après ce que tu m’as déjà retiré. Ce serait la fois de trop.
Michael soutint le regard un moment, puis conclut :
- J’irai parler à Tweener… et on verra si tu lui es si indispensable.
Scofield, et son exorbitante tendance à la culpabilisation qui le rendait lui aussi manipulable.
- A ta guise. Maintenant que dirais-tu d’arrêter de me chauffer à blanc, mon joli ? Comment veux-tu que je puisse me concentrer sur mon travail dans ces conditions ? lança T-bag en baissant les yeux sur la proximité de leurs corps, la lèvre pensivement repliée sur sa langue.
Gueule-d’Ange le relâcha sans demander son reste, et Bagwell put voir Burrows lui adresser l’air passablement mufle qui le prenait toujours dès qu’il le voyait reluquer Scofield d’un peu trop près.
- Doucement grand frère, je ne suis qu’une victime dans cette histoire.
Sur ce, il attrapa un maillet, tandis qu’Abruzzi et C-note déplaçaient la table.

A 17h, lorsqu’ils revinrent des TPs, Michael chercha des yeux David Apolskis au milieu du désordre naissant de l’aile A. T-bag se contenta de cinq sifflements brefs, un peu par provocation, et appela :
- Eh, Tweener, amène-toi bonhomme !
Le petit rappeur arriva bientôt dans leur direction, sans hâte, les épaules un peu voûtées et les pieds traînants.
- Tu as beaucoup de chance : le beau gosse aimerait avoir un petit tête-à-tête avec toi. Quand vous aurez fini, tu sais ou venir t’amarrer… dit-il en tapotant la poche de son pantalon.
Il fit quelques pas, avant de se retourner.
- Au fait, j’ai fait le nécessaire : tu déménages après le repas ! lança-t-il en souriant.
Il s’éloigna ensuite tranquillement pour aller rejoindre sa famille, vers les escaliers. Scofield demanda rapidement :
- Il paraîtrait que tu serais venu t’accrocher à sa poche de toi-même. C’est vrai, ça ?
Tweener, la mâchoire crispée, un œil bougon tourné vers Bagwell, répondit simplement :
- Ouais… J’avais pas l’choix d’toute façon. C’était ça où j’étais zigouillé dans deux-trois jours, alors…
- Fais une bêtise, n’importe laquelle. Ils t’enverront en isolement et Avocado ne pourra pas t’atteindre là-bas.
- Ouais, et après ? J’y rest’rai jamais assez longtemps pour que cette enflure m’oublie.
- On peut te faire changer de cellule… Si tu veux je m’occuperai de payer Bellick pour qu’il te mette avec un gars réglo. T’auras plus rien à craindre.
- Et la journée, mec ? La promenade ? Les r’pas ? La douche ? … Chuis tout seul, mon pote. N’importe qui peut m’réduire en purée quand y veut. Tous ces connards ont raison : y est temps que j’me trouve un clan.
Michael passa une main sur son crâne rasé, soupirant de ne sécréter aucune solution à la détresse du jeune détenu.
- Tu aurais pu trouver moins dangereux que celui-là. Tu es plutôt de culture noire, alors quitte à entrer dans un gang pour te protéger, demande plutôt à C-note qu’il te pistonne auprès de Trumpets. Ce sera moins risqué qu’être à la botte de T-bag.
- Ecoute, te fais pas d’illusions. Ici y a rien d’gratuit. Toi-même tu t’es bien foutu d’moi le jour où tu m’as demandé d’te voler cette putain d’montre. Où qu’j’aille, il faudra au choix que j’bute un mec, ou qu’j’en prenne une dans l’cul pour être accepté. Toi t’as réussi chais pas comment à entrer dans les p’tits papiers du big boss alors que tu fais pas partie des macaronis, mais normalement ça s’passe pas aussi facilement, et toi tu t’rend pas compte de tout ça !
A court d’argument, Scofield ne put que tenter de stimuler la débrouillardise de Tweener en lui faisant prendre conscience du guêpier dans lequel il se trouvait.
- Est-ce que tu sais seulement à quoi tu t’exposes en suivant T-bag ? Il n’est pas du genre propre sur lui, il va profiter de toi… considérer que tu lui appartiens corps et âme.
Tweener haussa les épaules.
- De toute façon c’est l’seul qui veuille de moi. Les blacks m’ont toujours jeté depuis mon arrivée, pour les mafiosi la question s’pose même pas. J’ai pas trente-six solutions pour rester en vie. Au moins ce salaud est décidé à m’défendre, c’est tout c’que j’peux espérer.
Gueule-d’Ange hésita. Il brûlait de lui tendre la main pour le faire embarquer dans le navire. Mais ils étaient déjà bien trop nombreux à faire partie de ce plan… Chaque oreille de plus mise au courant était une chance supplémentaire d’éventer tout le projet. Il ne pouvait pas se permettre de risquer la vie de son propre frère pour l’intégrité physique et morale d’un inconnu… S’il ne s’était agi que de lui, la situation aurait été bien différente ! Scofield était prêt à payer de sa personne à un point démesuré pour venir en aide à son prochain… mais il ne pouvait pas faire pâtir Lincoln de ce fameux déficit d’inhibition latente qui le rendait pathologiquement attentif aux problèmes de ceux qui l’entouraient. Apolskis finit par s’éloigner progressivement, tout en lui lançant :
- Désolé, mon pote. C’est sympa d’t’inquiéter mais la prochaine fois, essaye de pas m’foutre dans la merde au départ…


Dernière édition par Cerisette le Mar 29 Juil - 15:10, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: "Entre"   Dim 7 Oct - 21:36

En revenant du dîner, docilement accroché à la poche de T-bag, Tweener fut apostrophé par le gardien Stolte :
- Apolskis, va chercher tes affaires, tu changes de cellule.
Le jeune homme sentit un nœud se former dans son estomac. Alors tout cela allait bel et bien arriver ? Il passerait la nuit dans la cellule 16 ? C’était dans l’ordre des choses, et cette nouvelle pièce était sa seule chance de salut. Pourtant Tweener ne pouvait s’empêcher d’y aller en freinant des quatre fers ; il avait les jambes en coton en descendant l’escalier, les bras chargé de son maigre trousseau.

Lorsqu’il franchit le seuil de la cellule, Bagwell remercia le maton, puis lui suggéra aimablement :
- Je t’en prie, petit, mets-toi à l’aise.
Tweener hésita, puis posa ses affaires sur la couchette du haut, dont les draps et la couverture n’étaient pas installés. Tandis qu’il faisait son lit, Theodore s’affala sur le matelas du bas et ôta ses bottes délacées du bout du pied. Il s’étira paresseusement, faisant craquer les os de ses chevilles, et profita de la situation pour se rincer un œil nonchalant dans les hanches toutes proches du jeune garçon. Il allait enfin pouvoir se régaler.

Quand David eut fini, il grimpa aussitôt sur sa couche, dans le faux espoir d’y être plus à l’abri que dans le champ de vision de son codétenu, et ouvrit le magazine qu’il avait apporté. Il entreprit la lecture attentive de l’article sur Vanilla Ice, davantage pour se focaliser sur quelque chose que pour retenir des informations. Mais au bout d’une minute à peine, T-bag se trouva déjà las de se prélasser sans but sur son lit. Il se releva, posa ses bras sur le bord de la couchette de Tweener, et s’intéressa à ce qu’il lisait, tout en lui massant le genou d’un geste absent. Le petit rappeur était tendu comme la corde d’un arc, mais le chef de l’Alliance se contenta de lui dire sur le ton de la conversation :
- Tu sais, Tweeny, toutes ces histoires de pauvres blancs qui ont besoin de se donner l’air de sortir du ghetto pour avoir une identité et baiser leurs nanas, elles ne sont pas spécialement bénéfiques pour des petits gars déjà aussi embrouillés que toi. Il va d’ailleurs falloir que je te réapprenne à parler anglais, ma puce, pour que les autres cessent de renâcler en ta présence, et pour qu’on se comprenne mieux toi et moi.
Il leva les yeux vers lui. Tweener le considérait d’un air dubitatif et anxieux, les muscles crispés, la mâchoire serrée sur une légère moue, et ses yeux gris empreints d’une attention méfiante, mais qui ne laissait pas voir de crainte. T-bag esquissa un sourire sucré, un bref spasme contractant ses sourcils, et ronronna :
- Adorable petit bonhomme…
Sur ce, après avoir pétri une dernière fois le bas de sa cuisse, il s’éloigna pour aller se laver les mains et se passer de l’eau sur le visage. Ceci fait, il regagna son lit et reprit :
- Alors, Scofield t’a dit des choses intéressantes ?
- Nan… comme d’hab’ y m’a pas aidé pour grand-chose.
- Ah ? Qu’est-ce que tu veux dire par là ?
- Que d’puis l’début c’a cause de lui que j’galère… Si j’me suis r’trouvé avec l’aut’porc c’est sa faute, déjà.
- C’est vrai ça ? demanda T-bag, soudain très intéressé.
- Je veux. Y m’a demandé d’piquer une montre à un maton, et j’me suis fait griller… du coup j’ai atterri chez Avocado. Et l’pire dans tout ça, mec, c’est qu’y m’a jamais donné c’qu’y m’avait promis en échange de la montre !
Theodore était tout sourire à cette découverte. Non seulement l’ironie du sort qu’elle révélait avait quelque chose d’assez jubilatoire, mais surtout les possibilités de taquineries qu’elle ouvrait l’émoustillaient grandement. Il se frottait mentalement les mains à l’idée de ce qu’il pourrait répliquer à l’écolier la prochaine fois qu’il lui prendrait l’envie de lui reprocher sa nouvelle acquisition.
- Awww, pauvre Tweeny… Il faut pas se fier à Scofield, on le comprend vite en général. Il a une gueule d’ange et des fesses divines mais alors… il peut se conduire en véritable garce, parfois.
- Ouais… Enfin maintenant qu’y m’a bien embobiné la tronche, voilà qu’il essaie d’venir à la rescousse. Dommage qu’il ait que des plans foireux à m’proposer…
T-bag leva les yeux, toujours souriant derrière sa lèvre inférieure légèrement mordue.
- Mais ne t’en fais pas : moi je suis là pour prendre soin de toi, garçonnet.
Tweener ne répondit pas.


Lorsque la pause de la soirée fut terminée, et que les matons les firent sortir de la salle de télévision, les détenus regagnèrent leurs quartiers pour se coucher. Une fois les grilles refermées, T-bag se saisit de son drap pour l’accrocher devant l’entrée. Il leva un instant les yeux vers la cellule 40, le temps d’adresser à Scofield un clin d’œil narquois, et fixa le pan de tissu. A cette vue, David frémit et grimpa directement sur sa couchette. Theodore, lui, prit la peine de se laver les dents, et d’enlever son pull et son tee-shirt, qu’il jeta sur son matelas. Puis il se hissa à la suite de Tweener sur le lit supérieur. Le pauvre garçon lui jeta un regard hostile et suppliant malgré lui, en le voyant tapi tout près, son corps pesant sur les ressorts souples du sommier. Sans un mot, T-bag releva la couverture et le drap, et s’installa à-côté de lui. Avec un soupir de délassement, il jeta un bras par-dessus le torse de Tweener pour l’attirer contre lui, enfouissant avec un plaisir non dissimulé son nez dans la nuque tiède. Le môme était raide comme une planche ; il devait attendre avec angoisse ce qui allait suivre. Mais T-bag allait prendre son temps. Il pouvait se permettre de forcer sans autre forme de procès une proie qui lui tombait dessus, mais du gibier si longtemps chassé se devait d’être dégusté au bon assaisonnement. Il savourait donc avant tout le fait de l’avoir sous la main, au sens propre, et la perspective de passer la nuit au chaud contre une bouillotte aussi engageante… Theodore dormait rarement près de ses codétenus. Question de sécurité, avant tout : sa légère tendance à la paranoïa – qui lui avait sauvé bien des fois la vie – lui donnait déjà le sommeil assez léger pour qu’il ne s’embarrasse pas du risque de s’assoupir à-côté d’un autre individu. Question d’affinités, ensuite : s’encombrer de la présence d’un garçon qu’il ne prenait aucun plaisir particulier à chaperonner et à tripoter l’aurait agacé ; il convenait de renvoyer ceux-ci à la niche dès qu’ils s’étaient acquittés de leur tâche. Il s’était conduit de cette façon avec Maytag, au début, moins par principe que parce qu’il savait à quel point il le blessait dans son orgueil en le congédiant. Tweener, lui, aurait largement préféré être bafoué plutôt que d’avoir à subir un contact aussi contre-nature au moment de s’endormir… T-bag commença à l’appréhender en douceur, remontant le bout de son doigt le long du bras jusqu’à caresser le tatouage qui s’y trouvait.
- « LG » ? interrogea-t-il d’une voix pâteuse. C’est qui ça ?
- Ca t’regarde pas ! répliqua Apolskis en se dégageant sèchement.
- Shhhh… Allons, qu’est-ce que vous avez donc tous à être aussi susceptibles quand il s’agit de vos tatouages ? Ca met l’eau à la bouche et dès qu’on s’y intéresse de plus près, vous prenez la mouche comme des collégiennes ! Il ne fallait pas vous en faire si vous ne vouliez pas qu’on les regarde…
Theodore reprit le bras qui lui avait échappé. Il fallait que Tweener comprenne qu’il n’avait plus rien à lui interdire à présent. Il s’annonçait peut-être un mignon privilégié du point de vue de l’attention que T-bag lui porterait, mais cela ne lui laisserait pas plus d’initiative qu’à tous les autres. Bagwell n’avait jamais laissé un seul de ses garçons prendre la barre… si l’on exceptait Maytag, précisément, lors du dernier soir qu’il avait prévu de passer avec lui.
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MessageSujet: Re: "Entre"   Lun 8 Oct - 19:30

ah !!!! je lirais ça quand j'aurais le temps !!!! heureux


édit : très agréable à lire, comme d'hab !!!! Cool

(mais j'attendais des trucs cochons moi !!!! )
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MessageSujet: Re: "Entre"   Dim 14 Oct - 15:02

Comme d'hab c'est génial, et magnifiquement ecrit! *_*
je m'excuse pour mon retard >.<
En tout cas, je dis "vivement la suite" une fois de plus! ^^

Génial cerisette tu as un talent fou! *o*
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MessageSujet: Re: "Entre"   Jeu 22 Nov - 23:12

Encore une fois, mille merci à toi Baka_Zaza pour les compliments toujours motivants!

Merci aussi Mrs Bagwell. Very Happy

Et désolée à toutes les deux pour le temps que j'aurai mis à écrire cette suite, le double-cursus de la fac étant vraiment très prenant, à mon grand dam. Le comble, c'est que la scène n'est même pas réellement finie, mais comme elle me prenait déjà 6 pages, et qu'il y a encore beaucoup à raconter, je me suis dit qu'il était temps de mettre la première partie. Il s'agit donc d'un long flash-back consacré cette fois à Maytag (si vous voulez raccrocher les waggons, relisez la toute fin du dernier chapitre). Vous y trouverez pas mal d'éléments importants, explicites ou implicites, en rapport avec la psycho de mon T-bag. Et pr Mrs Bagwell qui voulait du cochonou, il faudra juste attendre le second morceau, mais tu seras servie c'est bien promis. Wink

En espérant que ça vous plaise.





Il s’agissait là encore d’un calcul, du reste. Un calcul à toutes fins de curiosité. Jusqu’où avait-il réussi à entraîner Jason dans le dévouement à sa personne ? Celui-ci éprouverait-il rancœur ou soulagement secret à être supplanté par meilleur que lui ? Que lui avait-il donné à espérer ? C’est avec ces interrogations qu’il était rentré dans sa cellule ce soir-là. Tandis que Maytag s’installait sur le lit du haut, il s’était emparé d’un geste machinal du drap qui restait désormais en boule dans un coin de la pièce, devant la grille. En tirant le rideau sur le reste de l’aile A, T-bag avait songé qu’il n’avait pas revu Maël de la journée, et espéré qu’il ne lui était rien arrivé alors qu’il s’était tenu à l’écart de la famille. L’inquiétude s’était vite envolée lorsqu’il s’était retourné sur son petit mignon, étendu en chien de fusil tout habillé, avec dans les mains le bouquin qu’il lisait depuis deux semaines. Il s’était léché la lippe avant de s’avancer vers la couchette supérieure.
- Ce soir, je connais un petit prince qui va prendre son pied… avait-il chantonné en promenant une main appréciatrice sur le corps de son favori.
Maytag n’avait pas réagi : pas de ronron, de regard adorablement vicieux, pas même d’assouplissement avide dans sa chair. Un peu surpris tout de même, Theodore avait relancé :
- Hé, Scotch boy, j’ai pas souvenance qu’on ait prévu une soirée lecture au programme. Tu ne crois pas que tu pourrais lâcher ce pauvre Steinbeck un instant ? Tu vas finir par l’user.
- Je suis pas Ecossais, avait simplement répliqué le jeune homme, pour ce qui semblait être la énième fois, sans détacher les yeux de sa page.
- Mais si, tu l’es. Un Buchanan vient forcément du fin fond des Highlands à l’origine. Et puis je te verrais parfaitement bien dans un petit kilt vert bouteille, avec les merveilleuses socquettes à rubans que les garçons portent dans ce beau pays, avait affirmé Bagwell en lâchant deux boutons pour accéder à la peau tendre du ventre. Tu serais particulièrement décoratif sur une étagère… tu sais comme les poupées que tu piquais à ta petite sœur ! Mais le mieux ce serait que le soir venu, on pourrait jouer à la culbute tous les deux sans même que j’aie à te déshabiller, avoue que ce serait folichon.
- Lâche-moi, T-bag ! avait cinglé Maytag en repoussant la main qui s’insinuait sournoisement sous sa ceinture.
Il n’était pas dans les habitudes de T-bag de se laisser éconduire… en tout cas plus depuis longtemps. Il avait saisi brutalement “The grapes of wrath” et balancé le livre contre le mur du fond.
- Dis donc, bonhomme, tu chercherais pas à te faire négocier à la veille de ta retraite, quand même ? avait-il demandé en le prenant à la gorge. Tu sembles oublier que jusqu’à ce que j’aie invité le joli blond à prendre ta place, tu m’appartiens toujours, pauvre petite frappe !
Maytag avait agrippé son poignet à deux mains pour tenter de l’écarter, parfaitement sourd à ses menaces.
- Je t’emmerde ! Culbute-moi tant que tu veux si ça peut te faire du bien, j’en ai rien à foutre ! Mais si tu veux honorer ta promesse et me laisser faire ce que je veux pour ce soir, alors tu me fiches la paix et tu t’amuses tout seul !
Bagwell l’avait fusillé du regard, extrêmement vexé et littéralement furibond, mais il avait fini par le relâcher. Il ne serait pas dit qu’il bafouerait une promesse faite à son mignon.
- Mais si je t’avais offert cette possibilité, fillette, c’était pour que tu me dises ce qui t’aurait fait plaisir en récompense exceptionnelle de tes bons et loyaux services… Jusqu’à présent tu as été le seul assez sage pour que je lui permette de faire joujou avant de partir, tous les autres n’ont eu droit qu’à une saignée. C’est toujours plaisant de choisir ce qu’on veut pour son dernier repas quand on le mérite, tu ne crois pas ?
- Et toi, tu crois que je vais te faire ce plaisir ?
T-bag était resté interloqué face au sourire ironique de Maytag. L’espace d’une fraction de seconde, il s’était senti en position de faiblesse. Il détestait cela.
- Je te connais comme ma poche, T-bag… avait repris le jeune homme en accentuant le sarcasme de son sourire. Et je te donnerai pas ce que tu veux, cette fois.
Theodore avait senti son ventre le chatouiller. Il aurait voulu passer Maytag à tabac, le prendre de la manière la plus rude qui soit en fixant ses yeux bleus impertinents jusqu’à ce qu’ils se baissent, le ravager littéralement et le relever de ses fonctions à l’état de viande froide. Et le pire de tout, c’était que la force de son dépit venait précisément de la certitude de ne pas trouver gain de cause dans cette dévastation. Comment avait-il pu manquer à ce point de subtilité pour que Maytag parvienne à se jouer de lui ? Bouillonnant d’abord silencieusement, il avait peu à peu repris un semblant de sang-froid, à la force d’une concentration qu’il se connaissait à peine. Rassemblant à son tour tout ce qu’il connaissait des réactions de son favori, il s’était détourné nonchalamment en glissant :
- Qu’il est amer, ce garçon…
- C’est pas de l’amertume, c’est un adieu à la loyale.
- Un adieu ? Mais cher enfant je ne te jette pas aux chiens, avait insisté T-bag. C’est donc ça qui te rend si amer, bonhomme, tu crois que je vais laisser n’importe qui te chercher des noises après t’avoir remercié ? Sache que tu seras expressément sous la garde de Trokey… et qu’il a formelle interdiction de poser un doigt sur toi, même si tu sais qu’il n’est pas très porté sur les p’tits loups comme toi de toute façon. C’est à ça que sert l’organisation de la famille.
Maytag avait balayé ses dires d’un souffle de dénigrement.
- Tu crois que j’ai peur de la vie en prison ? Tu crois que j’ai peur de pas arriver entier au bout de ma peine pour rejoindre Maman et les petites merdes que je fréquentais ? J’vais te dire : si tu m’avais gardé jusqu’à ce moment-là, j’aurais été prêt à t’offrir n’importe quelle tête. Et pas juste discrètement, dans un placard, avec trois gars pour me tenir le connard et toi pour me coacher… J’aurais fait n’importe quelle connerie pour qu’ils me laissent près de toi.
Maytag s’était tu, et avait considéré son maître avec aplomb, si ce n’est une once de défi. Theodore était resté impassible, accoudé au bord du lit, soutenant le regard d’un œil et sans expression apparente.
- Qu’est-ce que tu viens de dire ? avait-il fini par demander sur un ton presque las.
Le jeune homme avait croisé son pied droit sur son pied gauche ; puis avait suivi cette déclaration un peu bravache :
- J’ai pas peur de cette vie, c’est pas le problème.

En un instant, T-bag l’avait chopé par le collet et tiré violemment hors de la couchette. Sa chute n’avait été amortie que par l’étranglement de sa chemise autour de son cou. Il n’avait même pas eu le temps de reprendre vraiment pied : son maître le clouait déjà au mur en crachant d’une voix douce :
- Espèce de petit merdeux… Alors voilà où on en est arrivé : tout ça pour ça ? Non mais est-ce que tu crois un instant que je m’applique tellement à surveiller tes arrières pour que tu fasses tout foirer ? Je ne sais pas ce qui se passe sous ta houppette mais ça doit pas être beau à voir… Faudrait que dans quelques mois je te retire la tétine de force et que je te fasse lâcher ton ninnin ?
Le temps de ranger sa poche à l’intérieur de son pantalon, T-bag collait un violent revers à Jason.
- Où tu te crois, Maytag ? On n’est pas dans une satanée colonie de vacances, ici ! Y a rien à attendre de ce cloaque, n’ose même pas prétendre que tu t’y accrocherais, petite pourriture de junkie, c’est une injure à ceux qui y moisiront jusqu’à la fin de leurs chiennes de vie.
Il avait lâché le garçon, et profité de son déséquilibre pour le mettre à terre d’un coup de pied. Maytag avait encaissé, endurci par l’habitude. Il s’était ramassé jusqu’à retrouver une position plus ou moins assise, et avait levé sur T-bag de grands yeux résolus :
- J’ai une seule chose à attendre d’ici, mais elle en vaut la peine.
Bagwell l’avait scruté en penchant la tête sur le côté, comme si cela avait pu l’aider à décrypter le cap du bateau dans lequel son mignon était en train de le mener. Il avait buté sur la bouille révérencieuse, la houppe inflexible et le regard audacieux bien trop prolongé qu’il portait sur lui. Il avait tout à coup fait deux pas en arrière, comme face à une bête sournoise, cherchant par réflexe le support de sa lame dans sa botte.
- Maytag, je sais que je t’ai donné des libertés ce soir, mais crois-moi mon garçon dans ton propre intérêt, si tu t’apprêtes à me pondre une indigente déclaration d’amour, il vaudrait vraiment mieux tourner sept fois ta langue ailleurs que dans ta bouche et en rester là.
Le petit fripon avait rioché, et répondu aussitôt :
- Mais qui parle d’amour ? Ca me viendrait jamais à l’idée de te dire quelque chose comme « Je t’aime » ! « Je t’aime » c’est quelque chose qu’on dit à sa copine pour qu’elle se pende à notre cou, ou à sa bourgeoise pour qu’elle nous foute la paix. Tout ce qu’on sent de l’amour c’est justement l’amertume au moment où on mange nos couilles en salade parce qu’il est plus réciproque…
Theodore avait senti passer l’aigreur en songeant aux deux ou trois fois où Susan lui avait corrompu l’esprit à l’aide de ces mots précis, murmurés dans un lit douillet. Ce qu’il lui en restait à présent n’était effectivement plus que nausées, et incommensurables sentiments de trahison et de mortification. Et Maytag, l’impudent petit Maytag à ses pieds, qui faisait mouche avec son discours en lui adressant toujours cet air déplacé… qu’allait-il faire de lui ?
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Cerisette
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MessageSujet: Re: "Entre"   Jeu 22 Nov - 23:13

- J’attends pas ça de toi, ça ferait aucun sens ! avait repris le chenapan. C’est toi que je veux parce que seule ma connexion à toi me… donne de la cohérence. J’ai besoin de toi pour me reconnaître, T-bag… tu comprends ce que j’essaye de te dire ?
- Je comprends surtout que tu as atteint un stade passablement avancé du syndrome de Stockholm, mon garçon.
- Non, avait-il rétorqué tranquillement. Ca aurait pu arriver avec personne d’autre. Je suis sûr que tu n’as qu’à moitié idée de la puissance dont tu disposes. J’en serais jamais arrivé à faire confiance à n’importe quel gros dur un tant soit peu apte à cogner et à intimider. Toi tu sais exactement comment enrouler les autres autour de ton petit doigt, parce que t’as cette facilité à persuader tout le monde que tu es un avantage pour eux vivant et satisfait. C’est pour ça que je suis si bien dans ton ombre : je sais que tu fonctionnes sur un équilibre parfait.
« Si je m’étais douté que j’entendrais ça après avoir été inculpé pour kidnapping, viol sur mineurs et meurtre au premier degré… » avait songé T-bag en soupirant.
- Absolument ravi d’avoir ton admiration, avait-il persiflé. Mais pourquoi est-ce que tu me fais ça, Maytag ? Tu t’étais montré un garçon si sagace jusqu’à maintenant… je pensais que tu t’étais fait à la règle du jeu et que tu étais décidé à en tirer ton épingle. Au lieu de ça voilà que tu te mets à faire le chien fou et à me raconter que tu ne veux pas quitter la niche pour essayer de donner un semblant de sens à ta misérable vie de fils à son papa ? Méfie-toi, je vais vraiment finir par penser que tu as tes petits penchants masochistes, mon mignon.
- Que Papa aille se faire foutre, ça le bonifiera ! Tu crois que ma vie aura ne serait-ce qu’un peu plus de sens à l’extérieur ? Si tu crois que ça me rendra libre ! Ca fera que changer la… c’est quoi le nom qui va avec « concret » ?
- Tangibilité.
- Voilà : la tangibilité de mes chaînes. Si je veux bouffer je devrai rester la pute de quelqu’un, et en l’occurrence de mes vieux. Super…
Trépignant un peu de la jambe gauche, Bagwell l’avait menacé d’un doigt tendu par-dessus la lame de son couteau.
- Est-ce que t’as la moindre idée du nombre de taulards qui seraient ravis de faire mordre la poussière à ta petite gueule suffisante, juste pour l’avenir que tu as ?
- L’avenir ? Ne plus faire le vilain, aller faire les courses et me trouver une riche et belle pétasse, la marier, et la sauter trois fois par semaine… en lui disant que je l’aime ?
A ce moment-là, T-bag avait dû laisser transpirer dans son expression quelque chose comme « Nom de Dieu, mon garçon, tu es tellement cynique ! »… car Maytag avait souri et ajouté :
- Et en évitant surtout qu’elle voie le crochet à loup que j’ai sur le pelvis, ça va sans dire.

Maytag s’était fait tatouer une petite rune aryenne sept mois après son arrivée, impressionné par les marquages des membres de l’Alliance, et pour le plaisir de montrer à T-bag qu’il était véritablement inscrit à son enseigne. Elle avait l’aspect d’un Z incliné, aux extrémités courtes et aux angles agressifs, traversé par un petit trait central : le Wolfsangel de la tristement célèbre Deuxième Division. Le genre qui fait tache sur l’épiderme d’un jeune homme de bonne famille, indubitablement. Mais T-bag, qui avait toujours pris une distance relative vis-à-vis du national-socialisme proprement dit, avait immédiatement développé une tocade pour ce petit symbole. Il aimait à le mordiller des minutes entières sur le recoin de peau plus fine et plus délicate, jusqu’à ce que le sang y afflue. Lorsque les lignes noires apparaissaient sur fond piqué de rouge, il y donnait un coup de dent un peu plus sournois, et c’est en léchant une petite goutte de cruor, les douloureux geignements restreints de Maytag aux oreilles, qu’il sentait pleinement combien il désirait ce garçon et combien il l’avait réduit à son entière merci.

Mais à cet instant, comme Maytag le mentionnait, sans doute pour le rappeler à sa possession, moins que comme le loup consommant sa proie, c’est comme le loup pendu au crochet que Theodore s’était perçu. Le salopiot en avait déjà trop dit et trop sous-entendu pour rester en vie, mais T-bag ne savait vraiment pas par quel angle attaquer la curée. Il ne s’agissait pas que de viande, il s’agissait aussi de défi. Et parce que l’instinct de prédation de Bagwell était trop exacerbé pour refuser la viande tendre et le défi d’acquisition, il se retrouvait à mordre à l’hameçon, piégé. Contrarié par son désarroi, il avait filé sur Jason, n’était-ce que pour faire montre d’une quelconque réaction punitive. Il l’avait agrippé par le mohawk de ses cheveux et redressé ainsi. Maytag s’était plaint de la douleur assez brièvement. Seul T-bag avait tenté de se débattre :
- Sois sérieux : tu n’es qu’un gosse gâté et couard. Où tu vas trouver les couilles qui vont te faire faire ça ? avait-il demandé d’une voix doucereuse et un brin anxieuse.
- Envie de voir si je vais les trouver ? avait répliqué son favori en laissant paraître un petit bout de langue sur son sourire provocateur.
- La ferme !
Bagwell avait serré davantage la poigne qu’il avait sur les mèches brunes et blondes. Jason avait obéi, mais T-bag savait qu’une si maigre sanction devait lui être ridicule, voire prise au contre-pied de son intention. Il serrait ces courts cheveux rêches et dressés entre ses doigts bien plus étroitement en d’autres circonstances, lorsque le mohawk était le dernier point de tangibilité qui l’amarrait à la réalité…
- Va falloir que je t’abatte, maintenant, avait-il soupiré sur un ton contrarié.
Il lui avait cogné le crâne contre le mur de la cellule, pas assez fort pour l’assommer, juste histoire d’essayer de lui remettre les idées en place.
- T’es fier ce que tu vas me faire faire, là, gamin ? avait-il demandé avec un air de franc reproche, tout en tirant la courte crête vers l’arrière pour lui renverser la tête.
- Ca oui ! avait répliqué Jason avec des hoquets de rire un peu hystériques. Forcer Theodore Bagwell à dégommer quelqu’un alors qu’il en a pas envie, y a de quoi êt’ fier !
T-bag avait posé sa lame sur la gorge exposée, et avait légèrement entamé la peau.
- C’est beaucoup moins que je n’en ai pas envie que je trouve ça vraiment trop absurde pour toi, fillette. Si tu savais comme je vais m’amuser, moi, à extirper lentement la vie de ton petit corps luxurieux ! Ca va être une sacrée partie de plaisir, pour tout te dire. Dans un dernier sursaut de magnanimité je t’épargnerai les détails, mais quand on pense que j’étais prêt à faire un effort, que dans une logique purement éthique je m’apprêtais à récompenser ton comportement exemplaire en te rendant au vaste monde ! Bon sang pourquoi faut-il toujours qu’on me démontre par A plus B que j’aurais mieux fait de me garder ma probité ?
Il avait entaillé sèchement.

Son protégé avait eu un soubresaut, accompagné d’un couinement de chiot. Mais la plaie avait été faite en surface et loin de la carotide : T-bag n’aurait jamais torché le travail de manière aussi vulgaire pour Maytag. Les yeux du gosses s’étaient embués, mais il avait froncé des sourcils résolus et repris une bonne inspiration pour lui répondre :
- J’préfère que ce soit toi. J’préfère que ce soit toi plutôt qu’un de ces minables. Et j’préfère que tu me saignes toi-même plutôt que de crever dans ma merde tout seul sur un lit d’hôpital, ça te paraît si difficile à admettre ? Si c’est pas toi qui me limite ça ressemblera à rien !
T-bag avait lâché son mohawk pour agripper brutalement ses lèvres au creux de sa main.
- … Tu voudrais pas fermer ton suçoir deux secondes, bonhomme ?
Maytag l’avait considéré avec ses jolis yeux dilatés. Il y avait eu dedans tellement de terreur et de confiance mélangées qu’au lieu de triompher, Bagwell en avait ressenti un certain malaise. Maytag aurait dû geindre et supplier, lui promettre de faire tout ce qu’il voudrait, tenter de l’attendrir en le scrutant tout autrement. A quoi bon ? Il n’allait même pas apprécier les réjouissances !

Il l’avait lâché. Avec une expression de dégoût et de désappointement, il avait penché la tête sur le côté et soupiré :
- C’est pas croyable tu n’es même pas bon à te faire zigouiller… J’ignorais qu’il était possible pour un garçon de toucher le fond à ce point-là.
Il avait rangé son couteau dans sa poche avec un geste à peine exaspéré, puis était allé se vautrer sur son lit, la tête calée contre l’oreiller.
- Tu sais, je trouve ça plutôt ingrat de me gâcher le plaisir comme tu le fais, avait-il déclaré en baissant la visière de sa casquette sur ses yeux. Ta petite scène de ce soir… ça va altérer tout le bon souvenir que j’aurais pu garder de toi. T’es vraiment un sale gamin.
Pendant quelques minutes, il y avait eu un grand silence. Puis il avait entendu le son du robinet dans le lavabo en inox, puis le frottement d’une serviette. Puis plus rien pendant un moment. Quelle mauvaise soirée.

Le fait que Maytag ne soit pas remonté sur le lit du haut dépassait l’entendement ; le fait qu’il ait eu le toupet de venir l’enfourcher et de remonter aussitôt sa casquette dépassait de loin les limites du raisonnable ; et le fait qu’il l’ait embrassé dépassait tout simplement toute forme de convenance ! T-bag avait ouvert de grands yeux horrifiés en réalisant ce qu’il lui arrivait en lieu et place d’une ennuyeuse dérivation vers le sommeil. Les lèvres du môme s’étaient montrées incongrûment chaudes contre sa bouche, délicates, pire : tendres, avec ce petit bout de langue câlin qui était très certainement pure création du diable en personne. Il l’avait éloigné dans le plus grand affolement, trop effaré pour songer à autre chose qu’une grossière bousculade qui avait simplement envoyé valdinguer le pauvre garçon en-bas de la couchette.
- Foutre-Dieu mais oserai-je te demander à quoi tu joues ?!
Affaissé sur les genoux, Maytag avait paru réfléchir un instant ; puis il avait relevé les yeux et conclu :
- Tu sais quoi ? Moi j’ai aucune idée de comment ça s’appelle. Y a que toi qui peut répondre à cette question parce que tu trouverais sûrement un mot à coller là-dessus. Et encore, j’suis pas sûr que les croulants qui avaient fait ton dico de gamin aient pu y mettre quoi que ce soit en rapport, si on considère qu’ils ont jamais été enfermés avec toi.
Theodore l’avait fixé sans dire un mot, et sans rien laisser suinter de sa pensée à cet instant, si ce n’était, sans doute, la défense tous azimuts de sa paranoïa légère. Maytag avait eu la décence de faire un peu le malin pour formuler ni plus ni moins que l’illusion commune de la romance particulière, mais restait que seul T-bag détenait le droit de transgresser les limites au sein de celle-ci.
- Garde-moi.
Maytag avait arrêté de faire le malin, se contentant de la sujétion dans son attitude, sa voix et ses yeux. Mais cette sujétion lui avait été obscène, parce que dictée par un intérêt non-pas défensif, comme à l’accoutumée, mais offensif, ce qui n’avait absolument pas lieu d’être. Aussi T-bag l’avait-il définitivement remis à sa place d’un coup de pied dans la mâchoire, court mais sec, de quoi réassigner au sol crasseux de la cellule l’esclave qu’il devait être.
- Va te faire foutre, Maytag.
Il avait lâché cela calmement, en indiquant qu’il s’adressait au garçon par son titre. Il savait que Jason distinguait parfaitement à quels moments « Maytag » était dans sa bouche un nom propre, et à quels moments il renvoyait au nom commun. « Maytag » comme équivalent moderne et carcéral de « Giton », pouvait selon une infime différence d’intonation le baptiser comme fils, ou le reléguer au statut conventionnel de petit mordeur d’oreiller. Theodore avait rajusté son couvre-chef. Après quelques instants, le jeune détenu s’était redressé péniblement, la main pressée contre sa mâchoire. Maytag en supportait bien plus que tous les autres, mais l’idée qui le hérissait désormais, et peut-être de fait à juste titre, c’était d’être considéré comme commun. Orgueil type de l’enfant unique, songeait Bagwell en connaissance de cause. Les jeunes mâles, avec le fond de machisme aigu ou sourd que la société leur inculquait depuis l’interdit des larmes et de la succion du pouce, se sentaient d’ordinaire principalement dégradés par le retour à l’appartenance séminale, dont le baptême se faisait par le nom et par le sperme. C’était ce qui leur donnait un intérêt supérieur – les filles étaient élevées pour appartenir, il n’y aurait rien eu de bien passionnant à les subordonner. Mais Maytag, lui… C’était en lui retirant le propre qu’il le salissait justement. Le garçonnet l’avait fusillé du regard au bas de la couchette. C’était à croire qu’il n’avait pas appris à être un peu dérouillé et bafoué depuis le temps ! Mais au fond, la seule chose venant de lui que son jouet n’avalait pas était le fait même d’être remplaçable.
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MessageSujet: Re: "Entre"   Mer 2 Jan - 14:51

Désolée d'avoir autant de retard, mais mon pc fait des siennes ! ><

Une fois de plus, ton talent m'impressionne, tu as tellement bien décrit cette scène que Maytag m'a attendrie !
Et T-bag, tu le maitrise comme d'habitude avec une justesse étonnante et tellement agréable à lire...
C'est fluide, superbe, bref, je suis fan de ces deux parties, Maytag est extraordinaire, tout simplement, adorable, intelligent, touchant, voila ! ^^

Une fois de plus, un grand bravo, et j'espère que tu posteras la suite, je serais au rendez vous ! Wink
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MessageSujet: Re: "Entre"   Jeu 31 Jan - 17:57

Merci Baka_Zaza! Je suis vraiment contente d'avoir réussi à te rendre Maytag sympathique! :) C'est vrai que le moins qu'on puisse dire, c'est que la série ne l'exploite pas beaucoup, il sert vraiment de prétexte, le pauv' tit bout... Donc voilà, je pensais qu'il méritait un petit développement, donc je développe, et tant mieux si ça te plait: je continue dans cette suite. :)

Attention, âmes prudes cachez-vous les yeux, il s'y passe des trucs pas très très catholiques. Pour les autres, je continue donc le flash-back entre T-bag et Maytag. Il y aura une troisième partie dessus, car cette scène, même si c'est un "souvenir", a quand même un certain rôle à jouer. Promis, je ne traînerai pas, d'ailleurs la suite est déjà entamée: je la mettrai mercredi prochain. Ensuite, on retournera à notre chasse au Tweener et compagnie.

Allez, amusons-nous un peu! Wink




Les jeunes mâles, avec le fond de machisme aigu ou sourd que la société leur inculquait depuis l’interdit des larmes et de la succion du pouce, se sentaient d’ordinaire principalement dégradés par le retour à l’appartenance séminale, dont le baptême se faisait par le nom et par le sperme. C’était ce qui leur donnait un intérêt supérieur – les filles étaient élevées pour appartenir, il n’y aurait rien eu de bien passionnant à les subordonner. Mais Maytag, lui… C’était en lui retirant le propre qu’il le salissait justement. Le garçonnet l’avait fusillé du regard au bas de la couchette. C’était à croire qu’il n’avait pas appris à être un peu dérouillé et bafoué depuis le temps ! Mais au fond, la seule chose venant de lui que son jouet n’avalait pas était le fait même d’être remplaçable.
- Bon alors taille-moi une pipe, avait-il lancé tout de go.
T-bag avait simplement fait retomber sur lui un regard désabusé qui signifiait clairement « Tu te fous de moi, petit ? ». Maytag avait insisté sur un ton capricieux :
- T’as promis !
- Et qu’est-ce qu’il en est advenu de ta dignité de pucelle ?
Il avait haussé les épaules.
- J’ai changé d’avis.

Levant les yeux au ciel, Bagwell s’était tiré du lit, et avait saisi brusquement son mignon par les aisselles pour le relever jusqu’à la couchette supérieure, où il l’avait installé lourdement. Là, il l’avait considéré avec son petit air sardonique habituel, les bras croisés sur ses cuisses.
- Laisse-moi deviner : c’est la lame qui t’a chauffé ? Ou bien ça t’a vexé que je n’aie pas eu envie de te voir fourrer ta langue au fond de ma bouche, et pour me signifier ta mauvaise humeur, tu veux envoyer ton berlingot sauver l’honneur ?
- T’embête pas à aller chercher les motivations si loin, va, avait-il rétorqué sur un ton qui se voulait arrogant, mais qui cachait mal la rancœur.
- Tu parles ! Un vrai petit Pinocchio… avait raillé T-bag en lui enlevant son pantalon, découvrant ainsi ce qui pointait le bout de son nez sous le tissu blanc du caleçon.
Maytag n’avait pas répondu. Plus il aurait tenté de justifier le fait d’être revenu sur sa position, plus son maître en aurait usé contre lui. Ils s’étaient trouvés tous deux sur la défensive dans ce cas de figure, mais il était de toute façon difficile de clouer le bec à T-bag lorsque son orgueil était un tant soit peu menacé. Son protégé avait pris appui sur ses mains pour lui permettre de retirer le sous-vêtement, puis le chef de l’Alliance avait écarté ses genoux.
- Après ça, tu cesses de m’importuner avec des doléances aussi ineptes que celle que tu viens de proférer, garçonnet, on est bien d’accord ?
Le jeunot avait hoché rapidement la tête. Du bout des doigts, T-bag avait caressé d’un geste absent l’intérieur d’une cuisse, continuant de le fixer gravement, comme pour le prévenir qu’il avait intérêt à tenir sa parole lui aussi. Il avait senti Maytag frissonner et, alors qu’il enlevait sa casquette et s’apprêtait à se concentrer sur sa tâche, le gosse s’était exclamé :
- Attends !
- … Quoi ? avait-t-il demandé sur un ton particulièrement cassant.
- File-moi une clope.
Bagwell l’avait lâché pour aller fouiller sous son matelas, d’où il avait tiré un briquet et une cigarette qu’il lui avait planté entre les lèvres.
- A tes risques et périls, il paraît que le tabac fait débander.
- Eh ben tu vas devoir compenser, avait répondu Maytag entre ses dents, tandis qu’il approchait précautionneusement la flammèche.
T-bag avait dû reconnaître que c’était plutôt joli, la peau d’un jeune garçon éclairée un instant au chuintement d’un briquet, au milieu de la pénombre grise d’une cellule, où la faible lumière électrique de l’aile A ne filtrait qu’à travers le drap. Une fois la cigarette allumée, le jeune détenu l’avait prise entre le pouce et l’index, et avait balancé le briquet sur son matelas. Dans le même temps, il avait saisi son oreiller et l’avait installé pour pouvoir s’appuyer confortablement contre le mur.
- Mademoiselle est satisfaite ? s’était enquis T-bag, caustique – est-ce qu’il faisait tant de façons avant de se faire faire une gâterie ?
- A toi de jouer, pour ça.
Après un bref sourire amusé, le sociopathe avait retourné sa langue dans sa bouche pour faire glisser l’éternelle lame de rasoir entre ses lèvres ; approchant le dos de sa main gauche, il l’avait coincée entre le majeur et l’annulaire, et de l’autre s’était saisi du jeune pénis pour s’atteler à la besogne.

Il avait perçu les soubresauts immédiats dans le souffle de Maytag, calmés par une bouffée tirée sur la clope. T-bag songeait à cet instant que, paradoxalement, ce n’était pas lui qui s’abaissait le plus dans ce petit jeu. Il s’amusait à tenir une promesse qui ne faisait qu’asseoir un peu plus définitivement la dépendance du môme à son bon plaisir. Non seulement il accordait, ce qui sous-entendait son pouvoir d’interdiction, mais encore Jason accueillait, il ne pouvait s’empêcher de profiter de la brèche et il en redemandait derrière ses petits gémissements étouffés par un poignet. Et Maytag, lui, savait qu’en cédant il se résignait à sa place. Son honorable tentative pour gronder face à la main qui le nourrissait avait été héroïque, mais trop dure à maintenir. La chienne à qui on refuse une place à table se contente des caresses, c’est bien connu. C’était du moins dans cette perspective que le leader blanc voulait bien se souvenir de cette escapade sollicitée entre les cuisses du garçon. Il se rappelait de ses petits doigts hésitants se posant prudemment sur la touffe de cheveux de son front, n’osant presque ni bouger ni saisir. Jason avait rapidement compris que tripoter les mèches brunes qui bouffaient sur le crâne de T-bag faisait grimper en flèche ses chances de se prendre son poing dans la gueule. Mais il avait profité de l’occasion pour jouir de ce contact que Theodore trouvait trop audacieux et trop sirupeux pour s’en laisser être l’objet. Il se complaisait volontiers à être touché, c’était même là un élément assez fondamental de la dynamique de groupe qui régissait l’Alliance. Le contact permettait de se reconnaître, de sentir qu’on appartenait à une famille ; décliné en de vastes ramifications, il précisait une place ; venant de T-bag, il rassurait les membres de la meute, et adressé à lui, il était une marque de confiance et d'agrément. Mais il y avait derrière tout cela une certaine codification sous-jacente, qui spécifiait par exemple que personne ne le touchait à la tête. Lui pouvait très bien s’autoriser une caresse sur la joue, parce qu’il était la main paterne du clan, qui dirigeait avec une sûreté condescendante, mais qui se voulait également bienveillante. Pour les autres, en revanche, il était de mise de respecter le chef, au second comme au tout premier sens du terme : on ne fricote pas avec la tête du groupe. Encore une convention qui aurait dû apparaître comme évidente à Maytag, mais qu’il avait fallu prendre la peine de lui faire comprendre sans tarder lorsqu’il était entré dans sa période touche-à-tout. Ce gosse était incorrigible…
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MessageSujet: Re: "Entre"   Jeu 31 Jan - 17:57

Bagwell avait senti ses hanches se soulever légèrement à la rencontre des tours et des détours de sa langue qui se précisaient ; il avait glissé la main sous une petite fesse tendre pour en apprécier la fermeté, et s’était retenu de faire jouer entre ses doigts la lame de rasoir pour ajouter un peu de piquant à ses gestes. Maytag n’avait rien contre un peu de violence dans les jeux érotiques – T-bag s’était efforcé de lui donner de bonnes habitudes – mais prendre trop d’initiatives aurait sapé l’intérêt de ce divertissement. Bagwell devait laisser son instrument donner le ton, car il ne s’agissait ici que de clémence qui, tout en autorisant son jouet à se retirer autrement que dans l’humilité d’un petit être renié, lui frottait le nez dans ses faiblesses. C’était ce que T-bag avait gardé en tête en écoutant les manœuvres scabreuses de sa gorge se répercuter dans celle de son favori, dont les expirations devenaient tout à fait audibles. Il aimait les sons que ce petit être émettait dans son lit. Il avait aimé ses pleurs bruyants de bébé, les frissons apeurés de sa respiration et la perdition de son premier orgasme. Il aimait les légers soupirs tranquilles qui précédaient son sommeil, ses cris de détresse quand il était puni pour une insolence quelconque, et les obscénités qu’il échappait parfois sous lui pour le prier de corser son propos… Un an passé à partager le même espace clos lui avait tout appris des sons de son codétenu, seuls à empêcher le silence d’envahir l’environnement quotidien de Theodore. Aussi le discret trémolo d’une inspiration lui avait-il mis la puce à l’oreille, au milieu de la douceur tiède de la chair du garçon et des bonnes effluves de tabac chaud. T-bag s’était retiré pour lever les yeux sur Maytag, léchant encore distraitement la verge dressée du bout de la langue. Le jeune homme était étendu dans l’indolence du plaisir, un bras ouvert jusqu’au bord de la couchette, son pouce faisant osciller brièvement la cigarette entre ses doigts pour faire tomber la cendre ; l’intérieur de la lèvre visiblement mordu, il laissait la fumée s’échapper par les narines, et derrière ce rideau de fumerolles des yeux tristes restaient entrouverts.
- Qu’est-ce qu’y a, gamin, c’est pas bon ? avait interrogé le pédophile, assez intrigué par cette réaction.
- Tu devrais travailler ton « réflexe de déglutition » comme tu disais si bien… avait simplement répondu le môme d’une voix fatiguée, sans le regarder.
- Pardonne-moi, je n’ai pas autant d’entraînement que cette habile petite bouche que tu as là, avait-il dit en lui pinçant affectueusement le coin des lèvres. Mais ce n’est peut-être pas la peine d’en être éploré au moins de larmoyer, tu ne crois pas, fillette ?
- Hé, va te faire, je larmoie pas ! avait rétorqué Maytag en lui lançant un regard noir.
- Ts ! Allons, allons, dis à Papa ce qui te tracasse… avait persiflé T-bag avec un sourire complaisant, fidèle à son infamie notoire.
Son mignon lui avait souri en retour, sarcastique, et s’était redressé pour être assis face à lui.
- D’accord : je veux que tu me laisses t’embrasser, maintenant.
T-bag s’était un peu déconfit. Un spasme ennuyé avait retroussé ses babines sur un claquement de lèvres réticent, et il avait répondu :
- Les baisers sont pour les judas, bonhomme, tu le sais bien, c’est même écrit dans la Bible.
- T-bag, avait soupiré Maytag en posant par provocation sur sa joue la main qui tenait encore la cigarette. La rombière qui t’a balancé craignait pour la vie de sa progéniture : tu ne peux pas réellement lui en vouloir pour ça.
Theodore avait repoussé la main d’un air exaspéré.
- Moi je te trahirai jamais, avait déclaré Maytag sur ce ton docte qu’ont les enfants.
- Je sais… T’es un bon gamin, avait soupiré son maître en serrant brièvement sa cuisse comme on serre une épaule.
- Alors embrasse-moi, avait-il conclu avec au fond des yeux ce que T-bag reconnaissait comme le plaisir pervers de l’emmerder.
- Maytag, c’est toujours la même rengaine avec toi : on entre un doigt et tu voudrais qu’on entre tout le bras. Tu devrais déjà être content des… attentions que je te prodigue, tu sais !
- Ouais, enfin c’est pas non-plus comme si c’était la première fois que tu me taillais une pipe… avait glissé le petit salaud en s’appuyant sur ses mains, posées en retrait sur le matelas.
D’abord muet, Bagwell avait froncé les sourcils et esquissé un sourire bluffé face à un tel culot.
- Je croyais t’avoir dit de ne plus faire mention de cette pitrerie-là, mon garçon. Il faisait froid, tu étais joliment sanglé à ce paddock comme un poulain de course et ce stupide tatouage m’a fait déraper, avait-il résumé en enfonçant un doigt accusateur dans le wolfangel qui le narguait près de l’aine de son jouet. Pas de quoi fouetter un chat !
Maytag l’avait considéré, avait tiré une bouffée entre le pouce et l’index, et avait cligné de grands yeux bleus.
- Et la deuxième fois ?
- Chaton, si tu continues à faire le malin, c’est mon pied au cul que tu vas prendre. Tu es là pour me divertir lors des longues soirées d’hiver que je passe enfermé entre ces quatre murs et je n’ai pas de compte à te rendre. Si j’ai envie d’un petit bout de ceci, avait-il dit en tapotant du doigt le sexe mignon toujours au garde-à-vous sous son nez, ça me regarde. Et si je n’ai pas envie de te pourlécher la pomme, c’est que les poupées gonflables ne sont pas faites pour être bizouillées et câlinées.
Il avait accompagné cette dernière affirmation d’un regard appuyé à l’endroit de Maytag, jubilant d’avance à l’idée de voir se froisser son petit cœur au fond de ses prunelles boudeuses de bambin en perpétuelle quête d’affection. Mais celles-ci s’étaient levées au plafond tandis qu’il répondait doucement :
- Peut-être, mais les teddy-bears si.
Le sourire sardonique de T-bag s’était fané aussitôt.
- C’était quoi, ça ?

Comme Maytag ne répondait pas, il avait remis la lame de rasoir dans sa bouche et s’était hissé lestement sur la couchette supérieure, ses genoux emprisonnant les cuisses nues, penché tout près sur le visage de son petit esclave. Il avait perdu toute complaisance lorsqu’il lui avait arraché le mégot encore fumant pour le jeter d’un geste furibond dans la cuvette des toilettes juste en-bas, et qu’il avait calmement exigé :
- Répète ce que tu as dit.
Pour toute réponse, il avait senti qu’on saisissait fermement le devant de son tee-shirt, et la langue de Maytag entre ses lèvres piégées par la surprise. Tiré en avant, il avait dû prendre précipitamment appui sur une main pour ne pas se vautrer lamentablement dans ses bras ; l’autre avait claqué sur le poignet de son protégé lorsque ses doigts s’étaient refermés autour, mais sa position instable ne lui avait pas permis de se débattre assez efficacement pour sauver la chasteté de cet organe qu’il avait d’ordinaire trop bien pendu. Tweener aurait probablement résumé la situation en disant qu’il s’était fait rouler le patin d’une vie de quarante piges – caractérisée par une grande parcimonie amoureuse mais tout de même… venant d’un mioche de vingt deux ans, la chose était plutôt vexante.

Son mignon s’était rapidement retiré et lui avait souri derrière la lame de rasoir qu’il tenait à présent entre ses lèvres. Il l’avait prise entre ses doigts et avait haussé les épaules :
- Un petit fantasme stupide que j’avais…
T-bag s’était efforcé de garder contenance malgré le traumatisme qu’il venait de subir.
- Pour être stupide, c’était vraiment stupide, petit.
- Tu vas me donner une fessée ? avait demandé Maytag, le regard en-dessous, avec son irrésistible petite moue de garnement.
- Oh, je vais te faire bien pire que ça, avait-il répondu sur le ton de la conversation. Mais rends-moi ceci, d’abord.
Il avait tendu la main pour récupérer sa lame, mais Maytag l’avait éloignée.
- Est-ce que je peux te faire une cicatrice ?
- Je te demande pardon ?
- Est-ce que je peux te faire une cicatrice ? Juste pour que tu te rappelles de moi, quoi…
- Aww, comme c’est romantique ! s’était exclamé le meneur blanc en penchant la tête sur le côté pour considérer son protégé d’un air amusé.
- Y a pas de quoi rire alors que tu me l’as déjà fait plusieurs fois pour « marquer ta propriété »…
- Tu veux me faire la jumelle de celle-ci ? avait-il demandé en touchant la couture presque effacée au coin du sourcil droit de son giton. C’est hors de question, fiston.
- Pas forcément la même, où tu veux. Tu sais, de toute façon, ça fait pas sérieux pour un chef de gang d’être aussi intact.
- C’est parce que je ne laisse à personne le temps de me planter, fillette, retiens bien ça. Du reste, je suis assez dubitatif quant au fait que me faire tailler une boutonnière par mon joujou préféré apporte beaucoup à ma crédibilité… Mais bon, puisqu’il faut céder à tous les caprices de l’enfant-roi, apparemment…
Il avait saisi le poignet de Maytag pour le conduire à l’arrière de son flanc, sous son tee-shirt.
- Tu entailles ici. Ca va beaucoup saigner mais tu ne risques pas de me mettre les tripes à l’air avec cette lame : elle est surtout bonne à égorger les chatons.
- D’accord. … T’es prêt ?
- T-t-t, tu vas attendre que j’aie pris un petit quelque chose pour faire passer la pilule.
- Eh ben, quel homme ! Je croyais que tu voulais pas te droguer en ma présence.
T-bag l’avait dévisagé, tout en déboutonnant son pantalon.
- Ce n’était pas mon intention.
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MessageSujet: Re: "Entre"   Jeu 31 Jan - 19:49

Whoa c'est super tout sa ! Wink
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