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 Ne réponds pas à ton père, et autres vignettes honteuses

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Cerisette
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MessageSujet: Ne réponds pas à ton père, et autres vignettes honteuses   Lun 28 Juil - 15:35

Voici ma petite contribution personnelle à la mode des slashs incluant des moutards pour donner de la consistance au couple dont on ne sait plus quoi faire d'autre. (Vous l'aurez compris, je regarde la chose d'un oeil un peu goguenard, mais sans cruauté.) Ce... délire complet m'est venu en faisant la cuisine.

Il prend place quelques années après l'évasion, et si les scénaristes peuvent recoller la tête de Sara avec du scotch, je peux bien inventer un gilet pare-balles qui aura sauvé la peau de notre cher John Abruzzi...


Ne réponds pas à ton père

21/06/08

« A TAAABLE ! » tonna la voix de John à travers la maison.
Aussitôt, une joyeuse cavalcade se mit en branle à travers les couloirs et deux petites têtes-brunes déboulèrent dans la cuisine.
- Papa, Dino y veut pas m’rendre mon pistolet d’cowboy ! geignit le premier bambin.
- Qu’est-ce que je t’ai déjà dit sur l’importance de ne jamais laisser son arme accessible, mon p’tit gars ? répondit Abruzzi en posant une casserole de spaghetti sur la table.
- Oui mais y m’la piquée pendant qu’j’allais faire pipi !
- Un bon malfrat ne se sépare jamais de son arme.
- Mais c’est d’la triche ça joue p’us quand on va au p’tit coin !
- Ne réponds pas à ton père, trancha Theodore en arrivant dans la cuisine, assortissant sa directive d’une calotte machinale sur la tête du gamin.
Il était suivi d’un troisième garnement et tous deux avaient les mains maculées de rouge.
- D’où vous venez, comme ça ? lança Abruzzi avec une mimique agacée.
Bagwell jeta un coup d’œil à ses paumes puis répondit d’un ton dégagé :
- Oh, rien, je montrais à Jimmy Junior comment ouvrir un chat.
- Theodore, tu n’as pas encore occis le matou de l’étudiante d’en face ? Ca va faire le quatrième cette année… soupira-t-il avec résignation. Elle va finir par flairer quelque chose et attends-toi à ce qu’elle ne soit pas ravie-ravie quand elle découvrira qu’égorger les chats est l’un de tes nombreux passe-temps cruels et infantiles. Il ne faut jamais énerver une femme, ce sont des créatures instables et c’est pour ça que, Dieu nous garde, on n’en a pas à la maison.
Il se signa tout en remuant sa bolognaise bien chaude.
- Ouais, si tu veux mon avis celle-ci a surtout besoin d’un bon coup d’b…
T-bag fut interrompu par l’arrivée inopinée d’une planche à découper en travers de sa figure.
- Ouch ! s’exclama-t-il volontairement avec un air presque choqué.
- Pas de mots grossiers devant les enfants. On est pas chez les ploucs d’Alabama, ici, grogna le parrain avec une certaine hargne.
- John, tu me blesses… Allez, les mômes, on va se laver les pognes. Toi aussi, Gugul, précisa-t-il en tirant affectueusement sur les courtes boucles du pauvre petit qui boudait toujours à propos de son revolver volé.
- Mais je viens d’me les laver, j’revenais du petit coin !
- Ne réponds pas à ton père, répliqua Abruzzi en posant sa sauce sur la table.
Le moutard se mit alors à pleurnicher capricieusement sur l’injustice, l’immoralité et l’incohérence du monde.
- Tu vois, je t’avais dit qu’çui-là n’était pas de moi… lança T-bag en s’approchant de l’évier, saisissant au passage l’une des fesses du mafioso à travers son pantalon.
En un tournemain, il se retrouva cogné avec la dernière violence contre le placard à couverts, le visage mauvais de John à quelques millimètres du sien.
- Primo, Theodore, je t’ai déjà dit « pas devant les bambini » ! Et secundo, il serait en effet étonnant que la moindre oncette d’honneur ressorte de tes gênes bousillés par la consanguinité, mais ta fâcheuse tendance à décliner la paternité de ce gosse chaque fois qu’il se comporte comme un minable commence à me courir sérieusement.

Bagwell et Abruzzi s’étaient en effet mis d’accord pour laisser jouer le hasard lors de la dernière insémination artificielle illégale qu’ils avaient fait pratiquer pour leur compte. Cette décision découlait évidemment d’un unanime refus catégorique de céder l’honneur à l’autre, mais elle engendrait tout de même quelques prises de bec à l’occasion. Le prénom avait tout d’abord fait l’objet de nombreuses querelles et projections d’objets divers à travers la baraque. John, toujours fier de ses origines, voulait un héros de la mythologie gréco-romaine, afin de donner une trempe noble et puissante au petit dernier.
- Pourquoi pas Jason ? avait suggéré innocemment Theodore.
- Non, avait répondu le mafieux sans même prendre la peine de s’énerver. Il est hors de question que je donne le nom de l’un de tes anciens greluchons à mon fils, n’y pense même pas.
- Qui te dit que ce sera ton lardon ? Et puis Jason est un héros gréco-romain : c’est lui qui a mis la main sur la toison d’or, pour ta chétive culture personnelle.
- Tu parles, je vois l’genre de toison.
- Tu es abject, John, avait maugréé T-bag en se renfrognant.
- Je veux que ce garçon porte le nom d’un homme un vrai, pas d’une petite tafiole avec sa peau de mouton. Qu’est-ce que tu dirais de quelque chose comme Achille ou Hercule ?
- Je jure devant Dieu que si tu donnes un nom de corniaud à cet enfant, tu ne me baiseras plus pendant deux mois, avait raillé l’Alabamien, boudeur.
Après moult arguments rhétoriques, de nombreux affronts personnels, beaucoup de chantage pendant le sexe et quelques menaces à l’arme blanche, en désespoir de cause, on l’avait baptisé Caligula, le diminutif réducteur et dérisoire de Gugul étant bientôt adopté par T-bag. Cet empereur romain adepte de l’éloquence et de toutes les débauches cristallisait finalement assez bien les âmes de nos deux larrons, et préservait le bénéfice du doute.

Bagwell tortilla un peu des épaules pour tenter de se libérer de sa position inconfortable.
- Ca va, John, ça va… Je suppose qu’on saura jamais d’où vient ce petit bout.
Il tenta d’attendrir le parrain avec un sourire innocent et ce dernier l’envoya bouler sur le côté avec un grognement contrarié.
- Tout le monde à table avant que je sorte mon Beretta, ordonna-t-il d’un ton ferme.
Chacun s’activa pour lui obéir et T-bag se dévoua pour nourrir la nichée.
- Papa t’as mis plus de pâtes à Dino ! râla Jimmy, la mine acrimonieuse sous ses cheveux châtain hirsutes.
- C’est parce que Dino est l’aîné, mon biquet, il a le droit d’en avoir plus que les autres, répondit Theodore sur un ton anodin.
- C’est vraiment des conneries… grommela le bambin avant de se prendre une calotte attendue de la part d’Abruzzi.
- Si tu penses que ça te revient essaie donc de les lui prendre… glissa le sociopathe du coin des lèvres, l’air de ne pas y toucher.
Le conseil ne tomba pas dans l’oreille d’un sourd et James plongea férocement sa fourchette dans l’assiette voisine, défendue par un Dino qui avait anticipé l’attaque. Les moutards ne tardèrent pas à croiser le fer avec leurs ustensiles et à éprouver leurs forces et leurs dextérités avec une sauvagerie qui faisait plaisir à voir. Même John, d’humeur un peu irritée, en retrouva le sourire.
- Ces p’tits gars vont devenir de vrais caïds, prédit-il en croisant les bras sur sa poitrine avec un petit air fiérot.
- Et tu verras, ce sera encore plus divertissant quand on leur retirera les couverts à bouts ronds… ajouta T-bag en couvant la lutte d’un regard attentif et appréciateur.
- Teddy… enfoiré d’malade, lança tendrement Abruzzi en lui servant un verre d’Asti.
Bagwell tourna vers lui un regard dangereux et enjôleur, levant son verre :
- A la Beauté, à notre coup bas au monde… et à la relève ?
- Salute, conclut le parrain en faisant tinter son verre contre le sien.
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S.bagwell
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MessageSujet: Re: Ne réponds pas à ton père, et autres vignettes honteuses   Lun 28 Juil - 17:29

merçi cerisette pour ce fanfiction !!
C'est très amusant à lire !!
Bravo pour l'histoire !!
Parcontre ça me fait bizarre de voir Abruzzi et T.Bag ensemble comme un couple !!
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MessageSujet: Re: Ne réponds pas à ton père, et autres vignettes honteuses   Lun 28 Juil - 17:42

Merci cerisette c'était très agréablee a lire :)
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Cerisette
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MessageSujet: Re: Ne réponds pas à ton père, et autres vignettes honteuses   Lun 28 Juil - 18:13

Merci les gentes :).

Citation :
Parcontre ça me fait bizarre de voir Abruzzi et T.Bag ensemble comme un couple !!
Comment? Tu ne trouves pas qu'ils font très vieux couple à plusieurs moments dans la saison 1? ^_________^ Toujours à se chercher des noises, à jouer à celui qui a la plus longue, à se tomber dans les bras en pleurant, à se chicaner à propos de leurs méthodes respectives, à se violer mutuellement du regard à travers les barreaux de leurs cellules (franchement, vous me direz pas: les yeux lubriques de T-bag le soir de l'évasion, quand il soutient le regard d'Abruzzi en tortillant sa langue entre ses lèvres... smily8)

Enfin... Froggy met tout cela en lumière beaucoup mieux que moi. Lis-tu l'anglais, ma chère? Auquel cas je te conseille très vivement "Striptease" de Froggy. C'est une saga absolument délirante dans laquelle les évadés, planqués au Mexique, attendent que l'effervescence se tasse dans leur pays pour aller récupérer l'argent de Westmorland. Ils se retrouvent bientôt à court d'argent et, dans l'impossibilité de postuler pour un emploi stable vu leur statut de hors-la-loi, ils en sont réduits à aller se produire comme stripteasers dans un rade mexicain. C'est merveilleusement hilarant! Et dedans Froggy développe justement toute la tension animale irrésolue entre le mafioso et le psychopathe, et tout cela apparaît finalement très pertinent. Very Happy

Alors si vous voulez voir ce que donne Teddy tombant le fute devant tout le monde en susurrant de mystérieuses ignominies à Abruzzi, ou encore contemplant Michael ondulant contre un poteau entièrement vêtu d'un uniforme d'écolier sur une musique des Pink Floyd, c'est par ici:

http://www.freewebs.com/therealfroggy/striptease.html


Dernière édition par Cerisette le Lun 28 Juil - 23:01, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Ne réponds pas à ton père, et autres vignettes honteuses   Lun 28 Juil - 22:04

Cerisette a écrit:
Comment? Tu ne trouves pas qu'ils font très vieux couple à plusieurs moments dans la saison 1?

Sisi je ne dis pas le contraire !! C'est juste que ça fait drôle de les voir ensemble c'est tout !!
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Cerisette
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MessageSujet: Re: Ne réponds pas à ton père, et autres vignettes honteuses   Lun 28 Juil - 23:00

Je conçois. ^^
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Willow
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MessageSujet: Re: Ne réponds pas à ton père, et autres vignettes honteuses   Mar 29 Juil - 11:58

Géniale la fanfic ! Merci ^^
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Shalimar
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MessageSujet: Re: Ne réponds pas à ton père, et autres vignettes honteuses   Mer 30 Juil - 1:46

Super cet fic, beaucoup d'humour!
C'est vrai que T-Bag et Abruzzi me faisait penser aussi à un couple: je t'aime, je t'aime plus, je t'aime...( Les feux de l'Amour)
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Cerisette
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MessageSujet: Re: Ne réponds pas à ton père, et autres vignettes honteuses   Lun 25 Aoû - 14:47

Merci à vous, Willow et Shalimar. :)

En voilà une autre. ^^

Au parc

14/07//08

Toute la petite famille avait profité d’un beau samedi après-midi ensoleillé pour aller prendre un peu de bon temps au parc. Caligula, son petit derrière posé dans le bac à sable, raclait tranquillement le sol à l’aide d’un râteau fuchsia, afin de rassembler les déjections canines qu’il débusquait en un petit tas bien propret. Jimmy junior, accroupi à l’écart de l’aire de jeu, faisait flamber une colonie de fourmis à l’aide d’allumettes qu’il avait obtenues Dieu sait comment. Dino, posté au sommet du toboggan, briefait une bande de quatre ou cinq filous sur l’importance de détester les filles et de protéger les plus faibles contre rémunération en confiseries. Les heureux papas étaient assis sur un banc non loin de là, appréciant un peu d’oisiveté bien méritée après une dure semaine de labeur. John, presque intégralement caché par les pages du journal déployées devant lui, s’entretenait des nouvelles du pays. Theodore, lascivement vautré, les bras passés derrière le dossier, la casquette savamment inclinée sur le côté, suivait du regard les jeunes parents et leurs progénitures se promenant sur le petit chemin goudronné. Le mafieux leva les yeux en l’entendant émettre un petit son de volupté retenue, pour voir passer une jeune femme tenant la main de sa petite fille qu’elle avait habillée en tous points comme elle.
- Je me ferais bien volontiers le lot d’une traite, déclara le pédophile en regardant s’éloigner les deux jolies jupes à volants bleues et blanches identiques.
Abruzzi secoua la tête en défroissant à nouveau son journal pour reprendre sa lecture. Après quelques instants, il rapporta à haute voix :
- « Fait divers : deux prostituées assassinées dans le quartier Saint-Andrew. Les victimes ont été retrouvées étouffées dans un squat connu des services de police. »
- Amateur… commenta Bagwell avec un dédain affiché.
- Y a plus d’respect, grogna le parrain. Du temps où j’étais dans les affaires, on ne descendait pas les filles comme des chiens. C’est un gagne-pain comme un autre et on en a besoin !
- Je t’en prie ! Comme si tu ne trempais plus dans « les affaires », John…
- On en a déjà parlé. Je suis rangé, maintenant. Je sais bien que faire partie d’un réseau risquerait de ramener les fédéraux jusqu’à nous.
- Courtier en assurances ? Laisse-moi rire…
- C’est un métier très comme il faut, et un emploi vraiment stable, affirma Abruzzi d’un ton docte.
- Sans compter que tu as l’expérience et l’entregent dans ce domaine.
La parrain se contenta d’un léger grondement irrité.
- Oh tu fais comme tu le sens, reprit T-bag, mais sache que si les flics fourrent leurs nez là où il ne fallait pas et cherchent à toucher à un seul cheveu de mes garçons, je les plombe moi-même, bien que ce ne soit pas mon style, et tu auras droit à quelques balles dans le genou en sus.
- En parlant des condés, remarqua le mafioso sans sourciller, voilà encore de beaux jean-foutre. Ils connaissaient le coin où ces pauvres filles se sont fait refroidir. Jésus-Christ ils connaissaient probablement les petits enfoirés de dealers qui ont fait ça ! Les argousins ne sont vraiment bons qu’à contrarier le commerce des honnêtes gens !

A cet instant, une dame d’allure plutôt moderne, une queue de cheval à l’arrière de la tête, des sacs en plastique dans les mains et un garçonnet d’une dizaine d’année sur les talons, se retourna pour lancer à Theodore :
- Vous devriez avoir honte de venir ici pour lorgner les fesses des jeunes mamans ! Pervers !
- Oh je suis confus, Madame, vous vous méprenez : ce n’étaient pas les vôtres que je lorgnais.
Abruzzi donna un violent coup de coude dans les côtes du fat personnage, qui se plia en deux.
- C’est rien, il cherche juste à attirer votre attention… précisa le mafioso avec un sourire dégagé à l’adresse de la mère.
Cette dernière dressa le nez et tourna les talons, sur lesquels se trouvait toujours son garçonnet. Abruzzi quitta son expression dédramatisante et se pencha sur T-bag, un avant-bras appuyé sur le dossier du banc.
- Tu veux qu’elle appelle les condés ? T’es pas malade ?
- Allons, John, c’est le week-end ! J’ai bien le droit de m’amuser un peu…
- Tu sais qu’il n’y a que les bovins qui sont assez diminués pour s’amuser en regardant simplement passer les trains toute la sainte journée ?
- Ouch, répondit le sociopathe en portant la main à son cœur, l’air faussement blessé.
- D’ailleurs, ce n’est pas comme si tu ne passais pas déjà toute la semaine à « t’amuser »…
- Qu’est-ce que ça veut dire, ça ?
- Ca veut dire que diriger un vaste lupanar de mode ne doit pas être une tâche trop éprouvante pour quelqu’un comme toi.
- Ce n’est pas un lupanar, Johnny-boy, c’est une boîte de vêtements masculins pour ados très cotée ! récita Theodore avec un certain orgueil.
- Un endroit où tu photographies des éphèbes de quinze ans se roulant langoureusement par terre dans des tenues débraillées et avec des cravates mal nouées, j’appelle ça un lupanar, décréta le parrain mafieux.
- Bien sûr que les cravates sont mal nouées, je ne fais pas du prêt-à-porter pour jeunes cadres dynamiques ! Il faut prouver aux gens que les vêtements sont là pour rendre aussi les garçons sexy, sans avoir besoin de verser dans le vulgaire pour autant, tu vois ? La suggestion, John, il n’y a que la suggestion qui vaille…
Abruzzi se gaussa.
- De qui tu te fous, Theodore ? Bientôt tu voudras me faire croire que tu apprécies tout ça pour l’esthétique de la chose.
Face à son sourire goguenard à pleines dents et sa moquerie ostensible, T-bag croisa les bras et détourna à nouveau le regard en direction de l’aire de jeu.
- Sache que c’est un travail très sérieux. Il y a un style Teddy-boy, même les gros-bonnets de la mode commencent à le reconnaître. C’est à force d’inspiration et d’abnégation que maintenant mes garçons se mettent à faire les grands défilés jet-setteux, et c’est un honneur pour eux !
- Si tu le dis… Moi tout c’que j’sais d’ « expérience », mon gars, c’est qu’à faire bosser des gosses dans ce commerce douteux, tu vas pas tarder à te retrouver avec la brigade des mineurs au cul. Et là on verra qui se prendra une balle dans les articulations…
- Ahn-ahn, Johnny-boy. Un homme comme toi, qui a passé sa vie à gagner sa croûte en détournant les lois… j’aurais pensé que tu la connaissais, celle-là : « Il existe des dérogations pour l'embauche des jeunes de moins de 16 ans dans les cas suivants : alinéa 5 : jeunes employés dans le secteur du spectacle, cinéma, radio et télévision, dans le secteur de la publicité ou de la mode pour des emplois de mannequin, sur autorisation individuelle d’un parent et avis favorable écrit du jeune d'au moins 13 ans. »
Il rit avec délice.
- J’adore ce job… « un avis favorable écrit du jeune », s’ils savaient ce que ces mômes sont prêts à faire pour accéder aux flashs et au podium… glissa T-bag sur un ton très légèrement salace, retournant rêveusement sa langue entre ses dents, avant de daigner à nouveau adresser au parrain une œillade provocatrice.
- J’admets… lâcha alors Abruzzi. Ta marque doit vraiment être classieuse pour que des minets de cet âge se tapent ta tronche de bouseux dégénéré.
Furibond, Bagwell s’approcha du visage de John, le défiant d’un air menaçant sous sa casquette inclinée, et siffla :
- Ce qui te met hors de toi c’est que je suis parti de rien et que j’ai fait mon trou en trois ans alors que ta famille de métèques a mis trois générations à s’implanter dans ce pays et à s’attirer le respect !
A ces mots, le mafioso le saisit brutalement par son tee-shirt.
- Tu viens d’insulter ma famille, là, j’ai pas rêvé ?
Le sociopathe se débattit et ils se harpaillèrent ainsi quelques instants avant qu’Abruzzi ne colle l’Alabamien sur le banc, l’écrasant de tout son poids, et le transperçant d’un regard absolument glacial. Il articula alors lentement :
- Si tu profères encore une seule injure à l’encontre de la famille Abruzzi… je te colle dans deux sacs poubelle avec quelques parpaings pour un aller simple au fond du fleuve, tu piges ?
T-bag, les bras immobilisés sur le bois du banc, se contenta d’un ronronnement d’excitation narquois.

L’italien s’apprêtait à reprendre sa semonce quand une voix féminine les interrompit :
- Excusez-moi.
Les deux tueurs tournèrent sur le côté des visages interrogateurs. Une grande nénette, la trentaine assumée, et apparemment enceinte de quelques mois, tenait le petit Caligula par la peau du cou.
- Auquel d’entre vous est ce gamin ?
Abruzzi et Bagwell se dévisagèrent un instant, un peu interdits, sans avoir la présence d’esprit de modifier leur position quelque peu baroque, puis le pédophile répondit sincèrement :
- Heum… On sait pas. On a fait un cock-tail avant l’insémination.
Le visage de la jeune mère se décomposa. Elle tenait toujours le bambin qui croisait les bras, l’air renfrogné, son petit râteau fushia apparemment ensanglanté toujours à la main.
- Cette petite peste a écorché mon enfant ! s’exclama-t-elle.
- Non, vraiment ? répondit T-bag, un sourire réjoui dans la voix.
- Il a shooté dans mon tas d’ecr… d’ex… d’essécréments ! s’insurgea le cher ange.
- On dit « excréments », bout d’chou, corrigea le sociopathe en repoussant tranquillement Abruzzi pour aller récupérer sa progéniture.
- Mais enfin, faites quelque chose ! reprit la mère, avec tout le poids que lui conférait son ventre imposant. Ce gniard est un danger public pour les autres enfants ! Si vous ne le calmez pas, je ferai une pétition pour qu’il soit exclus du square de ce quartier !
- Eh, n’injuriez pas ce p’tit, intervint le parrain mafieux. Si votre gamin perturbait ses affaires, c’était légitime qu’il se défende.
- Il empilait des crottes de chiens ! s’étrangla-t-elle. Mon fils venait l’en empêcher en lui expliquant que c’était sale, parce que personne d’autre ne s’en était chargé avant. C’est inadmissible. Votre gamin a des problèmes. Il faut que vous l’emmeniez voir d’urgence un pédopsychiatre !
- Aucun psy à la con ne gâtera la tête de cet enfant ! décréta le mafioso en se levant et en pointant Caligula du doigt.
Ce dernier, fort du soutien de ses papas, se remettait petit à petit de sa bouderie dans les bras de T-bag, qui écrasait sur sa tignasse légèrement bouclée une grande main appréciatrice en susurrant d’une voix attendrie que « Aww, on pourrait peut-être finalement faire quelque chose de lui ».
- Eh bien voilà le résultat d’une pareille éducation ! répliqua la maman lésée en désignant à quelques pas de là un petit gras-du-bide en baskets à scratch croisés, la larme à l’œil et le visage balafré de quatre plaies irrégulièrement ouvertes mais tout de même sanglantes.
- Jeez, on dirait que la ventripotence est de famille… commenta Bagwell en fronçant brièvement les sourcils.
- Vous devriez faire attention. Si vous ramenez ce petit monstre ici, il va finir par se faire des ennemis à force de se montrer aussi asocial. Vous voulez qu’il finisse persécuté par ses semblables et mal dans sa peau pour le restant de sa vie ?
Theodore, un peu blessé, rétorqua dignement :
- C’est de cette étoffe-là dont on fait les êtres capables de s’élever au-dessus de la masse, Mademoiselle.
- Madame, siffla-t-elle.
- Par ailleurs, ne vous en faites pas pour lui, son grand frère contrôle cette aire de jeu… l’informa le suprémaciste.
Il désigna du menton Dino qui plongeait sauvagement la tête d’un autre petit garçon dans le sable, un genou pressé sur son dos, quelques autres marmots en profitant pour faire les poches de l’intéressé avec une subreption aguerrie. La jeune dame se retourna avec un air bouleversé, d’autant plus outrée en voyant Abruzzi contempler béatement la scène.
- Si vous êtes inquiète, vous devriez lui demander de protéger votre lardon… suggéra nonchalamment T-bag. Il se paie en sucreries et en pains au lait ce qui, entre nous soit dit, aurait également l’avantage d’offrir au vôtre une petite diète indiquée. Vous voyez : tout le monde y gagne et vous faites d’une pierre deux coups.
- Espèce de sauvages ! glapit-elle en s’éloignant vivement, saisissant son patapouf amoché au passage. Vous aurez d’mes nouvelles !
- Vous savez quel est votre problème, vous les gonzesses avec vos histoires d’éducation non-violente à la mords-moi-l’nœud ? lui lança John d’une voix forte tandis qu’elle s’en allait. Vous croyez que ces p’tits peuvent grandir en harmonie, et à cause de vous on se retrouve avec une génération de tafioles pour prendre la relève de c’pays !
Sur ce, il entoura d’un bras les épaules de son partenaire de crime et grogna avec irritation :
- Viens, Theodore, on rentre.
- Déjà ? Je n’ai même pas eu le temps d’en tripoter un derrière la petite tour d’escalade !
Abruzzi se tourna simplement vers l’aire de jeu pour appeler :
- Les garçons, on y va ! Dino, demande à la maman de Gregory s’il peut venir dormir à la maison, ce soir.
L’aîné hocha une tête aux beaux cheveux aile de corbeau et acheva de remplir les poches de son pantalon avec sa part de butin.


Dernière édition par Cerisette le Mar 26 Aoû - 21:35, édité 1 fois
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Shalimar
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MessageSujet: Re: Ne réponds pas à ton père, et autres vignettes honteuses   Mar 26 Aoû - 1:49

Merci pour cette suite!
Super la petite ballade, je m'inquièterais aussi si je verrais des gosses pareils...quoique ceux en bas de chez moi sont pareils.
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S.bagwell
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MessageSujet: Re: Ne réponds pas à ton père, et autres vignettes honteuses   Lun 1 Sep - 23:39

Merçi pour la suite Cerisette !!
Ca m'a beaucoup plu !!
Mais comme dis Shalimar j'aurais aussi peur des gosses comme eux !!
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MessageSujet: Re: Ne réponds pas à ton père, et autres vignettes honteuses   Mar 2 Sep - 12:41

Très bien écrit, on imagine très bien la scène
Vivement la suite !
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MessageSujet: Re: Ne réponds pas à ton père, et autres vignettes honteuses   Lun 29 Sep - 21:06

Merci beaucoup à tout le monde pour vos petits commentaires enthousiastes! ^^

Alors, voilà une nouvelle vignette, qui sera très bientôt suivie d'une autre, qui sera en fait la suite directe. Hé oui, dans celle-ci, les bambini vous manqueront probablement. Mais il seront plus que jamais présents dans la deuxième partie. Wink

J'utilise le rap latino "Si Señor" de Control Machete, ainsi que le sur-merveilleusement-1er-degré "Fly with the eagle" de Michael Anthony.
Mes excuses d'avance... pour les deux. Laughing


La nouvelle voiture


Ce jour-là, Bagwell et Abruzzi étaient censés choisir la nouvelle voiture qu’ils projetaient d’acquérir en remplacement de la vieille Ford volée qu’ils se traînaient depuis près d’une décennie, et qui devenait un peu étroite pour la petite famille. John les avait emmené chez un concessionnaire de sa connaissance, un certain Tony Calieri, et Theodore n’avait évidemment pas retenu un commentaire sur le fait que ses accointances avaient au moins l’avantage de pouvoir leur faire des prix. Après quelques essais, le parrain semblait avoir jeté son dévolu sur un bel espace noir chromé.
- Tiens, jette un œil, tu vois toute la place que les petits auront, là-dedans ? Ca nous changera de devoir coincer le rehausseur de Caligula entre les épaules des deux autres.
T-bag examina l’intérieur avec une moue peu enthousiaste.
- Et ce n’est pas tout, ajouta Abruzzi en sortant du véhicule, regarde un peu ça !
Sur ce, il ouvrit sous le nez de Theodore un coffre hyper-spacieux en le considérant avec un sourire à pleines dents que le sociopathe aurait osé qualifier de vaguement niais.
- C’est sûr, c’est un assez beau coffre… commenta-t-il platement face à l’emballement presque enfantin du mafieux.
- Tu n’as pas l’air bien convaincu. Qu’est-ce qui ne va pas, encore ?
- C’est que… j’aimais bien le pick-up rouge, là-bas…
- Cette espèce de veau tape-à-l’œil ? Pourquoi diable ?
- Je sais pas, peut-être que ça me rappelle celui de mon père… en plus rouge et en moins vétuste.
- Ton père était un péquenaud qui devait affronter les chemins à peine carrossables de la cambrousse alabamienne, qu’est-ce que tu voudrais qu’on foute d’un machin pareil ?
- Embarquer de jeunes auto-stoppeurs à l’arrière et aller partouzer dans les champs ?
Abruzzi lança un grognement de mépris résigné.
- Sache que tout le monde ici n’est pas pédéraste. On prend celle-là, trancha le gangster.
- Mais il avait six vitesses ! lâcha alors très vite le pédophile.
- Et alors, « il avait six vitesses » ?! interrogea John, un peu agacé.
T-bag se remémora cette petite habitude puérile qu’il avait lorsqu’il conduisait la vieille Ford sur l’autoroute, seul ou avec les enfants. « Et la p’tite première ! » annonçait-il en redémarrant après le péage, se figurant joyeusement une jolie jeune jouvencelle gémissant sous ses jeux de couteau. « Et la p’tite seconde ! » poursuivait-il en passant la vitesse, et en diminuant encore un peu l’âge de l’écolière qu’il avait entre les mains. Il continuait ainsi de suite, de plus en plus extatique, empoignant sauvagement le passage de vitesse, et lorsqu’il atteignait enfin « la p’tite cinquième », il jubilait à la perspective de libérer enfin sa main du grand levier qui vibrait… enfin, si l’on peut dire. Cette euphorie ne pouvait cependant se départir totalement de la frustration de ne pouvoir achever toutes les classes de collège, jusqu’aux gamines prépubères qui y entraient le pouce dans la bouche.
- Et alors c’est plus puissant et moins polluant. Il faut vivre avec ton temps, John, tu ne voudrais pas contribuer plus que nécessaire à l’extinction des phoques ?
Abruzzi paraissait sceptique.
- … Bon, si ce n’est qu’une question de vitesses, on va tâcher de faire un compromis : va pour six, mais pas dans une voiture de beauf blanc, concéda-t-il en croyant contrarier Theodore et ses mauvaises excuses.
- Aw, John, tu devais faire un mari merveilleux…
- La ferme.

Quelques heures plus tard, et après un bref entretien privé duquel Bagwell avait été honteusement tenu à l’écart, ils se voyaient remettre la clé d’un rutilant break noir par le concessionnaire. Ce faisant, Tony Calieri saisit Abruzzi dans une embrasse aussi impromptue que résolue, lui collant quatre bises sur les deux joues en proclamant d’une voix étouffée avec des traces d’accent italien :
- Dieu te bénisse pour être venu t’installer chez nous, John. Ma sœur passera te voir bientôt concernant l’assurance vie de son mari, tu sais celui dont je t’ai parlé avec lequel on a quelques problèmes. D’ici là profite bien de la voiture, avec tes enfants. C’est important de prendre soin de la faMIlla.
Abruzzi rendit les effusions par des tapotements dans le dos un peu gênés, sans avoir besoin de regarder T-bag pour se figurer parfaitement le spasme imperceptible de ses lèvres serrées et ses yeux bruns apparemment impassibles et pourtant ô combien explicites. Sans doute par culpabilité, il lui laissa le volant du bolide. Theodore cachait à peine le fait qu’il était excité comme une puce à l’idée d’étrenner le véhicule. Il installa ses bon vieux CDs de country dans la boîte à gants, glissa celui de Michael Anthony dans le lecteur – luxe dont ils ne jouissaient pas jusque là, avec leur autoradio capricieux – et ils mirent le cap sur l’école primaire, où ils devaient récupérer les mômes.
- Non, Theodore, nous sommes dans une agglomération, tu n’iras pas plus loin que la quatrième.
- Mais John, il faut bien que je teste l’engin !
- On l’a déjà fait tout à l’heure.
- Non, tu l’as déjà fait tout à l’heure. Moi j’ai pas encore essayé.
- J’ai dit non. Si tu y tiens tant que ça tu attendras qu’on ait ramené les gosses et tu iras te payer ton petit frisson d’Américain moyen sur le périph.
- …
- …
- Tu dis de mes manières, parfois, mais vous autres siciliens vous semblez quand même bien enclins aux p’tits bisous pour les machos men que vous êtes.
- Bordel, T-bag, il s’agit d’une marque de respect traditionnelle ! éclata alors Abruzzi. Ca n’a rien à voir avec le fait de dévorer la p’tite gueule d’un éphèbe de la moitié de son âge.
- Je dis juste que c’est symptomatique d’un certain manque dans votre façon de vivre… ou alors la trace d’un besoin de compenser à l’origine de tout ça, va savoir.
- Va te faire foutre, grogna-t-il dignement.
Bagwell, les mains sur le volant, répondit en lui envoyant un baiser narquois.

Ils arrivèrent à un feu rouge et T-bag esquissa un rictus grinçant à la vue d’une voiture de chicanos qui faisaient du tunning sur la file d’à-côté. Un rap gras et archétypique se répandait en espagnol sur un rayon d’une dizaine de mètres.
- Tiens, on va s’égayer un peu… suggéra Theodore avec un air de mesquinerie amusée, sélectionnant la première chanson de l’album et en tournant la molette du volume.
Abruzzi se contenta de lever les yeux au ciel. Bientôt, les consonances agressives du texte latino eurent à subir l’interférence de féroces violons et autres banjos, bientôt accompagnés de la purée langagière de Michael Anthony.
America’s seen the wayward hearts
And opened up her sho-o-ores…
Said if you live by the law o’ the land
You could not ask for more…

Deux chicanos tournèrent la tête vers la vitre grande ouverte, et dévisagèrent Bagwell de leurs lunettes noires qui puaient le marché de la même couleur. Sans mot dire, celui qui était coiffé d’un bandana mauve remonta le volume de la sono, surmontant cette perturbation en faisant profiter de Control Machete à ceux qui badaudaient à deux rues de là. Mais bientôt la country engloutit à nouveau le rappeur.
… ressources are fading
She’s on the verge of going bust
From those that we left cross her lines…

Un petit tour de molette et les latinos, dont les airs commençaient à se faire raisonnablement hostiles, furent appuyés par la refrain du rap à grands renforts de :
SI SEÑOOOR … SI SEÑOOOR… !
A peine les rugissements espagnols avaient-ils cessés que les meuglements sudistes s’élevaient au-delà dans cette atmosphère tendue.
Hey if you’re legaaaaaaaaal…
You can fly with the eagle…
Enjoy the dream,
And make yourself a naaame…

T-bag soutenait l’intimidation muette des chicanos à travers leurs lunettes noires, le coude passé à la portière, un sourire à pleines dents illuminant son visage. Il poussa la provocation jusqu’à accompagner la deuxième partie du refrain en play-back, tout en les considérant avec un air faussement peiné.
But if you ain’t legaaaaaaaal…
You can’t ! fly with the eagle…
You better leave here
And go back from where you caaame…

Les latinos s’extirpèrent de leur véhicule, à quatre. Bagwell ne fit ni une ni deux et sortit à son tour, laissant un John soupirant dans la voiture. Il n’entendit pas le bref dialogue qui ouvrit la rencontre, mais vit bientôt le suprémaciste bloquer une droite et en allonger une en retour. Devant, le feu passa enfin au vert et les automobilistes contrariés entonnèrent un concert de klaxons. Lorsque T-bag fut mis à terre, Abruzzi ouvrit sa portière en pestant un peu et fit le tour du break en sortant son beretta de sa poche intérieure.
- Allez les mecs, tout le monde se calme et rentre dans sa tire, énonça-t-il tranquillement.
Deux des chicanos cessèrent de bourrer le sociopathe de coups de pied contre la roue de sa voiture toute neuve. Le mafioso nota tout de même avec un certain respect que les deux autres gisaient hors d’état de nuire sur le pavé. A la vue du gros calibre pointé avec la nonchalance un peu lasse de l’habitude, les amateurs de tunning se replièrent sans demander leur reste et tout le monde ramassa son compère dans une relative bonne humeur. Theodore fut balancé sur la banquette arrière tandis qu’Abruzzi reprenait la place du chauffeur et baissait le son jusqu’à un vague fond à peine audible. Comme ils se remettaient en route, Bagwell regagna tant bien que mal le siège du passager, le nez dégouttant du sang sur sa chemise.
- Les immondes, ils avaient des poings américains. C’est vraiment pour les fillettes.
- Tu l’as bien cherché, déclara l’italien.
Il jeta un œil au psychopathe et esquissa son sourire de requin en ricanant légèrement.
- On dirait qu’tu pisses un peu l’sang !
- Ca te fait rire ? demanda T-bag, la manche figée contre une narine.
- Oui, tant que tu n’en mets pas sur les sièges tout neufs, évidemment, précisa le parrain avec une soudaine froideur qui fit dresser les cheveux sur la nuque de Bagwell.
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Shalimar
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MessageSujet: Re: Ne réponds pas à ton père, et autres vignettes honteuses   Mer 1 Oct - 9:27

Merci pour cette suite!
Ahh le vieux couple lol
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Cerisette
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MessageSujet: Re: Ne réponds pas à ton père, et autres vignettes honteuses   Mer 1 Oct - 16:58

Merci Shalimar! Pour ta peine, voilà la suivante :).


Dino est amoureux

Ils se garèrent fièrement sur le parking de la petite école et sortirent pour récupérer leur progéniture. Caligula accourut à leur rencontre, son cartable plus gros que lui cahotant sur son dos. Abruzzi l’attrapa d’un bras et le soulev a dans les airs, le carrant sous son aisselle, et le petit garçon gloussa en battant des pieds. Jimmy Jr était assis tranquillement à-côté du modeste parterre de fleurs de l’entrée, occupé à découper soigneusement les pétales d’une pensée à l’aide de ses ciseaux à bouts ronds.
- Où est Dino ? demanda T-bag au benjamin qui gazouillait toujours sous le bras de son père.
- Heu, Dino il est avec la maîtresse, répondit-il sur un ton un peu ennuyé.
- Ouais, il a fait l’con, ajouta Jimmy avec une certaine gourmandise.
- Hé ! le reprit sèchement Abruzzi.
- Tu peux dire, c’est de toi qu’il tient ce genre de langage…
- C’est ça, sape mon autorité devant le p’tit !
James et Caligula les observait, leurs yeux passant de l’un à l’autre des papas absorbés par l’une des joutes verbales auxquelles ils étaient habitués et qui avaient conféré à leurs marmots une répartie de qualité pour leur jeune âge… parfois à leur damn. Au terme des débats, le parrain excédé lança finalement :
- Bon, et qu’est-ce qu’il a fait ce petit con, de toute manière ?
- Il a molesté Larry, des CM2, et le reste de la bande s’y est mis.
Theodore se tourna vers John et constata :
- Tu vois : « molester », c’est moi.
- Faut dire que ton père à toi t’a appris le sens de ce mot encore plus tôt…
- Ah, attention aux faux-amis, John !
- Bon, on va aller voir l’instit’, déclara le mafieux en passant le portail de l’école, Caligula sous le bras.
Bagwell le suivit, Jimmy Jr sur ses talons.

Ils aperçurent bien vite leur rejeton consigné auprès de la petite institutrice responsable de sa classe. Melle Henriques semblait quelqu’un de très correct, selon Abruzzi, et T-bag avait déclaré après la première réunion de parents d’élèves que si les maîtresses avaient ressemblé à ça de son temps, il n’en serait jamais arrivé à foutre le feu à la baraque de l’une de ces vieilles mal-baisées avant d’être envoyé en maison de correction – ndla : véridique ! On pouvait donc considérer leur appréciation du professeur comme plutôt positive. Il y avait simplement certaines choses que Melle Henriques ne comprenait pas. Elle n’avait pas grandi à la dure, comme eux, et avait donc parfois du mal à accepter certains éléments de l’éducation qu’ils donnaient à leurs chers petits. Pour cela Theodore la prenait un peu de haut. John ne lui en voulait pas… Il estimait néanmoins que l’institution scolaire se devait de reconnaître les habitudes culturelles des familles. Cela avait déjà donné lieu à quelques discussions un peu crispées, mais toujours cordiales.
- Melle Henriques, la salua le gangster courtois.
La brunette leur offrit un sourire un peu pincé en les voyant arriver.
- Bonjour Messieurs, dit-elle en serrant tout d’abord la main de l’italien.
Bagwell, de son côté, prit l’initiative de porter la sienne à ses lèvres pour y déposer un baise-main des plus élégants. Elle détestait quand il se livrait à ce genre de jeux de charme.
- Vous allez bien ? demanda-t-elle en soulignant d’un geste sa chemise légèrement ensanglantée.
- Aaahn, oui, j’ai une vie pleine de rebondissements, mais rassurez-vous j’en ai vu d’autres, sourit-il.
- Bon.
- On a un p’tit problème avec notre ami Dino ? demanda Abruzzi en considérant la mine boudeuse du gamin.
- Oui, il s’est battu cet après-midi, et j’aurais aimé avoir une petite conversation avec vous à ce sujet.
- C’est Larry qu’a commencé à embêter Becky ! protesta alors Dino.
- Et Larry a été puni aussi, Dino. Maintenant il faut me laisser discuter un peu avec tes papas.
- Attendez, si je comprends bien il défendait une fillette ? interrogea Theodore.
A ces mots les deux frères se mirent à huer l’aîné avec enthousiasme, lequel leur renvoya un regard noir. Le pédophile croisa les bras et considéra le mafieux avec un sourire amusé sur les lèvres et une lueur énamourée dans l’œil :
- Aaaaaawww, si c’est pas mignon : notre Dino est amoureux !
- Chuis pas amoureux !
- Melle Henriques, vous n’allez quand même pas chercher des noises à ce lascar alors qu’il secourait une petite demoiselle ? Je trouve ça très comme-il-faut, pour une fois qu’il donne l’impression d’avoir le sens des valeurs ! déclara le parrain.
Le sourire de Melle Henriques s’élargit en même temps qu’il se crispa davantage.
- Puis-je vous demander de me suivre dans la salle de classe ? Nous y serons plus tranquilles.

Ils laissèrent les garçons en étude pendant qu’ils montaient les escaliers et se rendaient dans ladite salle. L’institutrice prit place derrière son bureau et invita les heureux parents à s’asseoir. Les deux meurtriers avaient l’air un peu ridicules sur les petites chaises d’enfants.
- Ecoutez, je comprends que le comportement de votre fils puisse vous apparaître comme légitime, voire chevaleresque, mais on ne peut tout simplement pas laisser les enfants faire justice eux-mêmes.
- Il aurait donc dû attendre sagement que sa copine se prenne quelques baffes pour que l’un des gardes-chiourmes daigne intervenir ? résuma T-bag.
Melle Henriques prit une grande inspiration.
- Non, il aurait tout simplement dû venir prévenir lesdits « gardes-chiourmes » sans s’en mêler lui-même.
Abruzzi émit un bref souffle dédaigneux.
- Chez nous, Mademoiselle, on n’encourage pas à la délation.
- Le lynchage personnel est tellement plus noble, c’est ça ? grinça-t-elle.
- Le problème n’est pas seulement là, intervint Bagwell. Vous vous rendez compte à quel point adopter ce genre de comportement devant la personne qu’il convoite mettrait à mal la virilité naissante du garnement ? C’est comme… je sais pas, mettons que je sois en prison, d’accord ?
John leva les yeux au ciel.
- Eh bien c’est comme si je laissais mon giton se faire agresser sans rien dire, je perdrais toute ma crédibilité. Et comment pourrais-je le baiser correctement après une telle disgrâce ?
Melle Henriques ne répondit pas. Elle semblait silencieusement consternée.
- Vous êtes instit’, non ? Vous devriez savoir comment ça fonctionne.
- Comprenez bien que je n’en ferais pas toute une histoire s’il ne s’agissait que d’une petite bagarre commune entre gamins. Mais là trois ou quatre copains de Dino l’ont assuré dans la curée, Larry n’aura pas qu’un bleu en se réveillant demain matin.
Le mafioso ravala un léger coin de sourire pour adopter une moue un peu désapprobatrice.
- … et lorsque moi et un autre professeur sommes arrivés pour les séparer… Dino était assis sur Larry et… frottait l’entrejambe de son pantalon sur le visage de son camarade, dit l’institutrice, l’air embarrassée.
Abruzzi tourna immédiatement un regard noir vers T-bag. Le sociopathe, affalé comme il le pouvait sur la petite chaise, souriait à pleines dents, sans même se donner la moindre peine pour cacher qu’il trouvait l’incident particulièrement cocasse.
- … Ce n’est pas bien du tout, s’empressa de commenter le gangster avant que Melle Henriques ne note la tête de Theodore.
- Non… Vous savez, ce genre d’agissements chez un enfant de cet âge est vraiment perturbant, poursuivit la brunette, les yeux inquiets perdus dans le vague. Aurait-il pu avoir accès à des films pornographiques à la maison ?
Les deux hommes se glacèrent.
- Je ne vous juge pas, chacun fait ce qu’il veut, dit-elle. Je voudrais juste savoir si Dino a pu visionner des contenus explicites ou violents qui l’auraient traumatisés.
Les deux hommes restèrent figés et muets. Ils n’étaient pas du genre à avoir besoin d’un porno pour se mettre en train, mais tous deux ressassaient alors le cuisant souvenir de ce dimanche matin, après le petit-dèj, alors que tous les mômes avaient été envoyés jouer au-dehors parce que « nom de Dieu, il fait un temps superbe, vous n’allez pas rester enfermés ! ». Eux-mêmes s’étaient aussitôt précipités pour aller profiter du soleil en retournant derrière leurs volets baissés. Le lit cognait le mur avec plus de détermination qu’un bélier, T-bag s’agitait vainement, sa poitrine contre le matelas et ses poignets attachés au montant par une lanière de cuir, et Abruzzi passait un moment particulièrement jubilatoire. « Supplie. » « J’supplierai pas. » « C’est ça, rêve mon vieux… » « AAH ! Oh bon sang, fais-moi mal, Johnny, la taule t’a rien appris ?! » « Supplie et je te ferai gémir comme une fillette de douze ans. » « OH, FOUTRE OUAIS ! PITIE VAS-Y ! » « Papa, j’peux avoir de l’argent pour aller aux jeux d’arcade ? » Oh nom de Dieu… Theodore l’avait souligné, ils auraient pu lui offrir un missionnaire tendre et aimant comme scène primitive… Le pauvre garçon avait hélas statistiquement peu de chances de tomber là-dessus.
- Uh, certainement pas, on n’a pas de ça chez nous, finit par répondre Bagwell sur le ton du péquenot que de telles marchandises urbaines et diaboliques outragent sur les bords.
- Bon… Je vais devoir l’inscrire pour quelques séances avec notre psychologue scolaire. D’autre part, je suis désolée mais cette fois il va devoir passer par le conseil de discipline.
- Quoi ? s’exclama Abruzzi.
- Il ne s’agit pas de le renvoyer, rassurez-vous, mais il est possible que votre fils ait droit à un avertissement.
- Pour avoir défendu une camarade ?!
- Pour en avoir passé un à tabac, et je vous épargne l’attouchement à connotation sexuelle, corrigea-t-elle.
- Mais enfin, c’est de la folie ! se récria le parrain.
- Ce n’est pas comme s’il s’agissait de la première fois, messieurs. Je pense que vous devriez sérieusement reconsidérer l’éthique de vie que vous inculquez à vos rejetons. L’institutrice de CP dit que Caligula est un petit garçon brillant, mais qui refuse catégoriquement d’être contredit, ce qui fait partie de la vie sociale d’un enfant. Quant à James il fait pipi sur les souliers des petites filles…
John resta muet, un peu effondré par la décision du professeur. T-bag, lui, était resté calme. Après une grimace spasmodique de ses babines, il finit par se lever pour s’approcher de la jeune femme, tout en hanches qui roulent et en sourire pervers caressé par un bout de langue suggestif. Il se pencha sur elle par-dessus le bureau, appuyé sur les coudes, creusant les reins et susurra tout contre son visage :
- Et si on vous offre le meilleur porno live de votre vie ?
- Theodore !
Melle Henriques prit le parti d’un rire gêné :
- Ca ne marche pas comme ça, parce que je vous assure que je n’aurais pas souvent l’occasion d’en tirer profit !
Bagwell lui offrit son plus beau sourire nonchalant :
- Oh avec Papa Gras-du-bide et Maman Gras-du-cul, je comprends. Mais nous, est-ce qu’on n’est pas une paire d’étalons toute indiquée pour assouvir les fantasmes pervers d’une fille comme vous ?
- Mais enfin, qu’est-ce que vous entendez par là ? protesta l’institutrice en rajustant ses lunettes, la voix un peu vacillante.
- Oh je sais reconnaître les gonzesses avec un penchant dans vot’genre… glissa le sociopathe d’une voix veloutée, avant de claquer trois fois sa langue contre son palais d’une manière particulièrement obscène. Je le vois dans votre œil quand vous nous regardez, même si vous essayez de le dissimuler derrière vos petites leçons de morale désapprobatrices, vilaine…
T-bag la fixait comme un serpent refermant lentement ses anneaux. Il entendit le mafieux lancer, alarmé :
- Teddy, qu’est-ce que tu fous, bordel ?
Il savait parfaitement ce qu’il faisait. Et il aurait fait n’importe quoi pour sauver ses garçons.
- Je le sens à des kilomètres, pour tout dire… dit-il en prenant une inspiration sèche, son nez froncé par un spasme lubrique. Alors qu’est-ce que vous diriez d’assister à une petite séance de sexe débridé là, dans cette classe… sur votre beau bureau, peut-être ?
Il accompagna sa suggestion d’une moue. Melle Henriques ne répondit rien. Ce fut au tour d’Abruzzi d’être consterné par la scène qui se déroulait devant ses yeux.
- Mais enfin, vous n’y songez quand même pas ?
L’instit’resta muette. Bagwell lui adressa un sourire crocodilien.
- Alors ? Qui endossera pour Dino le rôle du méchant élève qui a fait une bêtise et qui le corrigera pour Mademoiselle ?


Une demi-heure plus tard, ils redescendaient les escaliers.
- J’arrive pas à croire que tu m’aies fait faire ça.
- Dans ce monde, mon frère, nous sommes tous des prostitués. Toi et moi, nous sommes les rois.
- … Je ne suis pas sûr que ça me réconforte beaucoup, Theodore.
- Allez… ça t’a pas un peu chatouillé quelque part qu’une bachelette de vingt ans nous matte pendant cette fine activité ?
- Peut-être un peu, j’admets… Mais c’est la première et la dernière fois ! Dino est assez grand pour comprendre que ses papas ne peuvent pas vendre leurs fesses chaque fois qu’il faut nettoyer sa merde.
- On sent le mafioso qui parle… probablement pour la première fois au sens presque propre !
- Comment as-tu su qu’elle donnait là-dedans ?
- Ah la la, mon bon John, les femmes… C’est simple, il y a deux catégories : celles qui pensent très fort à ce que pourraient leur faire des types comme Gueule-d’Ange quand elles ont la main dans le pyjama – jusqu’à ce qu’elles apprennent qu’ils sont pédés – et celles qui pensent très fort à ce que donneraient deux mâles aussi charismatiques que nous dans les violentes affres d’un coït commun.
- Ah bon ?
- La deuxième catégorie, tu la trouveras à l’heure actuelle surtout chez les 15-30 ans. La révolution hippie a foutu en l’air les codes libidinaux de ces donzelles.
- De mon temps, les jeunes filles se contentaient de rêver au prince charmant…
- Le prince charmant a foutu le camp avec le grand méchant loup, mon vieux…
- … Mais quand même, parmi les jeunes femmes de cet âge, celles qui ont ce penchant restent tout de même une minorité ! Alors comment as-tu deviné ?
- J’ai toujours eu beaucoup d’instinct avec les femmes, Johnny-boy… et puis, j’ai aussi vu un porte-clé avec deux symboles masculins entrelacés quand elle a ouvert la porte de la classe.

Le parrain et le pédophile récupérèrent leurs bambini blanchis, qui poussèrent des exclamations enthousiastes à la vue du nouveau bolide que leur ramenaient leurs pères. Ces derniers étaient friands d’entendre tout de la petite conquête en socquettes potentielle de leur aîné – pour de plus ou moins bonnes raisons. Le trajet de retour à la maison se fit cette fois dans le calme, Abruzzi fumant paisiblement son cigare au volant tout en jetant de temps à autres des coups d’œil dans le rétroviseur tout neuf.
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MessageSujet: Re: Ne réponds pas à ton père, et autres vignettes honteuses   Mer 1 Oct - 18:47

Merçi cerisette por les deux suites !!
oohh ... Quel régal de les lire , géniale comme d'hab !!
Et T.Bag , qu'est -ce qui m'a fait rire avec l'instit !! HaHa !!
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Shalimar
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MessageSujet: Re: Ne réponds pas à ton père, et autres vignettes honteuses   Jeu 2 Oct - 22:57

Merci pour cette suite! Super
Mdr comment Teddy sait y faire avec les femmes... lol
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MessageSujet: Re: Ne réponds pas à ton père, et autres vignettes honteuses   Ven 3 Oct - 10:38

On attend la suite Cerisette !!
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MessageSujet: Re: Ne réponds pas à ton père, et autres vignettes honteuses   Dim 5 Oct - 3:55

Très belles histoires mais heureusement que ça ne se passe pas comme ça !!!
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MessageSujet: Re: Ne réponds pas à ton père, et autres vignettes honteuses   Dim 9 Nov - 18:59

Merci beaucoup à tout le monde, ça fait super plaisir que des gens attendent la suite de ce petit délire! Ca devrait arriver après-demain. Encore un petit peu de patience. En tout cas merci beaucoup de suivre tout ça.
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MessageSujet: Re: Ne réponds pas à ton père, et autres vignettes honteuses   Mar 2 Déc - 21:57

Une soirée en famille


- Alors, à quoi elle ressemble ?
Dino considéra d’un œil méfiant et légèrement affligé ses deux papas pendus à ses lèvres tels une paire de groupies gauchistes à la conférence de presse d’Obama. Sitôt de retour à la maison, et alors que ses frangins allaient paisiblement sauter sur le canapé pour le South Park rituel d’après-école, il avait été escamoté par la peau du col et entraîné à la cuisine. Ses criminels de pères l’avaient fait asseoir et le dévisageaient à présent avec de grands yeux curieux, et Dino n’était pas certain de comprendre l’intérêt de tout ça.
- Elle est chouette…
- Qu’est-ce que ça veut dire ça, « chouette » ? Est-ce qu’on t’a appris à t’exprimer avec des mots aussi pauvres ?
- Il a raison, Dino, ça te donne l’air d’un gamin indigent. Alors raconte-nous tout par le menu. Est-ce qu’elle a des origines italiennes ?
- Oh, John, toi et ton terroir sicilien, les mains dans la pâte à pizza…
- Je t’invite cordialement à aller te faire voir, Monsieur le leader de l’Alliance pour la Pureté. J’aimerais voir ta tête si notre petit gars fricotait avec une descendante du grand peuple africain.
T-bag ouvrit la bouche pour répliquer, puis se figea soudain.
- … Elle est pas noire, au moins ? demanda-t-il en se tournant vers Dino, qui lut sur son visage tout le mal qu’il se donnait pour lui masquer son anxiété.
- … Nan, dit-il en prenant un malin plaisir discret à le faire attendre quelques instants de plus. Dites, est-ce que j’peux aller r’garder la télé avec les autres pendant que vous vous chamaillez ?
- Plus tard, la télé, Dino ! Tu es en train de devenir un homme, bordel, c’est quand même une étape importante de ta vie ! déclara le parrain en donnant un petit coup de poing résolu sur la table.
- C’est vrai ça, c’est quelque chose que tu dois partager avec nous, et dans laquelle il faut qu’on s’implique, l’appuya Bagwell. On la voit quand, cette petite ?
Le garçon sentit les racines de ses longs cheveux tressaillir.
- « La voir » ? demanda-t-il avec une pointe de supplication qui passa totalement au-dessus de la tête des deux repris de justice.
- Oui, comment s’appelle-t-elle déjà ? s’enquit John.
- Becky… ?
- Eh bien invite Becky à venir dîner à la maison après-demain soir, décréta-t-il.
Dino ouvrait déjà la bouche pour balbutier une objection quelconque, mais T-bag ne lui en laissa pas le temps, y allant de son petit grain sel :
- Tu pourrais même l’inviter à dormir, c’est tellement plus convivial d’avoir une vraie soirée en famille…
Abruzzi jeta aussitôt à son endroit un regard suspicieux.
- Non, vraiment ! John, tu lui dis toujours de faire rester ses acolytes pour la nuit, et le dernier auquel on a eu droit était ce petit gros plein de soupe aboulique… Je suis sûr qu’on s’amuserait bien mieux avec une présence féminine au milieu de nos habitudes de mâles fermentant dans le bien-être sûr de leur propre crudité du premier jour.
L’italien se figura le tableau de la veille au soir : toute la petite famille étalée sur le canapé devant un vieux Clint Eastwood, lui dans un élégant ensemble caleçon-marcel-crucifix, T-bag baillant comme un tigre tout en caressant distraitement la tignasse de Caligula, bavant de sommeil la tête sur ses genoux, Dino assis par terre grattant nonchalamment l’entrejambe de son pyjama à nounours, et Jimmy entre ses papas soufflant des bulles dans son mug de lait chaud qu’il voulait mordicus boire à la paille.
- Tu as probablement raison… concéda-t-il en se promettant de verrouiller la porte de leur chambre et d’en garder la clé en lieu sûr toute la nuit durant. Alors tu as compris, p’tit gars, on veut la voir à la maison vendredi soir.
Mû par de vieilles habitudes de grand patron de la Cosa Nostra, Abruzzi se leva sans attendre qu’un commentaire suive sa directive.
- Alors, Theodore, on va s’le faire, ce petit poker ?
- Ah tout de suite, Johnny-boy, acquiesça le psychopathe en se munissant discrètement du tablier pendu à-côté de lui.
- Ca ne comptera pas, Teddy, lança le mafioso sans se retourner, en quittant la cuisine.


Le surlendemain, et après un coup de fil passé la veille par la maman de Becky et auquel T-bag avait répondu – ce qui avait catastrophé John jusqu’à ce qu’il ne constate une fois de plus à quel point ce dernier savait bonimenter les femmes jusqu’à ce qu’elles lui donnent sans confession bon Dieu, rejetons et vertu – la petite merveille arriva. Elle sortit de l’école en compagnie de leur plus grande tête-brune et tous deux furent bientôt rejoints par les cadets qui se donnaient des coups de coudes goguenards.
- Bonjour Messieurs les papas de Dino ! déclara-t-elle lorsqu’ils arrivèrent devant eux, s’élevant sur la pointe des pieds pour leur tendre une menotte résolue.
Becky était une adorable blondinette aux longs cheveux et aux grands yeux marrons derrière ses lunettes rondes à monture plastique rouge. Elle portait un petit polo vert pâle à col dentelé et une jupe-culotte zinzolin à pois blancs.
- Bonjour ma chérie, répondit Theodore avec un sourire jusqu’aux oreilles, serrant délicatement la petite main. Tu peux m’appeler Teddy.
- Et moi c’est John, se présenta gentiment le mafieux en lui donnant à son tour une poignée de main, plus franche. Mais tu peux m’appeler Oncle Johnny maintenant que tu fais pratiquement partie de la famille.
- Papa est italien… expliqua un Dino embarrassé.
- Oh, je connais ! le rassura Becky d’un ton docte. Mon arrière-grand-mère venait de La Maddalena, et elle voulait que même le facteur l’appelle Mama.
A cet instant et sans le vouloir, Becky venait de conquérir John Abruzzi.


Les enfants avaient passé la fin d’après-midi à jouer dans le jardin tandis que les pères dévoués s’appliquaient à confectionner tendrement un bon dîner :
- …….. Tu vas t’ajuster, saloperie de balance ? gronda le gangster d’une voix menaçante.
Il fixait d’un regard froid et acéré la pauvre balance digitale censée lui donner le poids exact de farine qu’il avait versé dans le récipient. Les chiffres ne cessaient pourtant pas de tergiverser sur l’écran, passant sans crier gare de 147 à 152, et John avait suspendu son geste, la mesurette à la main, ses nerfs de tueur soudain renfloués par cette insubordination matérielle. T-bag s’était même interrompu dans la confection de son fameux « poulet vagabond », un plat hérité de sa grand-mère composé d’un poulet fermier qu’il achetait vivant au marché (et prenait un plaisir sadique à passer sur le billot à domicile, laissant les enfants courir après le corps décapité – celui qui l’attrapait s’attitrait le sot-l’y-laisse) ainsi que d’une farce de… vagabond (le plus souvent ceux qui venaient sonner à la porte pour lui parler de l’amour du christ, d’électroménager ou de petits enfants opprimés à travers le monde – parfois aussi les scouts qui voulaient lui vendre des biscuits en l’absence de John et qui ne se laissaient pas dépuceler de manière consentante après deux ou trois chocolats chauds au schnaps). Comme vous le voyez il s’agit d’une recette passablement compliquée. Il s’interrompit pourtant pour considérer tour à tour Abruzzi et la balance. De la sueur perlait sur le front du parrain tandis que l’appareil semblait se décider pour 150 grammes tout rond… Cela faisait trois fois qu’il ôtait ou rajoutait une pincée farine dans l’optique de parvenir à un résultat bien exact et bien propret – son grand-père insistait sur la minutie que requérait la cuisine. Bagwell se surprit à retenir son souffle face à la tension du moment. En définitive, le mafioso se détendit, satisfait. C’est ce moment précis que choisit la malheureuse balance pour craquer et laisser échapper un « 1 » au chiffre des unités. En un éclair, Abruzzi avait sortit son beretta de sa poche intérieure, et défonçait l’appareil à l’aide de trois coups de feu rageurs, envoyant de la farine gicler un peu partout dans la cuisine.
- … C’est malin, commenta T-bag – qui avait reçu son lot de poudre blanche – en constatant les dégâts.
- Dans la famille, on ne fait pas de quartier aux balances… déclara solennellement l’ancien mafieux.


Ils étaient finalement tous attablés autour du somptueux repas qui avait résulté de tout ça et les deux paternels écoutaient avec intérêt la petite Becky, qui s’avérait par bonheur être une fillette des plus loquaces, avec ce penchant occasionnel pour les mots savants qu’ont parfois certains enfants – la plupart comprenant plus tard qu’on ne parle pas de manière aussi juste et élégante dans les rapports civils de la vraie vie.
- Alors, j’ai dit à Mademoiselle Henriquès que si elle considérait Puka comme le panage de la culture nippone en matière de dessin zanimé, eh bien excusez-moi mais c’est qu’elle n’avait jamais vu un épisode de Tao Tao !
- Ouais ben toutes ces niaiseries ça vaut pas un bon Naruto.
- La ferme, Gugul, dit simplement Bagwell sans cesser de dévisager l’éloquente petite fille avec un grand sourire amène.
- Et qu’est-ce que tu aimes en-dehors de l’école, à part Tao Tao ? demanda John entre deux bouchées avides sur sa cuisse de poulet.
- Oh, quantité de choses ! J’aime beaucoup lire sous la couette les jours de pluie, aller cueillir des chenilles au printemps pour faire des élevages de papillons, je collectionne des images de la Guerre Civile, je m’entraîne à fabriquer des ours en peluche – oh j’adore les ours en peluches, mais Papa m’a dit que ça coûtait de l’argent et que si j’en voulais plus il fallait que je les fabrique moi-même alors j’apprends – et je pratique l’escrime pour la première fois cette année. Maman voulait m’inscrire à des cours de danse classique, mais je lui ai expliqué que ce n’est pas avec ça que j’occirai les vilains messieurs qui pourraient m’offrir des bonbons à la sortie de l’école pour m’entraîner chez eux et m’obliger à faire leurs devoirs.
T-bag éclata d’un rire sincère et absolument fondu. A côté de lui, Caligula avait monté en catimini une cuillère-catapulte qu’il avait chargée d’un peu de farce au vagabond et axée dans la direction de Becky. De l’autre côté de la table Dino, le voyant faire, lui fit les gros yeux et le menaça en passant son pouce en travers de sa gorge d’un geste sec.
- En tout cas ce que vous cuisinez c’est vraiment exquis, Teddy, déclara la blondinette en retrouvant ce ton docte avec lequel elle semblait aimer établir des réalités.
- Aaaww, comme c’est mignon… dégoulina le gentleman pervers. Je suis vraiment très flatté que tu me dises ça, ma chérie, car on dit que la cuisine est le second chemin le plus court jusqu’au cœur d’une femme.
La fillette gloussa de bon cœur, les joues un peu rougies mais un grand sourire amusé sur le visage.
- Et quel est le plus court ?
T-bag s’apprêta à lancer ce qu’il répondait toujours dans ces cas-là pour jeter un froid aux pique-niques de voisinage : « Droit dans la poitrine, avec un grand couteau ! ». Puis il songea au dernier moment que cela pourrait ne pas s’avérer un bon calcul. Son esprit commuta alors sur la réponse, un peu moins hardcore, réservée aux dîners d’affaire entre grands couturiers : « Entre les cuisses, bien en profondeur ! ». Il dut bien admettre que cette option n’était pas des plus appropriées non-plus. Il balbutia alors sur le tas :
- … Se montrer chevaleresque, je suppose.
Sur ce, il lança un grand sourire entendu à l’adresse de Dino, qui rougit considérablement.
- Je ne connais pas ce mot. Ca veut dire quoi ?
A ce moment-là, Gugul commença à jouer avec les nerfs de son frère en faisant mine d’abattre son index sur la cuillère-catapulte, tandis que Jimmy Jr lui adressait un rictus tout à fait amusé. Theodore était bien trop occupée à s’extasier sur la petite merveille pour remarquer la moindre chose, absorbé dans son mielleux babillage explicatif, aussi John dut-il se jeter brusquement par-dessus une bonne partie de la table pour stopper l’enfant, essayant de rester le plus discret possible en ne détournant pas son attention de la conversation.
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MessageSujet: Re: Ne réponds pas à ton père, et autres vignettes honteuses   Mer 10 Déc - 18:29

Père indigne


Tout drame ayant été évité pendant le dîner, la tribu de bambins se préparait pour la fin de soirée. Les garnements venaient collecter en une sage file indienne leurs pyjamas respectifs, qu’Abruzzi sortait du placard de la salle de bain. Dino eut cependant l’air très ennuyé quand il lui tendit le sien.
- Papa, pas celui avec les nounours ! le pressa-t-il d’une voix étouffée.
- Enfin, John… pas celui avec les nounours… reprit Bagwell avec un sourire ironique, après avoir craché le dernier rinçage de ses dents.
- Ah bon, d’accord… se rendit le mafioso en levant une main impuissante, avant de fourrager dans le placard pour en sortir un pyjama vert bouteille beaucoup plus crédible.
Dino alla se changer dans la chambre de la fratrie et, au même moment, Becky surgit des toilettes et courut à travers tout le couloir dans sa petite chemise de nuit Pierre Lapin en s’exclamant :
- Hé vous savez quoi ? Y a le Roi Lion à la télé ce soir !
Jimmy Junior et Caligula, qui jouaient à Guantanamo sur le carrelage du corridor, furent amenés de concert à lever un instant les yeux de leurs playmobiles sur le passage en coup de vent d’un petit coin de culotte blanche. Après un instant d’embarras, ils reprirent la torture du capitaine Barbigère tandis que la fillette entrait dans le salon et s’installait en plein milieu du vaste canapé familial. Abruzzi la suivit pour allumer le gigantesque téléviseur-écran-plat-tombé-d’un-camion qui trônait dans la pièce, gratifiant la blondinette d’un grand sourire paternel et approbateur.
- Les garçons ! appela-t-il en baissant le son de la pub. Affolez-vous un peu, le film va bientôt commencer !
Les deux cadets se décidèrent finalement à les rejoindre, mais lorsque Jimmy entra dans le salon, il marqua un arrêt : Becky avait pris sa place de canapé. Le petit, interloqué, fronça les sourcils et gratta sa joue ornée d’une ou deux cicatrices récentes. Il ne comprenait pas comment quelqu’un avait pu prendre sa place de canapé. Becky, en retour, le considérait avec de grands yeux derrière ses lunettes. Abruzzi prit aussitôt la situation en main avant qu’elle ne dégénère :
- Hey, Jimmy.
Le garçonnet lui adressa un air contrarié et accusateur tout à fait expressif.
- Tu te rappelles quand tu nous bassinais, ton père et moi, pour t’asseoir sur le dossier du sofa ?
L’expression de James s’alluma soudain sous sa bataille de cheveux châtains.
- Eh bien exceptionnellement pour ce soir, comme il y a Becky, tu as le droit, soupira le mafieux en sachant pertinemment qu’il n’y aurait strictement aucun moyen de revenir en arrière après avoir accordé une fois la permission – à moins que T-bag n’accepte de maîtriser lui-même la chair de sa chair une fois de plus, en l’étouffant sous une peluche de crocodile géante jusqu’à ce qu’elle se calme, ou tout du moins n’ait plus la force suffisante pour hurler et donner des coups de pieds.
Jimmy lui adressa le plus beau sourire qui soit sur le visage d’un enfant, avant d’aller se percher avec recueillement sur le dossier, les jambes pendantes, heureux comme un roi. Caligula, lui, s’était installé à la franche extrémité du canapé parce que, en dépit de la récente traîtrise de son grand frère, on ne s’assoit pas à-côté d’une fille. L’aîné apparut enfin, les mains derrière le dos, et considéra attentivement la configuration de l’espace. Il s’avança enfin vers le divan et se plaça à une distance respectueuse de sa petite amoureuse, qui impliquait cependant qu’il fût auprès d’elle.
- Désires-tu quelque chose à boire, Becky ? demanda-t-il.
- Non merci, mais c’est très chevaleresque de ta part, répondit la fillette en lui souriant.
Après un bref sourire en retour, Dino se retourna vers le poste de télévision. Il rougissait.
- … T’as jamais vu l’Roi Lion ?
- Si ! Pas toi ?
- Si… mais c’est pas grave, c’est un super film.
- Oh à qui le dis-tu ! Mais c’est tellement triste quand le papa meurt ! s’exclama Becky.
- Oui… acquiesça Dino en se remémorant les hourrahs de Jimmy lorsque Scar jette Mufasa de la falaise.
- Je pleure à chaque fois si ma maman ou mon papa ne me tient pas la main ! Tu voudras bien me tenir la main, Dino ?
A l’autre bout du canapé, Caligula mimait des mignardises larmoyantes à l’adresse de James, qui s’étouffait de rire silencieusement. Inconscient de tout cela, l’aîné acquiesça courtoisement, puis rejeta d’un petit coup de tête les mèches de ses cheveux pour se donner un peu contenance.
- Ca y est, ça commence, annonça John en rétablissant le son de la féérique musique d’introduction de Walt Disney. Amusez-vous bien, les petits gars… et la petite demoiselle également.
Il gratifia cette dernière d’une discrète salutation de la tête et s’en fut dans la chambre qu’il partageait avec son compère criminel. Il s’installa au bureau et commença à sortir les feuilles de comptes de sa compagnie d’assurance afin de leur faire une beauté en vue du bal avec les charmants inspecteurs du fisc.

Le film avait commencé et Dino se demandait s’il aurait été de bon ton de se rapprocher un peu de sa camarade. Après tout, elle était son invitée ! Ca voulait dire quelque chose. Et ses imbéciles de frères étaient tellement asociaux… Becky allait finir par ne pas se sentir la bienvenue, abandonnée à la dérive au beau milieu de ce vaste canapé ! Il se préparait psychologiquement à faire en sorte de regarder davantage le film « avec elle ». Se lever pour aller tirer le rideau pourrait être un bon stratagème de transition. … Il évalua d’un coup d’œil discret la distance de décalage qu’il pouvait se permettre, déglutissant un peu à la vue du mollet nu qui oscillait gentiment sur le bord du canapé, sous la chemise de nuit Pierre Lapin.
- Alors, qu’est-ce que j’ai raté ? lança soudainement dans les environs un accent cavalier et fortement country.
Dans l’encadrement de la porte, un déhanché nonchalant habillé d’un caleçon bleu marine brodé d’un petit nounours stylisé en feutrine gris perle, assorti du mot « Teddy », annonçait tout en subtilité l’identité de ce spectateur de dernière minute. Un long tee-shirt de la même facture exposait sur sa poitrine la même silhouette d’ours en peluche et le même petit nom en lettres douces et nacrées. Une absence de manches mettait tout à fait fortuitement en valeur quelques muscles fins et nerveux – quoique n’ayant jamais eu de quoi faire grimper aux rideaux la première midinette venue… – présentement appuyés contre le chambranle. Deux yeux marrons s’enquéraient de l’action à l’écran tandis qu’une imperceptible moue spasmodique traversait des lèvres sèches.
- Wouah ! Vous avez un pyjama avec des nounours dessus ?! s’écria Becky en se redressant vivement.
Dino sentit le monde s’écrouler autour de lui, ainsi qu’une haine absolument définitive à l’égard de son ignoble papa bouillonner quelque part dans la région de l’estomac. T-bag baissa les yeux sur son tee-shirt.
- Il se trouve que j’en ai un, en effet, répondit-il avec un sourire radieux qui plissa le coin de ses yeux.
- Ah, trop bien ! déclara la blondinette en claquant ses deux mains l’une contre l’autre de ravissement.
Bagwell se décida à venir prendre place, se laissant tomber entre Gugul et Becky, qui n’avait d’yeux que pour l’adorable ourson de tissu.
- C’est splendide. En plus il y a votre nom dessus, c’est drôlement bien fait !
- Oui, c’est Johnny-boy qui me l’a déniché pour la dernière Saint-Valentin… non pas que nous fêtions la Saint-Valentin au sens outrageusement chochotte du terme, ne te méprends pas, mais il s’agit d’une commémoration importante dans sa… culture, résuma l’Alabamien en songeant à leurs éclats de rire entremêlés au son des pistolets mitrailleurs de vieux film en noir et blanc, John chantant les louanges de la Sulfateuse et lui-même applaudissant Joe la Pétoire… forcément.
- Comme ça y a que vous qui pouvez le porter ! Ca mont’e que vous êtes unique dans son cœur.
A cela T-bag ne sut trop que répondre. Un sourire ironique ne suffit pas à masquer sa perte momentanée de contenance. En un instant, une fillette de huit ans avait fait mieux que tout un gang d’aryens endurcis en l’espace de plusieurs années… Quelle tristesse. Le pédophile se racla la gorge.
- Et alors toi, comment s’appelle ton ours en peluche préféré ?
- Etoupe. Ca veut dire cannabis peigné, j’ai lu dans le dictionnaire.
Bagwell eut un rire badin.
- Eh bien assure-toi de ne pas fumer celui-là quand tu seras plus grande !
- … Quoi ?
- Oublie ça, ma puce.
Theodore chassa la remarque d’un geste vague et sans énergie qui se termina sur les longues mèches blondes de la petite.
- Je l’ai appelé comme ça parce que c’est le plus doux, et il paraît que l’étoupe c’est super doux, expliqua-t-elle. « Coton » c’est nul pour un nounours.
- Oh je suis sûr qu’il n’est pas aussi doux que celui qui est sur mon tee-shirt, ma p’tite demoiselle.
- Ca se peut pas ! rétorqua-t-elle avec un chantonnement de défi.
- Tu crois ça ? Touche, tu verras par toi-même…
Dino considérait la scène avec une affliction grandissante. Lui qui voulait faire les choses tellement bien, se montrer galant dans la dignité comme on le lui avait appris… A quoi bon dans de telles conditions ?

- Et… hop ! Cinq mille dollars dédiés à la rénovation de l’église de San Antonio.
John s’amusait assez follement lorsqu’il s’agissait de déclarations d’impôts, il fallait le dire. Peu de gens pouvaient se vanter d’en penser autant ! Il évitait de s’acquitter de la tâche sous le nez de Bagwell, cela dit. C’était bien là la moindre de ses entorses légales, mais il planait dans l’air l’idée que chacun avait intérêt à être discret sur ses grenouillages professionnels s’il ne voulait pas se mettre dans une position blâmable par rapport à l’autre… Le Sergent Sodomie en chef fermait pourtant volontiers les yeux si cela pouvait leur apporter un peu plus de confort dans l’entretien de toute la nichée – et de faux papiers pour le plus jeune des greluchons qu’il faisait bosser dans son lupanar de mode. Avec un air satisfait, Abruzzi ouvrit l’un des tiroirs du bureau pour en sortir un bon petit cigare qu’il savourerait tout en attaquant la dernière partie de la besogne. Qu’il était bon d’être un citoyen libre !

- Vous savez, Teddy, les gens qu’ont fait le Roi Lion en fait ils ont un peu copié ceux qu’ont fait le Roi Léo. Au départ c’est un dessin zanimé nippon, avec un lion albinos qui protège la savane. Et quand on regarde y a plein de choses pareilles.
- Vraiment ?
- Oui. Y a le même genre de personnages, la tata de Léo trahi la famille, et puis quand vous regardez les dessins, franchement… On se demande bien où ils sont allés chercher que les lions avaient le bout des oreilles noires.
- Elle en sait des choses, cette petite ! Et elle a le sens critique, avec ça ! Tu as de la chance, Dino, tu vas finir époux d’ambassadrice si ça continue comme ça.
Dino le fusilla simplement du regard. A présent qu’il était à-côté d’elle, Becky lui adressait tous ses commentaires sur le film, ce que Theodore entretenait avec zèle, usant de ce bagou qui lui était propre. Ca aurait pu être pire, songeait Dino pour atténuer un peu son amertume. Il avait une fois ramené Tomy Parker à la maison ; la moitié des filles de la classe était ensorcelée par ses beaux yeux bleus et son adorable frange, mais le gosse n’était pas particulièrement futé. Il avait suffit d’un Tim Burton et d’un pot de confiture de lait pour qu’il finisse dans le giron de Bagwell à lui sucer les doigts toute la soirée. Dieu merci sa petite dulcinée n’était pas aussi maniable. Le garçon fut sorti de ses pensées par les percussions annonçant le début de la chanson du méchant.
« D’accord, vos pouvoirs de réflexion
Volent plus bas qu’un derrière de cochon.
Mais bêtes comme vous êtes, faites attention !
Rebelle, et Lion, font Rébellion… »

T-bag partit dans un ricanement bon enfant.
- Est-ce que tu as déjà remarqué cette façon dont Walt Disney tend à systématiquement stigmatiser LE personnage intellectualisant de l’histoire ?
- Stigmatiser ?
- Condamner, autrement dit.
- Ah bon ?
- Oui, chaque fois que j’ai l’occasion de voir l’une de leurs productions avec les chenapans, c’est ce qui me saute aux yeux. Shere Khan, Frolo, Jafar… Ce Scar est probablement le meilleur exemple de ce que Disney veut faire désapprouver aux enfants : la supériorité intellectuelle, la rhétorique, la maigreur… – je te passe la différence de couleur parce que c’est à peu près le seul élément sain qu’ils font passer aux générations futures – et l’élégance homosexuelle.
- Oooh… ! s’exclama Becky, stupéfiée.
« Soyez prêtes pour la chance de votre vie…
Car enfin va venir le grand jour ! »

- … Mais c’est vrai c’que vous dites ! clama la petite fille outrée en voyant Scar se recoiffer avec panache et lancer une œillade provocante au spectateur par-dessus son épaule désarticulée.
- Tu vois ?
- Vous êtes tellement intelligent, Teddy ! Heureusement que vous êtes là pour m’ouvrir les yeux.
- Oh mais je t’en prie, ma toute belle, il faut bien que je te retourne tes lumières, ronronna Bagwell.
C’en était trop. Dino se leva, et quitta le salon pour aller frapper doucement à la porte de la chambre parentale. Après le borborygme distrait qui l’autorisa à entrer, il vint tout doucement tirer sur la veste de son père.
- Qu’est-ce qu’il y a, Dino ? Papa est occupé, l’informa Abruzzi, les lèvres pincées autour de son cigare, sans quitter sa feuille de compte des yeux.
L’enfant se contenta de tirer à nouveau sur le pan de veste avec une précaution légèrement insistante. Quand le parrain daigna enfin lui jeter un regard, il rencontra deux yeux gris-bleu empreints de détresse levés vers lui. Son fiston lui prit alors simplement la main et John se leva en posant son clopeau sur le cendrier.
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MessageSujet: Re: Ne réponds pas à ton père, et autres vignettes honteuses   Mar 6 Jan - 11:12

Lorsqu’ils arrivèrent dans le séjour, T-bag et Becky étaient en train de se chamailler au sujet de l’utilité de Nala dans le scénario. Le débat avait visiblement dégénéré si l’on en jugeait par les coups de patte hilares que lui donnait la fillette, tandis que le sociopathe la tenait en respect en chatouillant simplement son ventre d’une seule main.
- C’est elle qui le ramène pour qu’y devienne le roi !
- Foutaise : ce couillon de lion croit voir son paternel dans le ciel, je m’en souviens bien.
- Oui ben c’est pasque Nala l’a fait réfléchir ! hoqueta la blondinette en écrasant une petite main sur le visage de Theodore pour tenter de se libérer.
- Tu parles ! C’est parce que le vieux singe lui a refilé un peu de la dope qu’il a dans ses calebasses, parce que politiquement ça l’arrangeait bien.
- C’est pas vrai ! protesta Becky en se tordant de rire.
T-bag attrapa le bras qui le gênait de sa main libre et s’apprêtait à ajouter quelque chose avec un sourire enthousiaste, quand il fut interrompu par un raclement de gorge. Il leva la tête pour voir le père et le fils se tenant à l’entrée du salon, l’exacte même expression de reproche sur le visage.
- Tiens, John, dis-nous un peu ce que tu penses ça :
- J’en pense que nous allons en discuter tous les deux en privé, mon gars.
- Mais Johnny-boy, je suis au milieu d’une merveilleuse conversation. Becky est une petite fille très intéressante !
- Theodore. Immédiatement.
Bagwell leva les yeux au ciel, puis s’extirpa du canapé.
- Je reviens tout de suite, ma chérie…
A peine furent-ils hors de la pièce qu’Abruzzi le saisit de manière particulièrement brutale par la nuque et le poussa ainsi en direction de la porte. T-bag aspira douloureusement entre ses dents.
- Qu’est-ce qui te prend, Johnny-boy ? Qu’est-ce que j’ai encore fait de mal ?
Le mafioso ne se donna même pas la peine de répondre, et l’entraîna sur la pelouse humide.
- John, certains d’entre nous sont pieds nus… Où on va, comme ça ? Faire une balade de minuit ?
Le psychopathe aperçut alors l’imposant véhicule flambant neuf… sagement garé devant le portail.
- Ooooh… non !
Il donna une vive secousse et parvint à se libérer. Mais avant qu’il n’ait eu le temps de courir jusqu’à la porte d’entrée encore ouverte, le gangster lui avait coincé la tête au creux de son bras d’un geste véloce et le transbahutait de plus belle à travers le jardin, ses pieds frottant vainement sur les brins d’herbe détrempés.
- Non non-non non-non non-non, pas de ça…
Il entendit retentir le petit bruitage du déverrouillage.
- John, tu vas quand même pas… ?
Abruzzi ouvrit la portière et, malgré les vaillantes protestations de T-bag qui frétillait comme un poisson hors de l’eau, réussit finalement à balancer ce dernier sur la banquette arrière. Il verrouilla aussitôt la voiture et s’en fut, serein justicier, tandis que le sociopathe tambourinait comme un beau diable contre la vitre en vociférant suppliques et menaces… qui ne lui parvenaient que lointainement.

John referma la porte et s’en retourna à son bureau, avec sur le visage l’air satisfait qui découlait du travail bien fait. A peine s’était-il installé que son portable se mit à vibrer dans sa poche intérieure. Il fronça les sourcils avec un petit sourire narquois en voyant le nom indiqué sur l’écran.
- Oui… ? décrocha-t-il sur un ton mielleux.
- J’avais oublié mon téléphone cellulaire dans un des vide-poches… Une chance que je ne pense jamais à trimballer ce petit gadget partout avec moi, huh ?
- Si tu le dis…
- … John ? Fais-moi sortir.
- Oh je suis désolé cette option est indisponible pour le moment. Au revoir… !
- IL FAIT TRES FROID LA-DEDANS !
- Ouais, eh ben… ça te fera pas de mal après t’être échauffé comme un fou sur cette gamine devant le putain de Roi Lion.
- Jo-ooohn ! Je ne me suis pas échauffé, je badinais.
- Eh bien on ne badine pas avec la poule d’un membre de la famille ! Pour l’amour de Dieu, Theodore, comment ai-je pu espérer que tu n’aurais pas l’indécence d’essayer de te faire la petite fiancée de ton propre fils ?! Je dois vraiment être innocent… soupira-t-il en se signant.
- … Techniquement, ce n’est pas mon propre fils, négocia l’Alabamien.
- Bon ! Tu vas me dire que le jour où Jimmy nous ramènera une jeune fille… pardon, le jour où Jimmy nous ramènera un garçonnet en jupe qu’il aura embrassé alors qu’ils jetaient ensemble des fourmis dans une toile d’araignée, celui-là tu n’essaieras pas de te l’envoyer ?
- … Ca dépend s’il a un visage qui s’harmonise avec les jupes.
L’Italien eut un grognement railleur :
- De toute façon ton taré de rejeton t’aura déjà sauté dessus avec un compas, lui, s’il te voit l’accaparer à ses dépends.
- Eh bien… c’est peut-être justement quelque chose dans ce goût-là qu’il faudrait apprendre à Dino, tu ne crois pas ?
- Qu’est-ce que tu racontes, bordel ?
- Je veux dire… je n’essayais pas de me glisser sous la nuisette de la gosse – très mignonne au demeurant. Je pensais seulement qu’il pourrait être utile à Dino d’apprendre à se montrer un peu plus agressif dans le jeu de séduction.
- Ben tiens !
- Non vraiment, John. Il faut qu’il voie comment sa marche. Qu’il apprenne par mimétisme. C’est comme ça que font les louveteaux.
Au bout du fil, Abruzzi se passa la main sur le visage.
- …Quel merveilleux père tu fais.
- Merci. Ca veut dire que je peux sortir ?
- Non.
- Mais John, j’ai vraiment froid, moi ! Je te rappelle que je suis en sous-vêtements !
- Dommage. Ca t’apprendra à faire ton coq.
- Je vais choper une pneumonie si tu me laisses là-dedans. Et après c’est toi qui devras rester à mon chevet pour m’apporter du bouillon, prendre ma température anale, et recueillir mes dernières volontés en pleurant toutes les larmes de ton corps. Avoue que c’est un fastidieux programme.
- Surtout sachant que tu affolerais le thermomètre et que je n’ai aucune expérience en tant que pleureuse professionnelle.
- Tout à fait. Aussi laisse-moi sortir.
- T’as qu’à profiter de ce système de chauffage dont Tony nous a vanté les mérites.
- … J’ai besoin de la clé pour ça.
- Oh, suis-je bête, j’avais oublié ce détail ! répondit le mafieux sur un ton goguenard.
- … T’es vraiment un fumier, tu sais ça ? T’as pas idée de ce que je vais te faire subir si je reste dans cette tire réfrigérée plus longtemps.
- Je ne suis pas sûr d’être celui des deux qui va trembler le plus. Bonne nuit, Theodore.
- Non ! Att…
John referma le clapet de son portable. T-bag était tellement plus commode à gérer par téléphone…

Au même moment, dans le salon, Becky se rapprochait un peu de Dino en fixant d’un air navré le lionceau qui essayait de réveiller son papa. Le petit garçon lui prit galamment la main et la serra juste assez pour lui prodiguer le réconfort promis, sans passer pour un godelureau. L’adorable tête-blonde lui sourit, ses grands yeux bruns reconnaissants derrière ses lunettes rouges.

Le vibreur se manifesta à nouveau. Abruzzi sourit derrière son cigare et reposa son stylo.
- Allô ? répondit-il avec une allégresse infantile.
- … Qu’est-ce que tu portes en ce moment, Johnny-boy ? interrogea une voix terriblement sérieuse à l’autre bout du fil.
Le mafioso retira le cigare de ses lèvres pour sourire un peu plus largement, laissant voir ses dents de requin.
- Là ? Une chemise et un futal Gucci. Faut-il que je te décrive la veste qui va avec ?
- Et sous cet accoutrement de raclure ritale bon chic bon genre, qu’est-ce qu’on a ?
- Oh, une petite frivolité pure soie ma foi bien confortable. Ca garde le tout bien au chaud !
Un léger gémissement de frustration aigre fut perceptible dans le récepteur.
- Couleur ?
- Noir. Celui avec le flingue.
Un soupir calme mais un peu trop audible finit par lui répondre.
- … Theodore, tu es en train de te toucher ? s’enquit Abruzzi, faussement choqué.
- Je suis en train de lutter contre l’hypothermie. C’est ce qu’on appelle l’instinct de conservation, particulièrement développé chez l’ex-taulard moyen, comme tu dois le savoir.
John claqua sa langue contre son palais, désapprobateur :
- Vilain Teddy…
- Mhhrr, redis-le.

Dino souriait aux anges alors que la course-poursuite entre les hyènes et Simba atteignait son pinacle dramatique : Becky n’avait pas pris la peine de retirer sa main. Ses deux frères semblaient tout aussi ébaudis au même moment, mais c’était parce que les hyènes en chasse les mettaient dans un état d’euphorie étourdissante.

Les pieds sur son bureau, Abruzzi y allait d’un léger rire suffisant après avoir perçu une crispation presque silencieuse mais trop familière se nouer au bout du fil.
- J’ai toujours dit que tu avais besoin de la verbalisation davantage que du sexe.
- … Nom de Dieu ce que j’aime ta voix, se répandit T-bag dans un soupir anéanti.
- … Theodore ?
- Mh ?
- Tu es venu sur la banquette en cuir toute neuve ?
- … Non… ?
Le parrain raccrocha sèchement. Puis il sortit l’autre main de sa braguette en bataille et se leva sur le champ, rajusta un bouton à la va-vite, et attrapa les clés sur le bureau avec le geste décidé du héros de film d’action après le moment psychologique de l’histoire.

T-bag se redressa tout à coup de sa léthargie post-orgastique déprimée et frileuse lorsqu’il vit la haute silhouette de son confrère criminel s’approcher dans le noir, derrière la vitre. Une vague d’espoir le submergea, ainsi qu’une recrudescence drastique de son besoin de chaleur. Abruzzi ne déverrouilla le véhicule que lorsqu’il fut devant la portière, qu’il claqua rapidement derrière lui.
- Tu es prêt à expier tes fautes, Te… ?
Il n’eut pas le loisir d’achever ses menaces, car T-bag lui avait déjà sauté sur le poil et lui arrachait tout ce qu’il avait sur le dos avec une frénésie qui témoignait d’une recherche primaire de contact chaud.
- Attends seulement que je te fasse payer ce coup-là et on verra si tu es encore d’attaque pour dispenser quelque rédemption que ce soit après… siffla l’Alabamien sur un ton qui grelottait de froid.
- Je devrais t’enfermer en petite tenue dans la voiture plus souvent, j’ai l’impression ! déclara John en contre-attaquant.
Bagwell lui écrasa violemment le poignet sous son genou pour défendre le nounours de son caleçon. Apparemment le sociopathe n’était pas très content…

Si les bambins n’avaient pas été si absorbés par le bonheur coloré et partouzard de la philosophie Hakuna Mattata, ils auraient pu apercevoir par la fenêtre l’imposant break noir être agité de chaos brutaux, et une paume s’écraser désespérément contre une vitre qui s’était soudainement embuée.

Theodore se laissa retomber sur Abruzzi, la joue aplatie sur son épaule humide, les yeux mi-clos par la satisfaction. Les deux meurtriers calmaient progressivement leurs respirations, et appréciaient en silence la température à présent tout à fait chrétienne de l'habitacle. T-bag souriait niaisement en mordillant d'un coin de dent la peau du mafioso.
- C'est fou ce que ça va mieux, maintenant, déclara-t-il.
John émit un vague rire rauque amusé.
- Et ces pauvres gamins qui sont assis sagement à regarder le Roi Lion... T'es quand même un foutu père indigne, tu sais ça ? Et en plus tu m'entraînes dans tes conneries !
- Oh mais les petits anges ne sont pas en reste, rassure-toi. Tu n'as pas idée du nombre de fois où l'on peut lire le mot « SEX » en filigrane dans les images du Roi Lion... glissa T-bag en levant les yeux.
- Tu déconnes ? lança Abruzzi, bluffé.
- Ahn-ahn. C'est Jimmy Junior qui me les a montrés. Il s'agit censément de messages subliminaux, tu sais, le genre qui te passe au-dessus de la conscience. Mais va savoir comment, la crapule les avait tous repérés au premier visionnage.
- Mais c'est scandaleux, enfin !
- Pourquoi ? Ca montre qu'on ne pourra jamais abuser de la crédulité de ce môme. C'est formidable, affirma Bagwell avant de se mettre à lui lécher tendrement l'omoplate.
- T'es en train de me dire que Disney s'amuse à foutre des saloperies dans des dessins animés faits pour les gosses ? s'outragea le parrain en se redressant.
- Le monde est glauque, hein, Johnny-boy ? lança un pédophile espiègle. Et si on rentrait finir le film avec eux ?
- Toi, mon petit gars, j'ai comme l'impression que tu n'es pas tout à fait calmé, affirma Abruzzi en le plaquant de tout son poids contre le dossier d'un siège avant.
- John, si je dois jouir encore une fois ce soir, je vais probablement passer l'arme à gauche, rétorqua T-bag en le considérant, l'air désabusé.
- C'est fait pour. Principe de précaution, se justifia le gangster en lui soulevant les jarrets.

Sur l'écran de télévision, Simba s'affaissait à terre, l'air exténué, faisant voltiger de la poussière en volutes suspectes. Becky s'assoupissait doucement sur l'épaule de Dino, muettement béat. James esquissait un rictus salace...
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Cerisette
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MessageSujet: Re: Ne réponds pas à ton père, et autres vignettes honteuses   Mer 4 Mar - 12:45

Première partie d'une vignette en deux morceaux. Very Happy (Mais non mais non, elles ne deviennent pas exponentiellement plus longues, c'est dans votre tête.)



A l’origine


- Je ne te le répèterai pas deux fois : signe… l’assurance.
John considérait son « client » de toute l’aigue-marine glaciale de ses yeux écarquillés, un peu par en-dessous, la main serrant son épaule d’une manière qui dérivait progressivement de la cordialité compatissante à l’intimidation impitoyable.
- Allez tous vous faire foutre, vous m’aurez pas comme ça ! se rebiffa l’homme en se dégageant sèchement de l’emprise pour se diriger vers la porte par laquelle on l’avait fait entrer, et qui affichait le panonceau « privé » au reste de la compagnie d’assurance. Celui qu’il avait pris pour un agent d’entretien patibulaire lui barra le chemin de son manche à balais, flegmatique.
- Allons, Rocco, je sais que ça doit te coûter, mais c’est toujours la meilleure solution ! Que ferait ta tendre épouse si tu venais à disparaître, Dieu t’en préserve ? émit Abruzzi, majestueux dans son beau costume de chez Valentino.
- Vous croyez qu’j’ai pas compris c’que vous magouillez ? Ecoute-moi bien, espèce de pourri, vous pourrez m’crever tant qu’vous voudrez, mais cette garce n’aura pas un centime, tu m’entends ?
John soupira, passa ses deux mains sur ses cheveux, puis adressa un petit geste las au concierge qui se saisit sans ménagement de la clientèle récalcitrante.
- Mais enfin, lâchez-moi !
Il fut assis de force sur une table basse miteuse abandonnée là, et l’affolement du pauvre bougre ne fut que renforcé à la vue de John Abruzzi sortant d’un recoin une grosse paire de pinces coupantes.
- AU SECOU… brailla-t-il avant d’être bâillonné par ce qui était, définitivement, un homme de main.
Le parrain se rapprocha, d’autant plus imposant à présent que pendait au bout de son bras un objet massif et tranchant. Il considérait l’homme avec gravité, quand son téléphone portable sonna les Noces de Figaro. Il s’interrompit en soupirant à nouveau.
- Oui ? répondit-il sur un ton un peu cassant.
- Bonjour, c’est l’agence de babysitting « Bouille à bisous » à l’appareil. Je vous appelle car il y a un contretemps en ce qui concerne la garde de vos fils, ce soir.
Abruzzi se massa le bas du front. Toujours des problèmes…
- Comment ça se fait ?
- La dernière demoiselle susceptible de s’en charger aujourd’hui s’est récusée. Vous savez, les maux de gorge circulent vite… suggéra la voix désagréable de l’employée.
- Et vous ne pouvez pas dégoter quelqu’un d’autre à mettre sur le coup ? C’est votre boulot, quand même. Si on ne peut même plus compter sur vos services…
- Eh bien sachant que votre… « ami » nous a spécifié qu’il ne voulait pas d’une afro-américaine pour garder ses enfants…
- Encore heureux, grogna le mafioso en s’affaissant sur la table basse à-côté de son pigeon, toujours tenu en respect.
- … vous comprendrez que ça ne nous facilite pas la tâche, en dehors du fait que c’est illégal et que nous vous faisons une faveur d’habitués en y cédant.
- Mademoiselle, vous savez très bien comment ça s’est passé la dernière fois que vous avez envoyé une jeune fille noire. Ca ne peut pas marcher, c’est tout. Nous vous en informons pour le bien de votre main-d’œuvre.
Lorsque T-bag était allé ouvrir la porte, le sourire déjà prêt au cas où la petite baby-sitter s’avère consommable, son visage s’était teinté d’effroi tandis qu’il avait passé en revue la couleur de chaque parcelle de peau visible. Caligula était venu s’accrocher à sa jambe et s’était exclamé, tout excité : « Oh, mon papa ! Tu nous as ramené une esclave ? ». Theodore avait été chiffonné mais, sur un regard de sa part enjoignant de laisser couler, il avait fini par balancer : « C’est ça, papa vous a ramené une esclave, faites-en ce que vous voulez » avant de franchir le seuil.
- Si vous le dites. En ce cas, nous sommes navrés mais nous serons dans l’impossibilité de vous fournir un service ce soir et… l’honnêteté me pousse à ajouter que cette occurrence sera probablement de plus en plus fréquente à mesure que vous faites le tour des différents membres du personnel.
Abruzzi raccrocha, et saisit le pied de son client pour retirer sa chaussure.
- Maintenant mon gars, si tu refuses de signer le contrat, ça risque vraiment de pas faire du joli… récita-t-il machinalement.
- Laissez-moi ! s’écria-t-il, étouffé par une grosse paluche. C’est moi qui me suis tapé tout le boulot et maintenant vous voudriez qu’je donne tout à cette conne ? Vous êtes dégueulasses !
- Ce qui est dégueulasse c’est de battre sa femme, stronzo, aboya vaguement le père de famille pour le faire taire, afin qu’il puisse se concentrer sur la résolution du problème.
On ne pouvait jamais compter sur les gens et leurs jérémiades…


- JE VAIS LE DIRE A MON PERE ! glapit Lincoln Junior en faisant irruption hors du bureau de Theodore.
Il rajustait l’un des boutons rouges de son sweat blanc qui, en fait d’être alignés en fermeture, ouvraient ça et là des échancrures et marquaient censément tous un point vital du corps humain.
- C’EST CA, ET PENDANT QU’T’Y ES ENVOIE-MOI AUSSI TON BEL ONCLE, QU’IL PUISSE ME L…
T-bag qui était sorti en trombe à sa suite, envoyant voltiger son joli chapeau à la The Mask, trébucha sur un trépied d’appareil photo et atterrit directement sur le lino du studio. Jeremy et Octavian, qui sortaient prendre leur déjeuner « en civils », sac au dos ou en bandoulière, le ramassèrent aimablement. « VA T’FAIRE FOUTRE ! » retentit la voix de LJ depuis les vestiaires.
- MOI MA CARRIERE EST FAITE, PETIT ! TOI EN REVANCHE TU COMMENCES A TE FAIRE VIEUX POUR CE METIER, ET TU RISQUES DE DEVOIR TE RECONVERTIR PLUS VITE QUE TU NE LE PENSES SI TU PERSEVERES DANS CETTE MAUVAISE VOLONTE ! vociféra-t-il tout en se redressant.
Le grand couturier envoya valdinguer ce qu’il appelait le « parapluie à lumière » avant de s’en retourner à ses quartiers d’un pas furibond. Un bon sandwich au rosbif et des arachides caramélisées le calmeraient sans l’ombre d’un doute… un peu. Hélas, alors qu’il rentrait dans son bureau, il entendit sur le seuil un ton qu’il connaissait bien et qui n’augurait jamais que d’interminables argumentations :
- Teddyy… ?
- Pas maintenant, Morten, grinça-t-il sans se retourner.
- Il faut absolument que je te parle.
Celui qui avait émit cette déclaration si docte et autoritaire n’était autre que son benjamin, qui sortait tout juste de sa douzième année et qui savait déjà mieux mener sa barque que certains aînés, semblait-il. La pauvre petite chose était orpheline, et avait donc acquis un art consommé de la débrouillardise par la force des choses. Theodore avait été séduit par cette note dramatique dans le Curriculum Vitae du garçon, toujours friand d’histoires sordides. Il s’affala dans son fauteuil a roulettes et soupira avec un petit geste agacé qu’Abruzzi aurait sans doute qualifié d’efféminé :
- C’est pas le moment. Je vous jure, je n’en peux plus vous entendre geindre à tout propos : vous les jeunes vous n’êtes jamais contents de ce qu’on vous donne. Moi à votre âge je gagnais ma croûte comme garçon-boucher, et je peux vous dire que c’était un sale boulot, et que ce n’était pas payé la même chose !
Morten, un sourire complaisant aux lèvres, le laissa radoter sur le temps où il devait patauger dans le sang en tablier dans d’horribles chambres froides, et porter des carcasses de veaux qui faisaient deux fois son chétif poids d’enfant malnutri. Il leva au ciel des yeux noisettes cernés de noir et secoua discrètement l’ébouriffage étudié de ses cheveux teints en brun-roux sombre.
- A chaque métier ses règles du jeu, hein ? conclut le frivole enfant. Moi je dois prendre garde à ne pas te laisser rater les bonnes occasions, c’est une sacrée responsabilité pour mon jeune âge !
Goguenard, Bagwell répondit :
- Si c’est à propos de New York…
- Pourquoi tu ne m’emmènes pas ?! le coupa Morten en tapant du plat de la main sur le bureau pour appuyer sa demande.
Ses deux bagouzes de gothique manqué donnèrent un poids supplémentaire à l’éclat recherché. Trop de breloques sur ce môme… Son oreille gauche elle-même semblait une manifestation de la crise du logement, le lobule percé d’une petite toile d’araignée, et le haut du lobe mordu par deux fins anneaux d’acier. Son poignet droit, lui, était cerclé de cuir noir où deux boucles argentées retenaient des sangles par un trou supplémentaire percé au ciseau, témoignant de l’inadéquation du porteur. Theodore lui faisait parfois enlever toute cette quincaillerie lorsqu’il était au boulot mais, de temps en temps, elle lui inspirait des tenues dans la ligne de ce look hybride et artificiel. En l’occurrence, une interminable fermeture-éclair noire s’enroulait autour de son tee-shirt gris perle sans manche pour finir au-bas de son dos.
- Aux dernières nouvelles, je n’ai pas de compte à te rendre à ce sujet il me semble. Maintenant déguerpis. Ce n’est pas parce que je ne suis pas syndiqué que je n’ai pas droit à ma pause comme tout honnête travailleur, déclara T-bag avant de se pencher sur son sac, ignorant volontairement un Morten contrarié, pour y farfouiller à la recherche de son casse-croûte.

Il entendit le bruit d’un coup et, lorsqu’il sorti le nez de ses affaires, il ne put que constater que le garnement avait grimpé à genoux sur son bureau et lui tournait le dos, le considérant par-dessus son épaule en fronçant le nez, résolu.
- Foutre-Dieu Morten, tout ce que je veux c’est bouffer mon déjeuner tranquille ! protesta un Bagwell véhément.
- Tu veux que je te l’ouvre ? proposa le garçon en abaissant légèrement la fermeture métallique qui prenait le relais à l’arrière de son futal noir.
T-bag poussa un lourd soupir résigné et jeta son sandwich sur un coin de table, avant de croiser les bras en plissant des yeux vaincus.
- Je veux en être pour New York, reprit Morten en amorçant un gentil petit roulement du bassin machinal.
- Impossible. Je ne peux en prendre que deux pour cet événement-là, ce n’est pas moi qui l’organise.
- Mais pourquoi Samuel et LJ ? râla le gosse.
- Tu le sais très bien, petit. Ils sont majeurs, voilà pourquoi.
- Foutaises, y a pas besoin d’avoir dix-huit ans pour participer à un défilé.
- Non, mais il faut treize printemps révolus, en revanche, et ces petites festivités vont être du genre grand format et grand public, ce qui signifie grandement réglementées. Ca ferait déjà mauvais effet d’amener des mineurs, mais un morveux qui vient tout juste d’être régularisé alors qu’on a vu sa photo sur des abris-bus il y a plusieurs mois serait définitivement la dernière personne à laquelle je penserais, railla Theodore sans quitter des yeux les mouvements du petit derrière.
- Ca n’est que ça ? Tout ça parce que je suis un pauvre tendron qui n’a pas… définitivement pas l’âge légal ? interrogea Morten en abaissant un peu plus la fermeture-éclair, révélant un fragment de shorty noir sur lequel T-bag reconnut le « k » blanc de « Slipknot », encore qu’il ignorât tout de ce sombre groupe qui excitait la jeunesse actuelle.
Il décroisa les bras et se renfonça un peu dans son siège avant d’objecter, très concentré :
- Ecoute, mon bonhomme, je suis le premier à réprouver l’hypocrisie d’une société qui s’acharne à vous infantiliser en dépit du bon sens, mais hélas ce n’est pas moi qui dicte les lois de ce pays, entendu ?
- Mais tu y as déjà fait une petite entorse. Alors que là tu ne ferais rien de mal en me prenant avec toi.
La fermeture avait atteint le coude que formait la glissière en partant sur la cuisse, avant de s’enrouler lâchement autour de la jambe. Le pédophile resta stoïque, absorbant petit à petit sa lèvre inférieure dans sa bouche.
- J’ai dit non.
- Siteuplait, Teddy… ?

Alors que la sueur commençait à perler à la tempe de T-bag, le menton dramatiquement appuyé sur son pouce, les lèvres pressées contre son majeur replié, une petite sonnerie simpliste et stridente retentit de sa poche intérieure. Il eut un soubresaut suivi d’un mouvement paniqué pour décrocher et plaquer dans le même temps son autre main sur celle de Morten pour stopper la progression fatale du petit morceau de ferraille.
- Oui ? répondit-il en tentant de ne pas paraître trop aux abois.
- Theodore ? On a un problème, l’informa la voix de son cher partenaire de crime.
- Quoi, qu’est-ce qui se passe ? demanda-t-il, au comble de la tension nerveuse.
- Cette garce de baby-sitter s’est décommandée. On est dans la mouise. Il fallait vraiment qu’on voie Sylvio et Bevelaqua ce soir, cette histoire commence à traîner un peu trop à mon goût.
- Ah, répondit le sociopathe, soulagé d’apprendre que les fédéraux n’étaient pas déjà en train d’assiéger l’école primaire de leur quartier. Attends, laisse-moi réfléchir…
Après quelques instants, il couvrit de ses doigts le bas du téléphone et leva les yeux vers Morten, qui le considérait sagement depuis le début. Bagwell lui adressa un petit coup de tête.
- Ca te dirait d’te faire de l’argent facile ?
- J’ose à peine demander comment.
- Tu as vraiment l’esprit mal tourné mon garçon, affirma T-bag qui, depuis quelques instants, avait la main pressée contre l’une de ses fesses. Ce serait seulement pour garder mes gosses ce soir.
- Oh, tu sors avec ton macho italien ? sourit le préado en levant un sourcil.
- Ta gueule, oui ou non ?
Morten hocha la tête, tout sourire.
- C’est bon, Johnny-boy, j’ai trouvé un remplacement, annonça fièrement Theodore.
- Ah bon, déjà ? s’étonna le parrain à l’autre bout du fil, le téléphone coincé dans l’épaule, et la pince coupante autour du gros orteil de son contrat. Eh ben, t’es vraiment un chef !
- Hmm, j’aime te l’entendre dire… ronronna le sudiste.
- T’y habitues pas trop.
Un hurlement retentit dans le fond, à tel point que même le mannequin en culottes courtes le perçut et fronça les sourcils.
- Tout va bien, John ?
Après une brève confusion, Abruzzi répondit :
- Oui oui, un secrétaire a renversé le café brûlant sur les genoux de Calzone. C’est vraiment un bras-cassé celui-là… Bon, je te dis à ce soir, alors ? Merci d’avoir arrangé le coup !
Sur ce, il raccrocha.
- Ca veut dire que je vais à New York ? demanda Morten.
- Non, ça veut dire que tu vas te faire 50 dollars en une soirée. Pour le reste je ne suis pas tout à fait convaincu… rectifia T-bag en relâchant doucement la main du garçonnet avec une petite caresse.
Ce dernier lâcha un soupir à la fois résigné et optimiste, et se remit à faire ronronner lentement la fermeture-éclair.
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MessageSujet: Re: Ne réponds pas à ton père, et autres vignettes honteuses   Mer 4 Mar - 12:45

Caligula se mit à hurler de tout son cœur ; un cri de détresse absolue éclata d’abord dans les aigus puis résonna dans toute la maison. Une porte s’ouvrit à la volée et des pas excédés accompagnés de jurons grommelés se dirigèrent vivement vers la chambre des enfants.
- QU’EST-CE QUE C’EST QU’CE TOHU-BOHU, LES MÔMES ? tonna Theodore, en train de refaire le nœud de sa cravate rouge, un costume à fines rayures sur le dos.
Le benjamin serrait dans ses bras une malheureuse peluche de cheval en deux morceaux.
- Y zont décapitulé Incitatus ! sanglota désespérément Caligula, le visage baigné de larmes.
Bagwell soupira.
- JIMMY ! DINO ! appela-t-il dans le couloir.
Les deux aînés finirent par se montrer, l’air déjà penauds.
- Bon, lequel d’entre vous a occis le canasson du petit frère ?
- Ils l’ont fait tous les deeeeux, affirma l’intéressé, toujours secoué par les pleurs. Y m’embêtent tout le temps depuis trois jours je sais même pas pourquoa…
Là-dessus, il se replia misérablement sur sa peluche défunte pour continuer à pleurer. Les deux aînés ne disaient rien, les mains derrière le dos, la mine renfrognée et récalcitrante. T-bag les calotta durement l’un après l’autre, d’un bon coup dans l’occipital.
- Dino, je comprends que tu aies pu déduire que mettre la tête d’un cheval dans le lit d’un homme soit le meilleur moyen de se venger de lui, mais pas quand il s’agit d’un membre de la famille, d’accord ? Quant à toi triple-idiot si tu veux aller charcuter des poneys, y en a plein au parc où je vous emmène le mercredi. Qu’est-ce que c’est que cette idée de t’en prendre aux jouets de ton frangin ?
Jimmy Junior le défia du regard.
- Ah tu le prends comme ça ? Comme vous voudrez !
L’Alabamien s’avança alors dans la chambre et s’empara du cochon-tirelire de Dino, ainsi que du chiffon informe avec lequel James dormait depuis qu’il était né. Les deux bambins se mirent alors à protester, stupéfaits et anéantis.
- P’pa ! J’devais m’acheter une voiture télécommandée !
- Eh ben comme ça vous comprendrez un peu ce que ça fait.
- C’est pas pareil. Incitatus est mort ! Qui va payer pour lui ? se lamenta Gugul, étreignant toujours son cheval.
- Oh toi la ferme, hein, répliqua Bagwell. Ca va t’endurcir un peu, ça ne peut te faire que du bien.
Sur ce, il consigna les deux objets tout en haut d’un placard, et s’en retourna dans sa chambre pour se coiffer d’un feutre gris qui lui allait ma foi fort bien. John secoua un peu la tête en bouclant sa montre en or. Il savait que Theodore se vêtait en mafioso de la vieille école chaque fois qu’ils devaient rencontrer ses amis par pure provocation, mais lui prétendait évidemment que ce n’était qu’un amusement bon-enfant.

On sonna à la porte et ils allèrent ouvrir au jeunot. Celui-ci était chargé comme un baudet, un sac sur le dos, un étui de guitare en bandoulière, et à la main ce qui ressemblait à un grand sac à surgelés.
- Salut ! lança-t-il en utilisant sa main libre pour serrer celle de John Abruzzi. Enchanté de vous connaître !
- De même, … ?
- Oh, suis-je bête, Teddy n’a pas pris la peine de me présenter. Morten Bjørksen, mais je ne vous demanderai pas de le prononcer à la norvégienne.
Le parrain mafieux sembla demeurer un peu perplexe, mais déjà le garçon déposait tout son barda dans l’entrée. Les deux aînés se pointèrent pour jauger la nouvelle baby-sitter et eurent la bonne surprise de constater que l’individu semblait partager avec eux le sexe fort, ou du moins quelque chose d’approchant. Ils se promirent pourtant tacitement de ne pas se laisser amadouer pour si peu.
- Ah, voilà à quoi ressemble ta progéniture ? demanda le jouvenceau.
- Oui, Jimmy Junior et Dino. Ils sont grognons ce soir alors je te préviens, tu risques de pas rigoler. Les garçons, voici Morten, ce sera votre garde-chiourme ce soir. Il travaille avec papa alors soyez très gentil avec lui, sinon il aura les traits tirés et les nerfs à fleur de peau demain, et papa ne pourra rien en faire, indiqua Bagwell en s’emparant des clés de voiture.
Il ajouta ensuite à l’adresse du petit mannequin :
- S’ils font la foire tu les colles au pieu. Et tu leur fais c’que tu veux à grailler, y a ce qui faut dans le frigo.
- Et pas de télé toute la soirée, précisa Abruzzi.
- Compris, acquiesça Morten en faisant un salut militaire de sa main pleine de bagouzes en ferraille.

Les deux meurtriers quittèrent la maison, et l’italien ne put s’empêcher de remarquer au bout de quelques instants :
- Il a l’air un peu chochotte, ton gamin…
- Tu dis ça parce qu’il a un petit cul plus beau que le tien, c’est tout.
T-bag se fit méchamment coller la tête contre la vitre du conducteur, son chapeau de gangster voltigeant par terre. Il se releva en se massant le front et suivit d’un regard torve le parrain, qui faisait le tour du véhicule pour s’installer dignement à la place du passager.

Morten se retrouva face aux deux petits caïds aux mines volontairement renfermées et hostiles. Il prit l’un de ses sacs et se dirigea dans le couloir sans leur prêter plus ample attention, lançant simplement au passage :
- Vous en faites une tête ! Une fille vous a tiré les cheveux cet après-midi ?
- Nan ! s’empressa de répondre Jimmy. Papa y nous a pris nos affaires.
- Vous pouvez me montrer la cuisine, les gars ? demanda le préado avant de poursuivre la conversation. Quel papa ?
- Papa Teddy, l’informa le cadet tandis que Dino, prenant tout de même au sérieux son rôle de chef de la maison, ouvrait le chemin.
- Et qu’est-ce qu’il vous a confisqué ?
- Ma tirelire et le doudou de Jimmy, râla l’aîné.
- C’est pas un doudou, siffla l’intéressé.
- Vraiment ? Il les a mis où ? interrogea Morten en sortant une grande boîte plate et carrée de son sac pour la mettre dans le congélateur.
- En haut du placard, on peut pas les attraper…
- Faites voir.
Les deux mioches échangèrent un regard un peu étonné, puis allèrent indiquer l’endroit au baby-sitter. Ce dernier, après avoir constaté la chose, se mit à sauter plusieurs fois de suite pour attraper les deux objets. Lorsqu’il les eut dans les mains, il parut satisfait et déclara :
- Tu parles.
Là-dessus, il retourna à la cuisine et ouvrir les placards sous l’évier à la recherche de chiffons. Après avoir fouillé un peu, il finit par trouver son bonheur, et noua le morceau de tissu défraîchi de la même manière que le doudou-qui-n’en-était-pas-un. Il revint ensuite et jeta l’original dans les mains de James.
- J’imagine qu’il n’y a que toi qui fait la différence entre cette nippe et une autre, pas vrai ?
Il ouvrit ensuite le cochon de porcelaine et le vida de son contenu, ne laissant que trois piécettes pour tromper l’ennemi.
- Tiens, et tâche de bien les cacher jusqu’à ce qui te la rende, conseilla-t-il à Dino en lui faisant passer ses économies.
- Heu… je suis pas sûr que tu puisses faire ça… émit l’enfant.
Les deux bambins étaient en effet légèrement glacés par la désinvolture avec laquelle ce soudain allié sapait l’autorité de leur paternel. La restitution de leurs biens les en rendaient presque mi-figue mi-raisin.
- Oh, vous en faites pas… les rassura Morten en remettant tout en place en haut du placard. Votre papou joue les gros psychopathes, mais je sais comment le prendre.
Jimmy et Dino échangèrent une nouvelle œillade. De toute évidence, le baby-sitter ne croyait absolument pas si bien dire…

Abruzzi et Bagwell arrivèrent enfin dans un petit resto à l’ambiance jazzy, où ils rejoignirent deux individus bien mis mais aux allures finalement peu recommandables. Tous deux saluèrent John par une bonne accolade des deux côtés, et Theodore par un hochement de tête. Tous prirent place à une table ronde réservée à l’écart, sous une grande photo en noir et blanc d’Orson Wells, et commencèrent par les palabres d’usage qui consistaient principalement à s’enquérir de la santé de tout le monde.

- Qu’est-ce que tu vas faire à manger ? demanda Dino.
- Ah ça, mon ami, moi je vais pas vous faire de purée au jambon ou des conneries comme ça. Je m’en suis assez tapé dans mes familles d’accueil pour savoir qu’on en a vite marre. Je vais vous faire goûter au plat national norvégien !
- Eeew, je veux pas manger de la baleine ou des trucs comme ça…
- Mais non, rien à voir. Le plat national norvégien c’est la pizza Grandiosa ! annonça-t-il fièrement en ouvrant le tiroir à couverts.
Les deux garçons restèrent circonspects.
- Mais n’importe quoi, la pizza ça vient d’Italie, proclama Dino.
- Oui, bon, à la base, peut-être… mais cette variété-là, mon gars, elle n’existe que là d’où je viens !
- C’est cool, c’est bon la pizza ! approuva Jimmy en montant sur sa chaise.
- Ouaip’, admit l’aîné en disposant les assiettes et les ustensiles que Morten lui faisait passer. Papa nous en fait des fois, le week-end.
- L’autre, j’imagine ?
- Oui.
- Elle sera sûrement pas aussi bonne que les siennes, c’est sûr… Vous la voulez quand même où vous préférez autre chose ?
- Nan, c’est bon la pizza ! réitéra Junior. Y a tellement de pauv’ filles qui ont tenu à nous faire des légumes verts avec de la viande…
- Y manque un couvert, signala Dino.
- Ah bon ? Comment ça ?
- Ben y en faut un pour Gugul aussi, on lui donne plus la cuillère depuis quatre ans déjà. Tant mieux, d’ailleurs, parce qu’il était drôlement chiant. Ca finissait par les rendre fous, tous les deux.
La plupart du temps, John déployait des trésors d’inventivité pour élaborer des scénarios assez évolués pour convaincre le mini-Caligula que, oui, il était de toute première instance que la cuillère lui arrive dans le bec. Theodore, de son côté, répétait en général obstinément l’injonction « ouvre la bouche » sur tous les tons possibles et imaginables, et finissait une fois sur deux par craquer et éclater le petit pot contre un mur en déroulant toute une série de jurons du Sud profond, et en hurlant que même les jeunes bagnards qu’il fallait remettre à leur place faisaient moins leurs mijaurées que cette damnée petite peste.
- Ah mais parce que y en a un troisième ? s’exclama le baby-sitter.
- Ben oui, mais y boude dans la chambre, là, comme d’habitude…
- Ouais, c’est un gros bébé, celui-là… ajouta Jimmy en commençant à jouer avec son couteau.
- ‘Tain mais c’est qu’il a été productif, ce con ! déclara Morten en se pressant dans le couloir avec un sourire jusqu’aux oreilles.

- Alors, et pour ce qui est des gamins ? interrogea Abruzzi par-dessus de savoureux cannellonis à la viande et au fromage.
- J’y viens, répondit le chef de leurs deux comparses qui parlait avec une voix très étouffée. A ce qu’on en sait… le Bureau a d’autres chats à fouetter en ce moment, avec Al Caida et… tous ces bougnoules qui en veulent au pays. Donc, apparemment, vous avez pas trop de souci à vous faire dans l’immédiat, du moment, bien sûr, que vous vous faites… discrets.
Le courtier en assurance acquiesça.
- Le problème, c’est qu’ça va peut-être pas durer éternellement… reprit l’homme aux cheveux gominés avec une moue d’incertitude. Il faut dans tous les cas envisager… une petite mise au vert hors du pays, à terme.
T-bag grimaça un peu à cette idée.
- Tony veut que tu saches… qu’il a contacté la Famille à Avellino, pour que tu sois accueilli comme il se doit s’il s’avérait que… tu décides de retrouver tes racines.
- C’est gentil, Sylvio, et dis-lui bien que je le remercie de tout mon cœur. Chicago et le New Jersey ont toujours entretenu un bon commerce, et je le remercie d’honorer cette tradition. Il n’était pas tenu de le faire.
Son interlocuteur hocha la tête un moment, toujours avec cette moue qui lui semblait naturelle.
- Il le saura. Tu sais, il te citait souvent en exemple quand il avait ses… ses p’tits coups de gueule contre le système, tu vois ? Il disait que John Abruzzi était l’un des derniers mecs dignes du métier, qui ne parlait pas à tort et à travers et qui savait protéger les siens, en plus d’être assez rusé pour baiser la cabane.
- C’est gentil de sa part, sourit l’ancien détenu. Quant à sa proposition j’y réfléchirai… mais il va nous falloir un peu de temps. Ton mec de l’ambassade, qu’est-ce qu’il en dit ?
Ledit Sylvio dodelina de la tête.
- C’est compliqué… On peut vous faire disparaître en jet privé mais, même comme ça, y a des conneries de paperasses à régler même dans les petits aérodromes. En ce qui te concerne, on peut te fabriquer des faux papiers sans problème, mais pour tes enfants…
Bagwell eut un sourire aigre, son verre à la main. Cette façon dont le rital ignorait systématiquement son statut à l’égard de John l’amusait et lui mettait les nerfs en pelote tout en même temps. Peut-être aurait-il dû lui rouler un gros palot entre la poire et le fromage, juste pour voir leurs têtes ?
- … pour tes enfants, ce sera un peu plus coton. Il faudrait… il faudrait que leur mère fasse le voyage avec eux.
Abruzzi s’étouffa avec ses cannellonis et T-bag se redressa sur sa chaise au quart de tour, apparemment prêt à sauter à la gorge du mafioso.
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