La communauté des T-bagienS !!!
 
AccueilPortailFAQRechercherS'enregistrerMembresGroupesConnexion

Partagez | 
 

 Ne réponds pas à ton père, et autres vignettes honteuses

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3
AuteurMessage
Cerisette
Big Bad Wolf
Big Bad Wolf
avatar

Féminin
Nombre de messages : 273
Age : 30
Localisation : A l'oreille gauche de T-bag
Date d'inscription : 14/03/2007

MessageSujet: Re: Ne réponds pas à ton père, et autres vignettes honteuses   Jeu 4 Mar - 21:08

Camarades de jeux

Partie 1

A présent retourné à l’intérieur de la « Cahute », Theodore était en train d’ajuster sur Morten un ensemble qu’il devait finir avant de partir. Le garçon était étrangement peu loquace. Assis sur un tabouret, il laissait le couturier lui tourner autour sur son propre siège à roulettes, sans piper mot. Il avait rarement joué le rôle de « mannequin » aussi fidèlement. Un marqueur à textile sur l’oreille, des épingles plein la bouche, T-bag se concentrait sur sa tâche, qui consistait à ramener des bandes de tissu noir dans le dos de Morten pour refermer l’insolite tee-shirt hybride qu’il était en train de confectionner. Jeremy vint fouiner à leurs côtés, bien qu’il sût que l’« artiste » n’aimait pas cela. Simon était parti, Octavian récriminait dehors sur l’épaule d’LJ, et il avait eu envie de voir comment cette nouvelle affaire évoluait. Teddy fit pourtant preuve d’une indulgence inhabituelle, s’écartant légèrement pour lui montrer le travail, gardant deux lanières de toile pincées entre les doigts.
- Qu’est-ce que t’en penses ?
- Original… Oui, ça a d’la classe. Mais t’ajustes vraiment ça au plus près. A lui, ça lui fait un très beau dos, mais t’as pas peur que les petits gothiques torturés qui bouffent toute la journée devant « Twilight » ou en écoutant Marilyn Manson ça les fasse ressembler à des grosses paupiettes ?
Morten se laissa aller à glousser légèrement, accompagné par Bagwell.
- C’est de la responsabilité de chacun de renoncer à des choses susceptibles de porter les tassements adipeux au sommet de leur art, pas la mienne. Je suis créateur de mode, bon Dieu, pas marchand de parachutes !
Les deux adolescents rirent à leur tour. Il accrocha son épingle.
- A part ça, je me tâte toujours pour la fermeture : boucle ou bouton…
- Si tu veux mon avis, toute une rangée de boucles, comme ça, ça fera vachement sado-maso.
- C’est goth, ducon ! s’exclama gentiment Bjorksen.
Le sudiste fit pour sa part observer tout en marquant la bande d’étoffe :
- Peut-être mais au moins ce serait réglable, et tu n’aurais plus à geindre pour défendre la cause des petits dépressifs boulimiques.
- Le truc c’est que des boutons… vas-y pour les accrocher toi-même. Pourquoi pas des agrafes ? suggéra Jeremy.
T-bag parut choqué au plus haut point, les yeux écarquillés.
- Ce n’est pas un damné soutif élaboré, mon garçon !
- Oh, excuse-moi bien… se repentit le jeunot en levant une main apaisante.
- Non, un petit bouton rouge, ce sera parfait. Du reste, c’est tout à fait faisable de boutonner quelque chose dans son dos, du moment que ça ne dépasse pas les omoplates et que la finition est bonne, ce à quoi je mets un point d’honneur.
- Je te fais confiance.
- Grand merci. Allez, ouste maintenant, laisse-nous finir.

Lorsqu’il eut terminé de prendre tous ses repères, Theodore retira les épingles et annonça :
- Fini pour aujourd’hui. Je vais me mettre dessus de manière intensive et ça devrait être prêt demain en fin d’après-midi. Tu peux te rhabiller, petit.
- Okay, répondit simplement Morten.
D’une impulsion, Bagwell s’expédia près d’un grand pupitre dont il ouvrit le couvercle pour jeter un premier coup d’œil aux boîtes de boutons qu’il avait en réserve pour ses prototypes. La voix du jeune garçon s’éleva à nouveau, anxieuse et penaude.
- Ca a quelque chose à voir avec moi, le fait que tu doives t’en aller ?
Le couturier leva les yeux de sa fouille ; Morten s’apprêtait à renfiler son tee-shirt et les prunelles de T-bag parcoururent naturellement la chair juvénile exposée avant que le tissu ne voile à nouveau l’illicite spectacle.
- Non, mon garçon, ce n’est pas à cause de toi, lui assura-t-il.
Laisser planer le doute était une chose, mentir allègrement en était une autre.
- C’est tellement soudain, t’es sûr que c’est pas New-York qui a…
- J’en suis sûr.
L’ex-taulard se projeta à nouveau vers le petit emo et il poursuivit :
- Tu sais, j’aimerais pouvoir te dire que t’engager est la seule chose illégale que j’aie fait dans ma vie mais…
Il hésita, mordillant sa lèvre et échappant une ou deux moues spasmodiques.
- … mes gamins, comme tu t’en doutes, c’est pas une cigogne qui me les a apportés. Et comme on ne peut pas les pondre nous-mêmes, ça pose tout un tas de questions… La plus misérable pécore venue peut avoir des gosses avec la bénédiction de tout le monde, sans même s’emmerder avec le gugus qui va avec mais risque aussi de lui piquer son chômage pour aller le boire au troquet du coin ; il y aurait un tollé à décorner les bœufs si quelqu’un songeait à remettre en cause le droit d’avoir des enfants pour les junkies, les immigrés ou les pauvres qui ne peuvent pas les assumer et obligent la société à le faire à leur place ! Toute cette engeance-là, elle peut y aller, y a pas de problème ! Mais sitôt que la nature ne t’a pas fourni, comme dirait Sade, « le vagin au fond duquel faire éclore un peu de morve », si tu n’en as pas loué un dans les règles de l’art, avec une bague en toc, eh bien tu es baisé, mon petit ! Pour la justice de ce pays, mes propres mômes ne sont pas à moi.
- Oh, Teddy… Bien sûr que ce sont les tiens, et ça ne fait pas de toi un criminel ! s’émut Morten en enveloppant d’un geste protecteur la tête du meurtrier pédophile multirécidiviste, qui se retint de ronronner au contact de la poitrine gracile du préado, dont il sentait les battements de cœur à travers le tee-shirt.
- Enfin, tout cela pour dire que tu n’es pas le seul péché mignon que je garde par devers moi, conclut-il en ornant sa voix d’une subtile nuance d’embarras.
- Bon, ça me console un peu… même si ça va être dur de ne plus avoir ce boulot, déplora Bjorksen en le relâchant.
- Tu t’en sortiras… lança Theodore avec désinvolture. Tu es un petit gars très débrouillard, je te connais…
Morten soupira. Certes, on lui avait souvent dit qu’il était débrouillard, et à la vérité sa capacité de résilience arrangeait beaucoup de monde. Il avait un tempérament émotif mais, contrairement à ceux qui doublaient cela de passivité et de victimisation, il s’en servait pour parvenir à ses fins, quitte à faire des esclandres parfois. Et quand un orphelin se mettait à hoqueter des sanglots incontrôlables dans un bureau administratif de son collège, même une secrétaire scolaire tendait à faire quelques efforts pour se montrer arrangeante. La communauté devait certes s’occuper spécialement de lui, mais elle ne se sentait pas obligée de le porter à bouts de bras comme elle le faisait avec des personnalités plus démunies ; cela lui semblait quelque peu injuste, parfois. On lui faisait sans doute un brin trop confiance pour se tirer des mauvais pas qu’un garçon de treize ans dépourvu de tutelle parentale était susceptible de rencontrer.
- A demain, alors, lança-t-il en attrapant son sac à dos.
- C’est ça, à demain mon garçon, merci beaucoup ! lui répondit T-bag en récupérant le vêtement en cours de conception.


John était toujours à la table familiale sous le feu des questions, dans lesquelles on sentait étrangement un intérêt plus accru qu’au début. Certains membres de l’assemblée comme Rosalia et Peter semblaient tout simplement ne pas se faire à l’idée, comme figés dans l’attente d’un dévoilement de la mascarade. Les autres, à peine moins ébahis, cherchaient activement des explications.
- Mais… c’est qui ce type, John ? voulut savoir Schibetta, repassant à l’anglais, comme pour préserver les chastes oreilles de sa madre.
- Un autre ex-taulard.
- Oh… Vous… vous êtes rencontrés en prison, alors ?
- En effet.
- Vous étiez en manque et vous avez compensé comme vous pouviez… Ca compte pas en prison, pas vrai ? Le truc c’est que, maintenant que vous êtes sortis de la cabane, vous avez l’impression d’avoir créé un lien et de ne plus pouvoir vivre de relation normale avec les autres, quelque chose comme ça ? échafauda le mafioso en mobilisant toutes ses compétences en psychologie.
- A vrai dire, non. Pour ta gouverne, en prison, j’ai parfaitement su me tenir. C’est une fois évadés qu’on a commencé à… tu vois… gérer en commun la frustration à laquelle tu faisais allusion. A Fox River, on passait notre temps à se bouffer le nez… ce qu’on fait toujours à moindre échelle, note bien… expliqua pudiquement Abruzzi.
- Mais enfin ça n’a pas de sens ! Quand vous étiez coincés ensemble, vous vous avoiniez le museau, et quand vous avez pris le maquis, vous n’avez rien trouvé de mieux que de… faire ça ? C’est parfaitement absurde ! protesta Nino.
John soupira intérieurement. Comment faire comprendre à l’archétype du macho italien les subtilités de la tension sexuelle de vieux mâles dominants mal résolue ?
- Quelque part, non… Au ballon j’avais mes visites conjugales et lui il avait ses mignons. En cavale la promiscuité était plus grande, dans les faits.
- Pourquoi tu t’es pas payée une fille à la sauvette ? Vous étiez à ce point planqués en rase campagne ? demanda Mark-Antony.
Abruzzi haussa lentement les épaules, dodelinant la tête.
- Pas de fric à jeter par les fenêtres surtout. Vous n’imagineriez pas ce qu’on a fait pour gagner notre croûte, à la frontière… Enfin bref, j’ai quand même fait ce que j’ai pu.
Dans ce fameux bar, il se souvenait avoir embrassé à corps perdu une petite jeune contre une poignée de billets – qu’elle lui avait donnée pour ça ! Peu après, Gueule-d’Ange lui avait lancé avec le sarcasme pince-sans-rire qu’il lui réservait : « tu essayais d’exhumer ton hétérosexualité, là-dedans, John ? ». Il avait dû énormément prendre sur lui pour ne pas lui abîmer son parfait minois et compromettre par là-même une partie de leur recette. Abruzzi avait toujours su garder son sang-froid quand il s’agissait de gérer des revenus…
- … Je vois… mais maintenant, tu peux avoir toutes les femmes que tu veux, John ! insista Schibetta, comme s’il avait eu affaire à quelqu’un d’un peu lent.
Le mafieux faillit lui répondre qu’il ne l’avait pas attendu pour s’amuser avec la petite hôtesse pendant le vol, mais il songea que cela ne risquait que de discréditer Theodore avant même qu’il n’arrive. Il avait là affaire à un homme qui entretenait probablement une demi-douzaine de maîtresses et révérait la mère de son enfant comme la madone, mais il savait que l’aveu d’un seul batifolage avec une personne de la gent féminine serait à ses yeux une preuve de l’artificialité et de la faiblesse de cette relation invertie. Il se contenta de sourire calmement.
- Maintenant je ne peux plus me passer de cet enfant de salaud.

Le silence se fit un moment et, sur les instances de Marta, Mark-Antony se mit à lui traduire l’essentiel de la conversation à mi-voix.
- … Pourquoi ? demanda finalement Nino, abasourdi. C’est pas parce que tu t’es fait un compagnon irremplaçable que tu es obligé de te mettre en ménage avec ! Réfléchis, John, ça ne tient pas debout : quelqu’un qui a préféré le café toute sa vie ne va pas passer au thé du jour au lendemain en atteignant la cinquantaine !
Abruzzi lui sut gré de ne pas lui avoir servi les huitres et les escargots de Spartacus mais, quelque part, la métaphore du thé n’était, à son insu, que trop appropriée…
- Il faut croire que je suis de ces vieux singes à qui on peut apprendre à faire la grimace…
Il retrouvait dans la sincère incompréhension de Schibetta ses propres certitudes du début. Et encore, il était persuadé que les choses auraient pu être relativement plus simples s’il lui avait ramené un type comme le Bleu, tout en élégance, en visage de poupée et en courbes parfaites. Il n’aurait eu qu’à sortir de la voiture en costume, ôter une paire de ray-ban pour révéler son regard d’acier à couper le souffle, et déclarer avec un sourire tout en amabilité et en retenue mélangées : « Michael Scofield, ingénieur en génie civil. Enchanté de vous connaître ». La petite Abigail aurait couru à sa rencontre pour être soulevée dans un éclat de rire cristallin et Nino se serait tourné vers son confrère mafieux pour lui déclarer solennellement « je comprends, John », tandis que Rosalia se serait évanouie sur le pas de la porte. Aucune chance que la familia ne soit attendrie par la grâce et la délicatesse d’un T-bag, en revanche… Il l’imaginait débarquer dans un jean élimé et une chemise à carreaux délavée ouverte, ôter un Stetson et l’agiter en lançant : « salutations d’Amérique, ritals de mon cœur ! ». Une grosse santiag s’écraserait alors sur la petite fontaine à chérubins style Renaissance du jardin et il ferait tournoyer un lasso avec un puissant « YEEEHA ! » d’exaltation, lasso qui irait bien vite se refermer autour des collants blancs de la petite Abigail, lui faisant pousser un bref couinement de surprise comme elle serait fauchée et tirée par à-coups jusqu’à un Theodore appréciateur.
- Et qu’est-ce qu’il avait fait pour atterrir en taule, celui-là ? demanda Nino sur un ton où perçait une certaine résignation.
Abruzzi chassa prestement de ses pensées le Bagwell aux grolles boueuses et au Colt 45 planté à l’arrière d’un pantalon puant le bétail.
- Meurtre au premier degré, comme nous tous, vecchio, ne mentit-il qu’à moitié.
S’il y avait bien une situation où l’omission était nécessaire, c’était celle-là. « Jamais de la vie », comme disaient les mômes, il ne pourrait préciser que ce qui lui avait valu le premier degré n’était pas la préméditation, comme eux, mais les sévices sexuels sur mineurs…
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://lanterne.forumactif.com/index.forum
Cerisette
Big Bad Wolf
Big Bad Wolf
avatar

Féminin
Nombre de messages : 273
Age : 30
Localisation : A l'oreille gauche de T-bag
Date d'inscription : 14/03/2007

MessageSujet: Re: Ne réponds pas à ton père, et autres vignettes honteuses   Jeu 4 Mar - 21:09

- Nous voilà ! proclama T-bag en passant la porte d’entrée avec LJ.
Il s’attendait à voir une flopée de gamins accourir à lui. Il était convenu que Lincoln irait les chercher à la sortie de l’école et ils devaient être rentrés depuis un moment, à présent. Il n’entendit cependant qu’un brouhaha qui venait du salon. Intrigué, il alla voir de quoi il retournait, et découvrit avec stupeur les deux frères à quatre pattes sur le tapis, chevauchés par Jimmy et Dino qui croisaient ardemment le fer… ou plutôt le plastique des bouteilles d’eau minérale vides avec lesquelles ils se battaient.
- Qu’eeest-ce que je vois là ? Je vous laisse un moment entre frangins et ça tourne au pugilat ? lança Theodore en se coulant nonchalamment contre le chambranle.
- Papa ! s’exclama Caligula en venant lui tirer la jambe de pantalon. Tu viens jouer avec nous, sitoplait ?
- On t’attendait pour avoir un troisième cheval, lui indiqua Scofield avec un sourire moqueur.
- Tu sais que je ne peux pas refuser une invite de ta part quand tu es à quatre pattes, mon joli, lui répliqua T-bag avec un clin d’œil et tout en retirant sa veste avec juste ce qu’il fallait de suggestion dans le geste.
Gugul exulta et s’empressa d’aller chercher sa propre bouteille en plastique.
- Le dernier en selle a gagné, lui expliqua Dino, fièrement juché sur Michael. Toi tu as le droit de bousculer les autres chevaux pour déstabiliser le cavalier.
- Mais la règle c’est que tu dois garder les deux mains au sol, compléta Lincoln en le considérant avec insistance.
- Ca a l’air fort convivial, votre affaire, déclara Bagwell en s’installant à son tour sur le tapis, remuant le derrière comme un jeune chien joueur prêt à l’attaque, jusqu’à ce qu’il soit pris d’assaut par le bambin de cinq ans avec un peu trop d’enthousiasme. Ouch ! Non, pas les cheveux de Papa, gamin, regarde Junior et Dino, ils sont bien obligés de se débrouiller autrement !

Caligula s’agrippa au col de son tee-shirt et, sous le regard plein d’intérêt d’LJ, les trois ex-taulards et les trois mioches se jetèrent dans joyeuse mêlée, les bouteilles d’Evian s’entrechoquant dans un imbroglio qui éclatait en tous sens. Michael et Lincoln, bloqués épaule contre épaule, tentaient tous deux de se repousser et T-bag vint y mettre son grain de sel, tandis que les garnements redoublaient de passes. Chacun encourageait son cavalier avec des conseils plus ou moins pertinents mais qui contribuaient à l’exaltation sonore ambiante.
- Tiens-toi prêt, Gugul, je vais nous faire gagner, l’avertit son père en changeant de position pour l’amener à affronter Dino en attaquant sa monture tête-bêche.
Et au milieu du joyeux raffut, on entendit soudain Scofield pousser un cri plus rageur que les autres et ruer brusquement comme une bête de rodéo, ce qui fit perdre l’équilibre à son cavalier, que Caligula put achever d’un coup de bouteille déterminé.
- T-bag ! grogna hargneusement l’ingénieur.
L’ancien chef suprématiste lui lança un regard innocent, comme s’il ne venait pas à l’instant de prendre une grande bouchée de sa fesse droite à travers son pantalon, et d’en aimer chaque seconde.
- C’est pas régule, ce que tu fais !
- Je n’ai pas décollé mes pognes du sol ! protesta Theodore, l’outrage faisant partir sa voix dans les aigus.
Il vit Burrows le fixer d’un regard furibond sous ses robustes arcades sourcilières, puis sa grande main se mettre à racler le tapis.
- Oh… Du calme, le Déluge, bébé à bord… tenta le sociopathe.
- Chuis pas un bébé ! clama aussitôt Caligula avec véhémence.
- Jimmy, tu es prêt ? demanda simplement Lincoln.
- Fin prêt ! répondit Junior, cramponné à son col.
Burrows se mit à charger Bagwell tête baissée. Voyant cela, Gugul décida que le plus sage à faire était sans doute de quitter le navire et hurla « A L’ABORDAAAGE ! » en se jetant sur son frère au moment où le crâne massif percutait son père et l’envoyait bouler un peu plus loin. Le pauvre Lincoln le sentit passer dans son dos, heureusement d’une solidité à toute épreuve. Les deux garçons churent tous les deux et continuèrent à s’asséner des coups de bouteilles plastique une fois à terre.
- T’as perdu ! affirmait le benjamin.
- Peut-être mais t’as pas gagné non-plus, demi-portion ! répliquait le cadet.
- Ben plus que Dino.
- Pasque toi et Papa vous avez triché, ça compte pas ! bouda l’aîné.
- Match nul, déclara LJ pour mettre fin au problème. C’était un sacré spectacle, les gars, je vous remercie. C’est le genre de chose qu’il faut voir une fois dans sa vie.
Les galopins hésitèrent entre la fierté fringante et les bougonnements d’insatisfaction.
- Allez, tournée de smoothies, annonça le jeune homme pour achever de les contenter.
La fratrie approuva et se leva pour accompagner LJ à la cuisine, lequel jeta quelques coups d’œil méfiants à Jimmy Jr par-dessus son épaule.
- Les gave pas trop, on ne va pas tarder à manger ! se chargea de lui rappeler Grand Frère en partant à leur suite pour superviser cette débauche de purée de fruits.

Michael lâcha un souffle amusé et déclara :
- J’aime décidément beaucoup vos rejetons, je dois dire. Par certains côté on a l’impression d’avoir affaire à des petits bouts de vous, en moins vindicatifs, mais par d’autres on ne vous retrouve pas tout à fait. Tu savais que Jimmy faisait des choses très artistiques avec des scoubidous ? Des assemblages incroyables que je serais proprement incapable de reproduire ! Franchement, d’où il a pu tirer ça, entre vous deux ?
En l’absence de réponse, il se tourna vers la forme inanimée de l’Alabamien, abandonnée contre un placard design.
- Tu vas bien ? demanda-t-il, un sourire dans la voix, en s’approchant de lui.
T-bag porta mollement un revers de main à son front et entrouvrit les paupières avec une confusion exagérée.
- Est-ce que je suis au paradis ? demanda-t-il à la vue de Michael à son chevet.
- Parce que tu crois sérieusement que c’est là où tu vas aller ? répliqua l’intéressé.
- Eh bien, tu sais… Comme disait notre cher Huckleberry Finn : « un endroit où tout ce qu’on a à faire, c’est déambuler une harpe à la main et chanter encore et encore pour l’éternité, ça m’dit pas grand-chose ».
- Tu cites Huckleberry Finn, maintenant ? s’étonna Scofield en s’installant à plat ventre, les bras croisés. Tu sais que c’était un vil libérateur de noirs ?
- Tu rigoles ? Il ne trahit pas Jim parce qu’il s’y est attaché mais il est rongé par la culpabilité tout au long du bouquin. Même à la fin il ne décide pas d’aller le délivrer parce qu’il a conclu que c’était la bonne chose à faire, il se résigne définitivement à aller en enfer, justement, et quand Tom Sawyer se propose de l’aider, Huck dit qu’il « baisse considérablement dans son estime » ! Le petit sait que ce qu’il fait est mal.
- Peut-être mais, dans ce cas, reste qu’il sacrifie son âme pour Jim. Il a quelque chose de sublime, ce geste : le jeune garçon blanc et pur acceptant les tourments éternels pour le salut d’un esclave noir dont la vie terrestre vaut moins que rien…
- Il le fait uniquement parce qu’il en vient à considérer à la fin que Jim est « blanc à l’intérieur ». C’est le plus beau compliment dont il le gratifie à travers tout le bouquin. Ca veut bien dire ce que ça veut dire…
- Et ça t’est même pas venu à l’idée que ça pouvait être un moyen ironique de montrer l’absurdité de l’association systématique du bien au blanc ?
- Fouchtre non ! Si c’est ironique pour quelqu’un, ça ne peut être que l’auteur… et encore, pas sûr. Moi, tout ce que je sais, c’est que le personnage d’Huck Finn était bien loin d’être le négrophile convaincu qu’on voudrait nous faire croire !
Michael soupira.
- J’ai peur de ne pas être assez qualifié en littérature pour t’offrir une contrepartie digne de ce nom. Mon truc ça a toujours été les sciences…
Theodore s’étira voluptueusement sur le sol.
- C’est bien la seule chose que m’aura fournie mon paternel, la lecture… même si ce livre-là, pour le coup, il l’avait mis en pièces sous prétexte qu’il s’agissait de « conneries libérales ». Pauvre loque arriérée… Il avait pas la queue d’une idée de ce dont il parlait…
T-bag tourna la tête en voyant Lincoln jeter un œil par l’encadrement de la porte, sans doute pour s’assurer qu’il n’avait pas déjà menotté Gueule-d’Ange à son mobilier moderne de très bon goût et profité de ce que son frère buvait son jus de fruit pour le déshonorer sournoisement.
- Ca va, l’Déluge ? lui lança-t-il, narquois.
- Ca ira mieux quand je t’aurai à l’œil… répliqua Burrows en tendant vers lui un doigt menaçant.
- Oh si tu savais tout ce qu’on fait dès que tu as le dos tourné… dit-il avant de faire claquer ses babines de manière obscène.
- On discutait littérature, Linc, expliqua un Michael tout aussi moqueur mais moins provocateur.
- C’est ça, mon joli, c’est exactement ce qu’on faisait, confirma-t-il excessivement.
Lincoln partit en maugréant des choses sur ce « putain de pédophile », l’ « inconscience » et le fait qu’ « il ne faudrait pas venir se plaindre ». Scofield en rit tendrement tout en aidant Bagwell à se relever.
- Je te préviens, t’as pas intérêt à toucher encore à un poil de mes fesses… pas devant lui, en tout cas, l’avertit Michael en prenant le chemin de la cuisine.
- Je me demande vraiment comment je dois le prendre, répondit T-bag en pétrissant aussitôt nonchalamment les rondeurs de l’ingénieur, qui repoussa machinalement son bras.


Morten débarrassa son assiette et grimpa dans sa chambre. Sur le chemin, le petit Miguel l’apostropha.
- Hé, mec, tu descends faire un billard ? Eric et Zayn y sont d’jà.
Le petit Miguel était un gamin de son âge, mais qui ne l’avait pas encore suivi en taille ; Morten aimait d’ordinaire sa compagnie. Ce soir, cependant, il se sentait davantage d’humeur à aller s’échouer sur son lit, seul, pour y mourir à moitié en écoutant Mylène Farmer. Il y avait des jours comme ça, où le naturel revenait au galop…
- La prochaine fois, mon pote, là j’ai des trucs à faire, répondit-il aimablement avant de reprendre l’ascension de l’escalier.
Il ouvrit sa piaule et posa son sac à dos. « Quelle misère… » songea-t-il en retrouvant cet espace dans lequel il commençait à se sentir franchement à l’étroit, au bout de deux ans. Le petit pécule qu’il s’était fait en bossant pour Teddy lui avait permis d’y apporter de sensibles améliorations, cela dit : une petite télé, un mini-frigo – parce qu’une collectivité de mineurs de sexe masculin était le royaume de la rapine et de la crasse, quand on pouvait déguster sans danger une glace à la vanille sur la lunette des toilettes du foyer de filles, juste en face – et une pure chaîne hi-fi qu’il devait le plus souvent écouter un casque sur les oreilles, pour ne pas déranger la tranquillité de ses congénères. Il mit son CD de Mylène Farmer et s’installa pour pouvoir se morfondre à son aise.

Nager dans les eaux troubles
Des lendemains…
Attendre ici la fin.
Flotter dans l’air trop lourd
Du presque rien…
A qui tendre la main ?
Si je… dois tomber de haut
Que la chute soit lente…
Je n’ai… trouvé le repos
Que dans l’indifférence…
Pourtant, je voudrais retrouver l’innocence…
Mais rien n’a de sens…
Et rien ne va.


Un importun frappa à la porte et le préado ôta son casque en soupirant qu’on vienne ainsi troubler sa dérive vers la phase végétative. Une surveillante se tenait derrière la porte.
- Morten, c’est bien toi que j’ai vu entrer avec une fille, tout à l’heure ? demanda-t-elle.
- Ca m’étonnerait… grinça l’emo manqué.
- Dans ce cas ça t’ennuie pas que je vérifie ?
Le jeune garçon leva les yeux au ciel et entrouvrit un peu plus la porte de son antre. Les filles étaient autorisées dans les salles communes, jusqu’à une certaine heure, mais pas dans les chambres, Dieu merci. Comme la garde-chiourme poussait le zèle jusqu’à contrôler le dessous de son lit, un soudain accès d’angoisse et de révolte accumulées lui fit s’exclamer :
- Oh, pour l’amour du ciel, regardez autour de vous ! Si je me tapais quelqu’un dans ce clapier, vous ne le sauriez même pas !
Parmi la faune cosmopolite qui avait élu domicile sur ses murs, en effet, en plus de sa chanteuse frenchie de prédilection plus ou moins dénudée, on trouvait surtout, pour le patriotisme, Viggo Mortensen pataugeant dans un marigot quelconque ou encore, pour la bannière étoilée, Bruce Willis en noir et blanc, lardé du genre de cicatrices qui ne suscite pas la répulsion et somptueusement vêtu d’un marcel taché de cambouis et de deux holsters. La pionne le considéra comme s’il venait de lui faire boire de la vinaigrette.
- Je t’ai à l’œil, mon petit, laissa-t-elle entendre en s’esquivant de la pièce.
Bjorksen claqua la porte derrière elle et se jeta sur son lit pour remettre ses écouteurs.

… Je suis d’une généra-tion désenchantée…

Il les rejeta aussitôt d’un geste excédé et se donna une bonne taloche mentale, chose qui lui arrivait très rarement aussi vite. Il se redressa en position assise, la tête appuyée contre le mur et se mit cette fois à réfléchir.


C’était bientôt l’heure du coucher pour les bambini et Dino surprit Theodore en venant se glisser discrètement auprès de lui alors qu’il discutait avec les trois larrons de la maison ; il chercha sa main pour s’en saisir et l’entraîner à l’écart.
- Qu’est-ce qu’y a, p’tit bonhomme ?
Il avait l’air assez fébrile mais prit bien soin de vérifier qu’il n’y avait personne alentours avant de lui annoncer :
- Becky m’a embrassé.
Un sourire niais lui grimpa jusqu’aux oreilles. Un rictus sucré ne tarda pas à se former aussi sur les lèvres de son papa, découvrant ses dents et un petit bout de sa langue tandis qu’il s’accroupissait près de lui.
- Voyez-vous cela ?
- Ouaip’.
- Comment tu t’y es pris, champion ?
Le garçon remuait, timide et fier comme un coquelet.
- Ben je lui ai dit que j’allais partir, et elle a été triste aussi. Mais elle m’a dit qu’e’m’oublierait pas. Moi j’lui ai dit que j’lui écrirais. Elle m’a fait un p’tit câlin pis elle m’a embrassé.
Le sociopathe fronça les sourcils d’attendrissement en entendant le récit.
- Aaaawww, c’est trognon… Sur la bouche ?
Dino s’empressa de lui plaquer les deux mains sur la sienne, comme s’il venait de sortir une énormité.
- Arrêêête ! s’exclama-t-il en regardant anxieusement autour d’eux. Non, pas sur la bouche. … mais pas vraiment sur la joue non-plus.
T-bag continua de sourire derrière les deux menottes du galopin.
- Entre les deux, voilà ! lâcha ce dernier en le libérant.
- C’était comment ? s’empressa de demander son père.
- J’ai eu chaud tout partout, pire que quand Melle H m’interroge, mais en agréable cette fois.
- Hm hm, ça c’est ma terreur ! le congratula le sudiste en lui donnant deux lourdes claques sur la tempe avant de l’attraper pour le soulever dans les airs et le retourner joyeusement dans tous les sens. Haut comme trois pommes et déjà un vrai p’tit séducteur, hein ? Ca ne m’étonne pas, tu as de qui tenir après tout !
- Tu veux dire Papa Johnny ? demanda le petit en gloussant d’être ainsi roulé sur lui-même, jeté sur une épaule, puis amené à faire une galipette dans le vide, le tout sans effort.
- Oh, tu sais, les savants de nos jours accordent bien plus d’importance à l’acquis qu’à l’inné. Il faut pas croire que tout se joue avant la naissance, ce serait du déterminisme.
Dino s’ébattit encore quelques instants, évacuant la surexcitation de la nouvelle, puis il s’accrocha au cou de Theodore et lui demanda avec un soudain sérieux très affecté, qui dissimulait mal le triomphe.
- T’es pas trop jaloux ?
L’ancien chef aryen considéra le môme en fronçant un sourcil déconcerté.
- A toi, elle t’a pas fait de bisou, souligna l’enfant.
- Oh ! Oh, si, je suis très jaloux, mais tu sais ce qu’on dit : « le cœur a ses raisons que la raison de connaît pas ». J’imagine que c’est sur toi que la donzelle a jeté son dévolu, il va bien falloir que je me fasse à cette disgrâce.
Dino rosit de plaisir, inconscient de la légère pique que sous-entendait la citation, volontairement trop implicite pour le petit garçon qu’il était, et resserra ses bras autour de son cou pour lui offrir un câlin de consolation sans rancune.
- C’est follement bien, mon grand, tu peux être fier de toi, conclut Bagwell le serrant contre lui en retour.
- Mais tu le dis pas à Jimmy et à Caligula, hein ? Y sont trop p’tits pour comprendre ça, précisa instamment l’aîné.
- Je sais garder une bouche cousue, parole de scout, lui assura son papa sans lui préciser qu’il l’avait déjà fait littéralement en représailles à l’égard de certains détenus qui l’ouvraient un peu trop.

T-bag laissa son fiston s’enfuir pour rejoindre ses frères dans leur grande chambre, empli d’orgueil paternel. Il prit mentalement note de l’exploit pour la compétition tacite qui se jouerait inéluctablement entre Abruzzi et lui sur l’âge auquel Jimmy Junior et Dino décrocheraient leur premier baiser, leur première fois, leur première voie de fait, leur première victime, etc. Au train où allaient les choses, cependant, il craignait de voir l’aîné caracoler après les jupons quand le cadet en serait encore à se faire fondre le nougat dans des chaussettes en étant parfaitement satisfait de la situation… Peut-être devrait-il veiller à l’avenir à éveiller un peu plus Junior à l’intérêt de ses semblables.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://lanterne.forumactif.com/index.forum
Cerisette
Big Bad Wolf
Big Bad Wolf
avatar

Féminin
Nombre de messages : 273
Age : 30
Localisation : A l'oreille gauche de T-bag
Date d'inscription : 14/03/2007

MessageSujet: Re: Ne réponds pas à ton père, et autres vignettes honteuses   Jeu 4 Mar - 21:10

Camarades de jeux

Partie 2

Plus tard, alors qu’il s’installait lui-même pour la nuit, il reçut un nouvel appel d’Abruzzi, auquel il répondit allègrement.
- Mister Mafia !
- Sergent Sodomie, lui répliqua une voix encore basse et embrumée.
- Alors, bien implanté en terre natale ?
- Pas mal. Je suis chez cet ami de la famille dont je t’avais parlé.
- Tu as une petite voix, quelle heure il est là-bas ?
- Le matin, je me réveille là. Je suis encore un peu sans-dessus-dessous avec le décalage mais il faut que je me force, de toute façon.
- Ca se passe bien ?
- … Oui… Je crois que la famille n’a pas encore décidé si elle me garderait encore sous son toit une fois que tu m’auras rejoint mais… pour l’instant c’est au poil.
- Tu leur as déjà dit que tu te vautrais dans le péché sodomitique ? s’étonna Bagwell.
- Affirmatif, répondit Abruzzi avec une trace de fierté dans la voix.
L’Alabamien haussa les sourcils et une moue d’admiration exagérée déforma ses babines.
- Bigre, moi qui croyais que je serais l’homme de main dévoué et qu’on jouerait aux lycéens en chaleur dans les coins sombres de la maison parentale, je me suis bien fourvoyé !
- Les seuls hommes de main qui marchent comme toi sont les cowboys qui ont oublié qu’ils n’étaient plus à cheval…
Le sudiste ignora royalement la remarque.
- Et ils ont bien pris le fait que tu aies viré ta cuti ?
- Plus ou moins. Je crois qu’ils ont tenu un grand conseil hier soir, quand je suis allé me coucher, pour savoir si oui ou non c’était mal. Je crois que ce qui leur pose problème, en particulier, c’est les mômes qu’on a fait pousser pour les élever ensemble. C’est pas très catholique, comme démarche.
- Ces gens… D’abord ils nous empêchent de tourner en rond parce qu’on baise sans procréer, et une fois qu’on procrée, ils font encore leurs mal-baisés ! Ils savent vraiment pas ce qu’ils veulent… constata T-bag, les yeux rivés sur ses ongles.
- Je te tiendrai au courant des résultats mais, s’ils acceptent, tu voudras quand même bien faire ce que tu peux pour faire bonne impression ? demanda un Abruzzi désabusé.
- Pour un peu je croirais que tu ne me fais pas confiance, sourit son comparse.
- Ils ont deux magnifiques enfants à la maison.
- Ah ? Garçons ou filles ?
- Les deux.
- Quel âge ?
- Entre six et huit, peut-être neuf.
- Hm…
- …
- … Ben c’est bien : les mômes auront des petits camarades de jeu !
- T’espères sérieusement me faire croire que c’est ce qui t’est venu à l’esprit ?
- C’est ce que tu entendais par « faire bonne impression », non ?
- Tu m’as eu. Continue dans cette voie… Mais c’est pas pour jouer à « bonjour la petite fleur » avec la gamine, par derrière.
- Oh, comme c’est mignon, cette façon de le dire ! s’extasia ingénument le sociopathe.
- Ouais, ben en attendant je t’étripe si j’ai vent de la moindre bavure, et crois-moi je veillerai au grain.
- Tu sais que j’adore quand tu uses de vaines menaces à mon endroit, Johnny-boy…
- Hé. Je ne déconne pas. La cambrousse italienne grouille de scouts. Mais on ne badine pas avec la famille, déclara gravement le mafioso.
- J’en prends bonne note…
L’ex-parrain lâcha un soupir de lassitude.
- Tu sais, aussi cinglé que ça puisse paraître, je réalise que ça me fait bizarre d’être tout seul au pieu. On s’habitue, l’air de rien, même après s’être fadé des mois de taule…
L’ancien chef aryen étira un sourire.
- Pense à moi qui n’ai jamais fait l’expérience d’un paddock vide, même en cabane.
- Oh oui, tout le monde sait quel don juan tu étais, T-bag… répliqua le mafieux, sarcastique.
- Je te taquine, Johnny-boy, moi aussi j’aimerais trouver ta viande dans les parages en me réveillant le matin.
Le plus cocasse dans cette histoire était qu’ils ne se réveillaient presque jamais en même temps, et qu’Abruzzi était souvent amené à se retourner et repousser les mordillements de Bagwell en maugréant des « fous-moi la paix, satyre », tandis que ce dernier lui allongeait parfois sèchement la main sur la figure en grognant des « arrête tes grimaces, je pionce, bon sang ». Avec un tout petit peu de recul, ils n’en demeuraient pas moins silencieusement contents d’être importunés au réveil. Le truand ne sut trop quoi répondre et biaisa le sujet.
- Tu as pu la voir ?
- J’ai pu. Elle marche.
- Vraiment ?
- Tu la connais, elle a fait sa rétive pour la forme mais ma langue de velours a fini par la convaincre.
- Tu parles au figuré, j’imagine.
- … C’est que ton esprit deviendrait aussi mal tourné que le mien… ou alors c’est la nostalgie de ladite langue de velours ? émit le sudiste d’un ton léger.
- Arrête, Theodore, c’est le matin, j’ai déjà un chapiteau à déplanter.
- Aw, et on ne voudrait pas pour cela souiller les draps de cette bonne maison, n’est-ce pas ?
- Teddy… l’avertit l’ex-parrain.
- Dans ce cas tu ferais effectivement mieux de ne pas penser à cette langue de velours autrement qu’en tant que métonymie, parce qu’au sens propre je ne te raconte pas les dégâts que ça pourrait faire, si tant est qu’on puisse qualifier ça de propre…
- « Mais ma religion ! mais mon Etat ! » protesta l’Italien avec une fausseté toute assumée.
T-bag lâcha un rire sourd et salace.


Plus tard, LJ entendit frapper à la porte de sa chambre. Il alla ouvrir pour trouver un Theodore coulé contre le chambranle, ses doigts tapotant nerveusement son menton, l’autre main plantée dans la poche. Le jeune homme le considéra et leva des sourcils interrogateurs.
- T’aurais pas un bon bouquin ? demanda-t-il.
- Bien sûr… répondit Lincoln Junior en le laissant entrer.
Il lui désigna la bibliothèque et lança simplement :
- Jette un œil et sers-toi.
L’Alabamien se mit à déambuler nonchalamment devant les étagères. LJ se laissa retomber sur son lit avec son propre livre et le regarda faire, le sourcil froncé et un sourire amusé en coin.
- Mark Twain… On en parlait pas plus tard que tout à l’heure avec ton bel oncle, déclara-t-il au bout d’un moment en s’emparant d’un ouvrage.
- Tu m’en diras tant.
- Oh, Laclos, en voilà un bon auteur ! On pourra dire ce qu’on voudra mais ces bouffeurs de grenouille s’y entendent pour la littérature érotique de haute pointure.
- J’imagine.
- Qu’est-ce que tu lis, toi ? demanda-t-il alors en le rejoignant pour jeter un œil à son bouquin.
Le sourire ironique du jeune Burrows s’accentua avant qu’il ne réponde :
- Howard Zinn, « Histoire populaire des Etats-Unis ».
T-bag s’installa naturellement à-côté de lui et se mit à lire par-dessus son épaule.
- Je te savais pas si passionné d’Histoire… observa-t-il.
- Oh, détrompe-toi, l’Histoire m’intéresse beaucoup ! Ca nous aide à comprendre toutes les erreurs que nous avons faites dans le passé, comme les Droits Civiques…
- Pfff…
Bagwell sourit de sa contrariété de jeune intellectuel gauchiste et entoura ses épaules avec ce qu’il essayait de faire passer pour de la camaraderie sans rancune.
- T-bag, prends un bouquin et tire-toi, on va pas coucher là, répliqua LJ.
- Ton père et ton oncle sont encore en train de jouer à la balancelle là en bas, je préfère leur laisser le temps de finir. Ca me gêne d’être le témoin auditif de leurs ébats !
- Dit l’homme qui se targue d’avoir été le premier témoin oculaire de leurs découvertes fraternelles.
- Je jubilais de mes prédictions, c’est tout. … Bon, d’accord, le spectacle était assez jubilatoire lui aussi, pour un pauvre ex-taulard en manque coincé dans un bain de tension hormonale avec une bande de clampins de son espèce, du moins.
Junior esquissa un sourire, compatissant cette fois.
- Je me sentais bien seul, tu sais, c’était affreusement triste… conta Theodore. A cette époque Johnny-boy piquait sa crise comme une pisseuse de seize ans chaque fois que je voulais jouer… Heureusement que ton bel oncle était d’un tempérament un peu plus ouvert aux autres.
A ces mots, des souvenirs plus que perturbants revinrent à l’esprit d’LJ. Il tâcha de se concentrer sur le New Deal de Roosevelt.

Un petit moment plus tard, cependant, son attention fut à nouveau troublée par des caresses légères dans ses cheveux.
- T-bag… grogna-t-il en réalisant que le prédateur d’enfants était en train de humer discrètement ses mèches châtain avec une béatitude apparente.
- Hm ? se contenta de répondre l’intéressé en descendant contre son oreille.
- Arrête de me r’niffler !
Le sociopathe se glissa alors subrepticement dans le creux de son cou pour caresser la veine d’une langue chaude avant de mordre la peau délicate. LJ prit une brusque inspiration subjuguée et catastrophée ; il se mit en tête de remuer, jusqu’à ce que la main de Bagwell ne se mette à parcourir résolument son corps par-dessus son tee-shirt, de la poitrine jusqu’au bas du ventre. Il lâcha son livre, qui dégringola sur le côté, et saisit en hâte le poignet. Son souffle s’étrangla un peu malgré lui et il protesta :
- Arrête ! Arrête ça tout de suite !
La voix rocailleuse de T-bag lui répondit à l’oreille :
- Mmmh continue, y a rien qui m’échauffe plus qu’un garçon qui dit non…
- N… T-bag ! l’avertit LJ, plus véhément que réellement effrayé.
La main qui reposait jusqu’alors sur son épaule vint cajoler son cou et l’arrête de sa mâchoire tandis que l’autre, cessant de lutter contre la prise qui la retenait, reprit de la hauteur, mais sous son tee-shirt cette fois. La paume câlina tendrement son ventre tandis que Theodore s’en reprenait passionnément à la chair de sa gorge. Junior suffoquait ; ses tentatives pour éloigner son ancien compagnon de cavale manquaient un peu de sincérité et ne réussissaient qu’à le pousser à se rapprocher de lui. Le jeune homme sentit bientôt le tissu rugueux du jean frôler le coton de son caleçon sur sa hanche.
- Bon CA SUFFIT ! cingla-t-il. Tu calmes tout de suite tes ardeurs ou j’appelle mon père !
L’Alabamien cessa et haussa des sourcils surpris.
- Depuis quand tu es devenu si prude, petit ? T’appelais pas ton père quand t’avais quinze ans et que tu fuguais en douce de la tente familiale pour venir nous rendre une petite visite vespérale…
- Ouais eh bien… comme tu dis, j’avais quinze ans… répondit LJ en retirant la main désormais inerte de sous son tee-shirt. J’étais un malheureux ado « coincé dans un bain de tension hormonale » !
- Oh, et à présent que te voilà dans ta petite vie étriquée d’étudiant en droit, l’andropause te guette, c’est ça ?
- Ecoute, je suis désolé mais certains d’entre nous dépassent la puberté.
- Oui… Je vois que tu es à la limite de la flétrissure, persiffla T-bag avec un regard de biais vers le renflement du caleçon.
- C’est pas le problème. Tu peux pas te pointer ici, profiter des faiblesses que tu connais, et ensuite exiger, sous prétexte que je ne suis pas en bois, que je te soulage du manque que tu accumules à nouveau. C’est trop facile ! décréta Lincoln Junior en croisant les bras.
- Mais si tu en as envie toi aussi ? Ca ne peut être que dans l’intérêt général ! Et tu m’as l’air d’en avoir très envie, LJ… argua Bagwell en caressant doucement le haut de sa cuisse pour se rapprocher du panier à friandises.
Le jouvenceau, cependant, éloigna à temps la main d’une claque sèche.
- On n’est plus en cavale. Je bosse pour toi, maintenant, y a une certaine éthique à respecter, pour l’amour du ciel !
- Une éthique, mon garçon…
- Débarrasse-moi le plancher, T-bag !
L’intéressé le fixa avec une fugitive moue suivie d’un mordillement de lèvre, comme s’il hésitait. LJ ne dit rien. Après quelques instants, le pédophile finit par battre en retraite avec un soupir de mauvais poil.
- Tu sais, tu es un sacré petit ingrat, mon garçon. Quand tu étais dans le besoin, moi j’étais toujours là pour donner de ma personne !
- Oui, j’imagine à quel point ça a dû te coûter… dit le jeune Burrows en ramassant son livre.
- D’abord j’étais le salopard de l’équipe, après l’homme-objet de service… J’en ai marre de la tyrannie de cette bande de saintes-nitouches, moi ! râla T-bag d’une voix forte avant de claquer la porte derrière lui.
LJ laissa sa tête retomber contre le mur et relâcha une profonde expiration. Puis, lorsque le bruit des pas dans l’escalier cessa, il se releva et gagna furtivement sa salle de bain.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://lanterne.forumactif.com/index.forum
Cerisette
Big Bad Wolf
Big Bad Wolf
avatar

Féminin
Nombre de messages : 273
Age : 30
Localisation : A l'oreille gauche de T-bag
Date d'inscription : 14/03/2007

MessageSujet: Re: Ne réponds pas à ton père, et autres vignettes honteuses   Jeu 4 Mar - 21:14

Lorsqu’il passa devant la chambre des enfants pour rejoindre son canapé, bougon, Theodore entendit la porte s’ouvrir et deux petites têtes émergèrent de la pièce.
- Papa ? demanda une petite voix.
Le maniaque sexuel frustré se radoucit immédiatement et vint s’accroupir devant les deux petites formes serrées l’une près de l’autre.
- Ben alors, qu’est-ce qu’il y a, les mômes ?
Ses deux cadets vinrent s’accrocher à son cou.
- On arrive pas à dormir ! se plaignit Jimmy.
- Aw, dans un beau lit pareil ? Comment ça se fait ? s’enquit Bagwell en leur frottant gentiment le dos.
- Je suis inquiet, déclara formellement Caligula. Je veux voir Papa…
- Aaaaww, mais y a pas de raison de s’inquiéter, mon Gugul, vous le reverrez bientôt ! lui assura-t-il avant de se tourner vers James Junior. Toi aussi tu te fais de la bile, gamin ?
- Non, moi j’ai juste pas sommeil. Et je m’ennuie, répondit-il en frottant sa joue sur les cheveux duveteux de son papa.
- Bon, alors voilà ce qu’on va faire : toi tu vas rester avec moi un petit moment, dit-il au benjamin. Et toi, Jimmy, si tu t’ennuies, tu n’as qu’à aller jouer avec LJ, il n’est pas encore couché.
- D’accord, acquiesça tout de go le garçonnet en prenant le chemin de l’escalier.
T-bag le regarda partir avec un sourire qui réussissait le prodige d’être à la fois mesquin et tendre. Puis il attrapa Caligula.
- Allez viens, toi.
Il souleva le bambin et le ramena avec lui dans le salon. Lorsqu’il entra dans la pièce, il commença par longer le mur en tapant régulièrement dessus de sa main libre et en claironnant :
- J’AI UN ENFANT AVEC MOI ! ATTENTION ENFANT ! Y A UN ENFANT ICI DANS CETTE PIECE !
- Pourquoi tu fais ça, Papa ?
- T’occupe, bout d’chou.

De l’autre côté de la cloison, Lincoln et Michael froncèrent un sourcil.
- L’enfoiré, je parie qu’il est allé réveillé ces pauvres gosses exprès.
- Ne fais pas l’enfant, Lincoln, tout ce que tu as à faire c’est d’être un peu plus silencieux…
Burrows répondit par un grognement contrarié.
- Allons, on sait tous que tu en rajoutes juste pour le faire bisquer, tu ne brames jamais si fort d’habitude, s’amusa tendrement Gueule-d’Ange en se penchant pour mordiller son oreille.
Le Déluge dut bien admettre qu’il était toujours la voix de la raison, même lorsqu’il remuait ses hanches sublimes contre le giron de son grand frère d’une manière aussi indécemment voluptueuse.

Les mesures de précaution étant prises, à la satisfaction particulière de T-bag, le suprématiste blanc ramena convenablement son petit dernier contre lui pour qu’il puisse poser ses mèches légèrement bouclées dans le creux de son épaule et passer un bras autour de son cou.
- Là, bonhomme… Papa Teddy est là… Papa Johnny va bien, il est juste aux prises avec une famille catholique mais, le connaissant, il s’en sortira.
- C’est quoi un catholique, Papa ? demanda l’enfant.
- Une personne qui, parce qu’elle croit en Dieu, voudrait ne pas laisser les autres faire ce qu’ils veulent de leurs zizis, mais croit pourtant qu’on peut se dédouaner de tout en allant le raconter à un curé.
- Ben ! C’est n’importe quoi : c’est ton zizi, tu fais ce que tu veux avec, comme tu nous as toujours dit, hein Papa ?
- Ca c’est sûr, et ne laisse jamais un prêtre catholique te dire le contraire, surtout, tu m’entends ? insista le pédophile.
- Un prêtre c’est comme un curé, c’est un monsieur qui porte une robe, comme on a vu, hein ?
- Hm-hm, acquiesça Theodore en le berçant légèrement par petites secousses.
- Mais « se dédouaner », ça veut dire quoi ?
- Ca veut dire ne pas prendre ses responsabilités. Par exemple, si tu soulèves la jupe d’une fille, tu vas le raconter au curé, et c’est comme si tu ne l’avais jamais fait. Pratique, hein ?
- Mais c’est super, je veux êt’ un catholique, moi !
- Ne dis pas de bêtise, on ne devient pas un homme en étant catholique. Quand on a soulevé la jupe d’une fille, il faut le clamer haut et fort et en être fier, déclara solennellement Theodore.
- Mais Papa Johnny, c’est un catholique, lui ?
- Il croit qu’il l’est parce qu’il porte cette petite croix à la mords-moi-le-nœud autour du cou, mais il ne respecte strictement aucune des règles qu’on doit suivre pour en être. C’est du flan, tout ça, Dieu merci d’ailleurs, si j’ose dire !
- Mais ceux qu’il est avec, là-bas, y risquent de lui en vouloir, alors.
- Te fais pas de mauvais sang, p’tit bout. Ton père s’en est tiré quand je lui ai tranché la gorge en prison, tu te rappelles ? Il survivra aux sermons d’une bande de cul-bénits… lui assura T-bag.
Caligula hocha la tête sur son épaule, confiant ; il frictionna à nouveau son petit dos pour le tranquilliser et déclara :
- On l’appellera tous ensemble demain, c’est promis. Mais pour ce soir, finies les questions de spiritualité. Il est de temps de dormir.
Le bambin se blottit étroitement contre la chaleur du tee-shirt et se laissa bercer par le rythme lent de la chanson que T-bag se mit à fredonner et dont les notes basses vibraient dans sa poitrine.
- ‘Sun went down… ‘Stars came out… and I could heeear the wind blowin’… Mexican girl, walkin’ daaawn the Tucson street… destination nowhere… Gone long gone… Are you lost, radio girl ? Gone long gone… Are you looost, radio girl ?


Jimmy Jr vit de la lumière sourdre sous le seuil de la porte de la salle bain. Il voulut entrer, mais constata que la porte était cette fois dûment verrouillée. Il poussa un soupir déçu, et tendit l’oreille. Il n’entendit que le bruissement d’une respiration profonde, pas celui de l’eau qui coule. Dommage. Il se rabattit alors sur la chambre, certes vide, mais tout de même digne d’intérêt. Il grimpa sur le lit et s’amusa à rebondir dessus un moment, puis ouvrit le livre qui reposait dans un coin.
- « dé-lé-tère »… lut-il avec curiosité sur la page.

LJ, pour sa part, était tranquillement en train de se débarrasser de l’énième nœud de tension libidinale qu’on lui avait infligé en dépit de toute sa bonne volonté. Les souvenirs renfloués par ce pervers de T-bag l’avaient empêché de se remettre le nez dans son bouquin et la tête dans les déboires des victimes de la Dépression de 29. Comment était-il censé se sentir réellement concerné par les vices intrinsèques du système capitaliste quand on lui avait obligeamment rappelé cette nuit de stupre absolu où, de guerre lasse, il avait laissé sa concupiscence et son inconscience de tout jeune freluquet le précipiter sous la tente d’un mafioso et d’un pédophile qui passaient la moitié du temps à s’écharper et l’autre à se monter dessus ? Ce qui devait arriver était arrivé : il avait fini presto dans leur sac de couchage, commun depuis un bout de temps déjà, il en était sûr, à laisser son tee-shirt se retrousser et son caleçon couler sans opposer la moindre résistance. Au départ Bagwell avait voulu prendre la main, le plaquant au sol et le recouvrant de son torse nu pour pouvoir prendre tout à loisir possession de lui, mais Abruzzi l’avait vertement bousculé. « Qu’est-ce que t’as à râler, encore ? Ca t’intéresse pas les garçons, non ? » lui avait sifflé Theodore au visage. « Il est hors de question que tu t’en arroges plus que moi, Teddy. » avait répliqué John hargneusement. « Ecrase, tu es un véritable boucher, tu saurais pas t’y prendre… » « Je suis un boucher quand j’ai affaire à quelqu’un qui me supplie pire que si sa vie en dépendait, et je sais de quoi je parle. » « Heu, les gars, je peux vous laisser seuls si vous vou… » « Toi la ferme, petit. Maintenant que t’es là, tu y restes ! » T-bag l’avait attiré à lui et Abruzzi l’avait rattrapé par les hanches, si bien qu’il avait eu l’impression d’être un doudou entre les pattes de deux sales gosses. Il avait fini serré comme une sardine entre les deux comparses et avait cru bon d’émettre l’une de ses remarques préférées à cet âge : « vous êtes totalement immatures, les gars ». Le mafieux était resté coi mais le sociopathe avait ricané de bon cœur. « C’est ce qu’on va voir… » avait-il conclu en se léchant la lippe avant de s’attaquer à son cou en suçant et en mordillant la peau juste à l’endroit où battait le pouls. Ce souvenir ravivé un instant plus tôt par la sournoiserie de Theodore, dont il gardait une légère trace, lui donna quelques sueurs tandis qu’il continuait à se livrer au joie de l’onanisme. La brûlure humide de sa langue dans le creux de son cou, la barbe de six jours d’Abruzzi rugueuse sur sa nuque, la main de T-bag qui guide la main étrangement précautionneuse de John sur son torse fluet… LJ étrangla un léger gémissement. Les doigts de Bagwell qui laissent ceux d’Abruzzi agacer doucement sa poitrine d’adolescent pour glisser lestement sur son flan, puis sur sa croupe, en appréciant la fine courbure. Les lèvres et les dents de T-bag qui rencontrent l’haleine plus distante du mafioso sur la jointure sensible de son épaule et de son cou, la bouche d’Abruzzi qui se fait brusquement plus féroce et assaille celle du sociopathe. Ce baiser incongru qui gronde juste sous ses yeux fascinés, tandis que la main sur son buste saisit brutalement l’épaule de Bagwell pour le retenir tout près, et que l’autre quitte l’arrière de sa cuisse pour aller se refermer ailleurs, à en croire les frôlements languides du poignet près de ses fesses… LJ poursuivit son ouvrage un peu plus fermement, la bouche entrouverte sur un souffle chevrotant. La tension que T-bag aspire entre ses dents et qui grésille à son oreille, lorsque John suit le mouvement et baisse le caleçon de son complice, ne laissant là pour tout rempart que sa grande pogne de mafieux couvrant son sexe pour le masser délicatement. La voix rauque d’Abruzzi qui y succède, lui suggérant de l’aider à faire gémir ce prétendu grand psychopathe. « Va te faire foutre, Mister Mafia » en réplique, puis un hoquet incrédule lorsque ses doigts, après avoir suivi le dos de la main de John, se risquent à caresser tout doucement les deux orphelines abandonnées. Les halètements profonds de Bagwell dans le silence de la tente, qui finissent par se muer en un reproche de déloyauté à l’encontre des deux complices. Le ricanement de requin d’Abruzzi lorsqu’il annonce « Et voilà un Teddy qui commence déjà à être tout mouillé ! Le gosse avait raison : tu es « totalement immature »… ». Un ordre essoufflé : « Le gosse… Fais goûter au gosse, il l’a bien mérité »… Le souvenir de tous ces sons lui montait à la tête, ainsi que toutes les turpitudes qui avaient suivi et lui avaient affolé les sens. Les phalanges du mafioso que Theodore retire de son érection spumescente et lui présente, perlées d’une larme de suc. L’odeur puis le goût de la souillure, âcres dans les faits, capiteux dans le feu de l’action. Son désir qui lui grimpe aux reins, attisé par le grognement sourd qui ronronne dans la gorge de John et surtout par ce regard forcené dont T-bag le dévore en susurrant de son timbre traînant « vas-y, mon garçon, c’est très bien… ». La sensation des doigts juteux qu’il voudrait lui fourrer plus loin dans le bec et que l’ex-parrain, mine de rien, retient. L’accès de fièvre qui s’empare alors de Bagwell comme il saisit sa cuisse et force son bassin tout contre le sien. Le sexe dur, chaud et poisseux contre le sien. La paume qui glisse furieusement sur l’une de ses fesses, bientôt rejointe par sa jumelle comme T-bag l’empoigne pour de bon. Sa chair juvénile pétrie et ouverte comme un abricot… L’excitation embarrassée mais tellement irrésistible de cette position vulnérable, tandis que les reins du sociopathe assaillent son bas-ventre de manière un peu éperdue. L’intervention d’Abruzzi qui enjoint Theodore de se calmer puis prend les choses en main… et les manie fort bien ensemble. Le cri un peu désespéré qu’il lui arrache et qui vient se mêler aux grognements à peine retenus de l’Alabamien. Et une ardeur silencieusement attendue qui point entre ses rondeurs garçonnières toujours offertes par T-bag, en humecte le creux, en menace le cœur avant de passer outre et de les rejoindre dans leurs joyeuses et impures frictions… LJ lâcha un geignement submergé et s’abandonna enfin, se soulageant de ces préoccupations avaient fortement tendance à obnubiler une fois qu’elles avaient de planter leur tente dans l’esprit… et ailleurs.

Il se reculotta gaiement et regagna sa chambre, fin prêt pour un bon dodo. Il rangea son livre sur la table de chevet et se mit au lit. Quelle ne fut pas sa surprise, en se retournant, de tomber sur une petite boule de chaleur blottie à-côté de lui. Il hurla d’abord par réflexe et alluma sa lampe de chevet, pour trouver un petit Jimmy tranquillement installé dans son pyjama rouge à girafes jaunes. Son hurlement se mua en une plainte résignée.
- Qu’est-ce que tu fous là, toi ? aboya-t-il sous le coup de l’émotion.
- Ben rien. Je dormais pas et Papa m’a dit que tu dormais pas non-plus alors… Je m’suis dit qu’on pourrait jouer, répondit simplement le petit garçon.
« L’enfoiré… » songea LJ avant de répliquer :
- Oui eh bien je ne suis pas d’humeur à jouer, moi, je veux dormir.
- Je peux dormir avec toi ?
- Non, retourne dormir avec tes frères. Allez, ouste !
Jimmy le dévisagea de ses grands yeux bruns pendant un moment avant de lancer, comme une fleur :
- Tu veux bien me remontrer ton zizi si je te montre le mien ?
Epouvanté, Lincoln Junior s’empressa de répondre :
- Mais enfin, Jimmy, ça se fait pas !
Il se sentit aussitôt bien hypocrite, lui qui s’était frotté à ses parents avec aussi peu d’équivoque que s’il avait porté un tee-shirt « Je suis un ado en rut et j’ai besoin qu’on me touche »…
- Pourquoi ? demanda ingénument l’autre Junior.
- Ton père t’a jamais appris cette comptine ? « Mooon corps c’est mooon corps, ce n’est pas le tieeen ! » entonna le jeune homme. « Tuuu as ton corps donc ne touche pas au mien ! »
James le considérait à présent avec air à la fois dubitatif et vaguement navré.
- … Non, j’imagine que non… se résigna LJ, se sentant à présent assez con.
- … Mais si je te montre le mien, on partage ! C’est bien d’partager ! insista l’enfant.
Lincoln Junior dut se jeter littéralement sur le pantalon de pyjama rouge à girafes jaunes pour empêcher le gosse de le baisser tout naturellement.
- Nooon… ! Ecoute, Jimmy, ton zizi ne m’intéresse pas ! Alors retourne faire dodo dans ta chambre, tu m’entends ? asséna-t-il fermement.
A ces mots, il lut le choc et l’incompréhension dans les yeux du petit bonhomme, qui ne tardèrent pas à se remplir de larmes.
- Oh, non, allons… ne pleure pas, le supplia LJ.
Les lèvres se crispèrent aussitôt vers le bas et un reniflement piteux se fit entendre. Désemparé, le jeunot songea tout d’abord à le ramener à son père, puis il imagina le chérubin lui confier ses malheurs et T-bag, outré, s’exclamer : « qu’est-ce qui te prend de castrer le gamin comme ça ? C’est pas bon pour son développement ! » En désespoir de cause, il lâcha :
- Bon, c’est d’accord, tu peux rester dormir vers moi mais à une condition ! Tu gardes ton pantalon et tu fais pas le mariole. Je veux pouvoir passer une bonne nuit…
Jimmy retrouva le sourire et acquiesça avidement. Après l’avoir jaugé une dernière fois du regard, le jeune Burrows éteignit la lumière.
- Bonne nuit, LJ !
- Dors bien, Jimmy.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://lanterne.forumactif.com/index.forum
Willow
Razor Blade
Razor Blade
avatar

Féminin
Nombre de messages : 498
Age : 24
Localisation : Devant l'ordi =)
Date d'inscription : 24/12/2007

MessageSujet: Re: Ne réponds pas à ton père, et autres vignettes honteuses   Sam 29 Jan - 14:14

Oh =D Cerisette, je suis toujours aussi fan de tes fanfics !! C'est vraiment dommage que le forum est mort.. Crying or Very sad
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Ne réponds pas à ton père, et autres vignettes honteuses   

Revenir en haut Aller en bas
 
Ne réponds pas à ton père, et autres vignettes honteuses
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 3 sur 3Aller à la page : Précédent  1, 2, 3
 Sujets similaires
-
» Shahrukh parle de son père
» La Maison du Père Noël
» Collection de Père Noël de Gary!
» 4 déc - En hommage à mon grand-père (DT MonScrapbook)
» Un fils à la recherche de son père

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Robert Knepper :: Fan Arts & Fan Fictions :: Fan Arts & Fan Fictions :: Fan Fictions-
Sauter vers: